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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 12:49

Les déclarations provoquées par la dégradation de la France, ne remettent pas en cause les politiques d’austérité.

On s’y attendait depuis des mois. Le couperet est tombé le 15 janvier dernier : la France a perdu son triple A. Cette nouvelle n’a pas déclenché d’effondrement boursier, ni d’autre « catastrophe » car dans les faits, cette dégradation s’était déjà réalisée.

 

Quoi qu’il en soit, la réaction du gouvernement et de Sarkozy a été de minimiser cette dégradation et de l’utiliser pour annoncer de nouvelles attaques antisociales. Et ainsi, de continuer la même politique consistant à faire payer la crise à la majorité de la population et d’accorder toujours plus de nouveaux cadeaux au patronat et aux plus riches. Bref, de continuer la politique de destruction sociale pour sauver les profits d’une minorité. Politique qui nourrit la crise et conduit à la récession.

 

Les réactions politiques à la dégradation de la note française n’ont pas tardé et en particulier de la part des différentEs candidatEs à l’élection présidentielle. TouTEs fustigent la politique de Sarkozy.

 

Le premier à dégainer, François Bayrou, a estimé que la situation qui a conduit au retrait par l’agence Standard and Poor’s de sa note triple A à la France a « pris naissance au milieu ou à la fin des années 90 » et « engage donc la responsabilité des deux forces qu’on présente comme principales, l’UMP et le PS », même si « naturellement, il y a une responsabilité récente des gouvernements de Nicolas Sarkozy ». Sa solution ? «Produire en France » reprenant ainsi le discours protectionniste.

 

Marine Le Pen, quant à elle, nous ressort pour l’occasion son éternelle solution magique de la sortie de « la monnaie unique », alors que, par exemple, payer la dette en franc ne changerait absolument rien pour les catégories populaires.

 

Le candidat du Parti socialiste a revêtu pour l’occasion le costume du candidat du retour au triple A, et a déclaré : « C’est une politique qui a été dégradée, pas la France ! » « Nicolas Sarkozy avait fait de la conservation du triple A un objectif de sa politique et même une obligation pour son gouvernement. C’est ainsi qu’avaient été justifiés pas moins de deux plans de rigueur en quatre mois. Cette bataille, et je le regrette, a été perdue ». Il propose « une stratégie rétablissement des nos comptes publics, avec une programmation réaliste, un retour à l’équilibre vers 2017 et le souci à chaque étape de concilier effort et croissance ». Son objectif est donc aussi la rigueur, dont on sait par ailleurs qu’elle est contradictoire avec la croissance économique : comment produire plus en consommant moins ?

 

Et si Hollande et les autres candidatEs à la présidentielle reprochent quelque chose à Sarkozy, ce n’est pas tant sa soumission aux marchés que de s’y être mal pris. Ils se placent ainsi sur le même terrain que Sarkozy, pour retrouver « la stabilité budgétaire » imposées par les critères européens. Il ne défend aucune mesure qui permettrait de sortir de la dette et des politiques d’austérité.

 

Pour le NPA et son candidat Philippe Poutou, la première chose que devrait faire un gouvernement répondant aux besoins sociaux, c’est de mettre un terme au chantage des coupes budgétaires et à l’austérité. À commencer par la suspension immédiate du paiement de la dette et la mise en place d’un audit, une véritable enquête populaire et militante sur cette dette publique illégitime qui doit donc être annulée. À l’opposé du concert des candidatEs aspirant à gérer la crise au service des classes dirigeantes, c’est ainsi que commencerait le véritable changement.

 

Sandra Demarcq.

Par NPA 06 Ouest - Publié dans : Social, société...
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 12:45

18014.jpgCrédit Photo: 

Le procès des policiers de Grasse responsables de la mort d’Hakim Ajimi s’est terminé la semaine dernière.
Une fois de plus, la connivence de la police avec la justice est poussée jusqu’à la complicité. Tout accable ces sept policiers, depuis les expertises médicales qui démontrent que Hakim est mort d’asphyxie lente dans d’atroces souffrances, jusqu’aux témoins, dont même un policier municipal, qui affirment que Hakim n’opposait plus de résistance réelle à son interpellation. Et pourtant, le procureur, tout en constatant « une succession de fautes qui ont provoqué la mort d’Hakim Ajimi », pour reprendre ses termes, a uniquement requis des peines avec sursis d’un et deux ans pour les deux policiers de la BAC, Jean-Michel Moinier et Walter Lebeaupin, et une peine de principe pour quatre fonctionnaires de police. C’est ce mépris, toujours et encore, qui a conduit la famille de Hakim et ses soutiens à quitter le tribunal avant la fin de cette mascarade judiciaire.

 

Une fois de plus, le deux poids deux mesures.

 

Très récemment, la mort de Wassim el Yamni à Clermont-Ferrand a provoqué dans certains quartiers la révolte légitime de quelques jeunes. Ces derniers ont été jugés en comparution immédiate, avec une fréquence de sept dossiers instruits par jour, quand l’instruction pour Hakim aura duré quatre ans. L’un de ces jeunes a été condamné, lui, à deux mois de prison fermes pour avoir caillassé un véhicule de pompiers.

 

Aucune avancée non plus, au sortir de ce jugement, concernant la technique d’asphyxie posturale, pourtant interdite dans plusieurs pays et États américains. Une technique utilisée pour les étrangers en situation irrégulière lors des reconduites à la frontière, et qui a tué plusieurs fois : Mohamed Ali Saoud, Karim Aouad, Lamine Dieng, Hakim Ajimi, Ali Ziri et beaucoup d’autres. L’un des avocats des policiers à Grasse indiquait : « Il est certain que la réponse du tribunal intéresse tous les fonctionnaires de police français, qui veulent savoir ce qu’ils doivent ou non faire ». Le message donné est une fois de plus très clair : le permis de tuer en toute impunité est offert ; au pire, ces policiers ne risqueraient que la correctionnelle et non les assises, des peines avec sursis et non fermes, avec en prime le droit de continuer à exercer sur les lieux de leur crime. Un mépris de plus qui a contraint les parents de Hakim au déménagement, pour ne plus croiser le regard de ceux qui ont éteint celui de leur fils.

 

Rendez-vous est pris entre les différents collectifs Justice et vérité, pour faire du 24 février, jour du verdict, une journée d’action contre les violences policières.

 

Omar Slaouti.

Par NPA 06 Ouest - Publié dans : Social, société...
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 12:43

Désignés à la vindicte populaire par Sarkozy lors de son discours de Grenoble, les Roms sont l’objet d’une attention toute particulière du ministre de l’Intérieur Guéant. Plusieurs milliers de Roms sont chaque année utilisés pour faire progresser la statistique des expulsions du territoire. Pourtant européens de plein droit selon Bruxelles, mais pas selon la France, de Sarkozy, Besson à Guéant, les Roms présents en France sont plus que jamais chassés et pourchassés par l’État UMP. Hommes, femmes, enfants sont l’objet d’innombrables rafles et destructions de leurs lieux de vie, de leur envahissement par les « forces de l’ordre » au petit matin. Ignobles comportements rappelant malheureusement les temps troubles, et pas si lointains de notre histoire.

 
Ignoble comportement aussi de cette gauche qui, comme à Évry, le vendredi 13 janvier, par arrêté municipal du maire Manuel Valls, en appelle au préfet pour évacuer manu militari des enfants et leurs parents et détruire leur campement à la pelleteuse.

 

Ignoble argumentaire qui autorise nos édiles locaux à prononcer des arrêtés sous couvert de « caractère précaire des constructions », « de risque d’effondrement de ces baraquements », « de risque d’incendie », « de risque de prolifération des rongeurs et de propagation de maladie », « de risque pour la sécurité routière ».

 
Toujours aussi nauséabonde argumentation que de revendiquer l’urgence des expulsions sous couvert de la mise en protection des populations Roms « particulièrement en cette période hivernale ».

Insupportable de justifier cette violence policière des expulsions en prétextant l’existence de « dispositifs d’urgence coordonnés par l’État au sein du département de l’Essonne ».

 

Mais peut-être s’agit-il de l’application pour le maire d’Évry, Manuel Valls, directeur de la communication du candidat François Hollande, du mot d’ordre : « le changement, c’est maintenant ».

 

Après Évry, sur sa lancée, le préfet Fuzeau veut mettre fin au squat de l’ex-gendarmerie de Viry-Chatillon où plusieurs dizaines de familles tentent de survivre en affichant la volonté de ne pas quitter la place sans qu’il leur soit apporté une quelconque réponse. Le droit au logement, l’accompagnement social, le maintien de la scolarité de leurs enfants, ce n’est pas pour eux.

 

Derrière la résistance des familles du squat, leur refus de fuir une nouvelle fois, la mobilisation s’organise autour des militanEts de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines, roms (ASEFRR) soutenue par le PCF, le NPA, la Fase, le PG… Le mouvement de solidarité autour de ces familles est bien décidé à ne plus laisser faire.

 

Correspondant.

Par NPA 06 Ouest - Publié dans : Social, société...
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 12:42

Annoncé à grand renfort de médias, le sommet social du 18 janvier a été transformé à l’occasion de la perte du AAA en sommet de crise par Sarkozy. Transformation bienvenue pour le futur candidat UMP qui entend renforcer l’idée de la nécessité d’un rassemblement national contre la crise. Sans la moindre hésitation, les cinq confédérations « représentatives », CFDT, CFTC, CGC, CGT et FO, se sont prêtées, en compagnie des organisations patronales, à cette nouvelle opération de brouillage des cartes et des responsabilités.

 

Pour le gouvernement, la stratégie est simple : associer les syndicats au constat et faire semblant d’ouvrir le débat sur les « solutions ». Ce schéma est à l’œuvre depuis la mise en place du Conseil d’orientation des retraites (COR) en 2000, sous le gouvernement Jospin suivi du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie qui aboutit en 2004 au « diagnostic partagé » par les représentants des centrales syndicales, du patronat, des parlementaires et des professionnels de santé. Le chef de l’État a remis le couvert en novembre avec la constitution d’un Haut Conseil du financement de la protection sociale. « Nous devons repenser le financement de notre système social. Toujours plus de dépenses pour toujours plus d’impôts, c’est une impasse, car les impôts reposent sur la France qui travaille. Le coût très élevé du travail pénalise notre économie », a-t-il estimé. La vocation du Haut Conseil, qui associera les partenaires sociaux, est de proposer une réforme du financement de notre système social. Il apportera « de la sérénité, du sérieux et de l’objectivité » à ce débat.

 

Ainsi le piège se referme-t-il sur les organisations syndicales maintenant sommées de faire des propositions marquées du sceau « de la sérénité, du sérieux et de l’objectivité ». À partir de là, les confédérations jouent des partitions différentes. En juin dernier, un document de 50 pages intitulé « Approche de la compétitivité française » était cosigné par le patronat et trois organisations syndicales (CFDT, CFTC, CFE-CGC). La CGT a refusé de participer au groupe de travail et FO de signer le document final. Le préambule est aussi clair qu’inquiétant, puisqu’il s’agit de « dépasser les approches idéologiques » et de reconnaître « l’importance de la compétitivité ». Les solutions ne diffèrent guère de celle de l’UMP/Parisot : il faut « repenser l’assiette du financement de la protection sociale » car « le taux de prélèvements sur le travail peut rester un frein au développement de l’emploi et à l’amélioration de la compétitivité des entreprises, malgré les dispositifs d’allègement mis en œuvre depuis près de 20 ans ». Et encore : « Un vrai débat sur les modes de financement de la protection sociale est également à engager. Une réflexion approfondie et globale sur une nouvelle répartition entre ce qui doit être payé par la solidarité nationale (l’impôt) et ce qui doit être pris en charge par la solidarité professionnelle (les cotisations sociales), constituerait sans doute une méthode à explorer ». Si tout cela est bien dans la ligne de la CFDT depuis des années, il est plus inquiétant que la direction confédérale CGT débatte d’accepter la CSG et le maintien de la Loi de financement de la Sécurité sociale et n’ait plus d’opposition de principe à ce qu’une part de financement de la protection sociale provienne de l’impôt.

 

La « sortie » de la crise imaginée par la bourgeoisie passe par des défaites, des reculs majeurs pour les travailleurEs et la population. L’accompagnement de ces reculs par les organisations syndicales est déjà acquis en Allemagne, en Grèce et en Espagne voire en Italie. En France, la force du mouvement social, visible lors du mouvement sur les retraites de 2010 ou des multiples luttes et mobilisations qui perdurent même dans le contexte préélectoral peuvent imposer une autre forme à la bataille contre la chute vers la précarité et la pauvreté.

 

Robert Pelletier.

Par NPA 06 Ouest - Publié dans : Social, société...
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 12:41

N’étant pas invités au sommet « social », les chômeurs avaient décidé de faire entendre leur voix. Des actions avaient été annoncées dans une trentaine de villes. Retour sur quelques exemples.

 
À Nancy, les militantEs du collectif la Crise et de la CGT Pôle Emploi se sont renduEs à une réunion « proposée » à des chômeurEs pour faire la pub des boîtes. Le directeur de l’agence est interpellé sur les radiations, l’accueil unique, les contrôles d’identité… Puis c’est la CAF de Nancy qui est visitée. Les salariéEs en grève occupent le CE où se trouve la directrice. En solidarité, des grévistes viennent voir les manifestantEs.

 

Malgré les tentatives de la direction qui cherche à mettre à dos les usagers – à qui l’on dit que ce sera fermé – et fait appel aux CRS, la situation se retourne. Les salariéEs rejoignent les manifestantEs : « Titulaires/allocataires solidaires ! » Le slogan est repris par toutes et tous, y compris les usagerEs. « Direction/démission ! Direction/RSA ! »

Il faut entretenir et développer la convergence entre usagerEs et salariéEs : le lundi 23 janvier a eu lieu une nouvelle action, à laquelle l’intersyndicale de la CAF a souhaité associer le collectif.

 

À Rennes, l’agence Pôle Emploi a pu être occupée le 17 janvier, et l’entrée a été murée dans la nuit du 18 au 19 avec le slogan « marre de parler à des murs », qui reflète bien la mise à distance organisée des chômeuErs par Pôle Emploi. Un nouveau rendez-vous est prévu le 25 janvier.

 

À Bordeaux, une cinquantaine de militantEs (AC ! Gironde, Attac 33, Désobéissants, MNCP, CNT STP, Sud Ptt, Sud Educ, Solidaires Pôle Emploi, GU, PG, NPA, EÉLV, PCOF 33) a tenté d’occuper Pôle Emploi de Bordeaux Saint-Jean. Mais l’agence était gardée par les flics... Néanmoins, une délégation de cinq personnes a été reçue à la direction régionale Aquitaine de Pôle Emploi.

 

À Paris, deux rendez-vous étaient fixés, un par le collectif « les Raisons de la colère » qui regroupe les associations de chômeurEs (excepté la CGT chômeurs) et deux syndicats de Pôle Emploi (SNU-FSU et SUD), l’autre par les Désobéissants. Le collectif s’est rendu au ministère du Travail. La délégation AC !, Apeis, MNCP qui a été reçue par un le cabinet de Xavier Bertrand est ressortie sans résultat.

 

Cette journée du 17 janvier fait ressortir trois éléments. L’attitude de la direction de Pôle Emploi considère les chômeurEs comme des ennemiEs et cherche par tous les moyens à leur empêcher tout dialogue avec les salariéEs de Pôle Emploi. À Vitry (94), par exemple, face au « risque » d’occupation, l’agence n’a pas ouvert du tout ! La direction avait embauché des vigiles pour l’occasion et les locaux de la direction régionale et de la direction générale était transformés en place forte…

 

La mobilisation a révélé aussi la nécessité de la convergence systématique entre organisations de chômeurEs et organisations syndicales, à commencer par celles de Pôle Emploi, pas toujours concernés par la question à part la CGT, le SNU (FSU) et SUD.

 

Enfin, elle montre les difficultés de l’unité des associations de chômeurEs, partagées entre une volonté de reconnaissance institutionnelle et la nécessité de créer le rapport des forces.

 

CorrespondantEs.

Par NPA 06 Ouest - Publié dans : Social, société...
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 12:39

Luc Chatel vient d’annoncer une nouvelle mesure qui vise à casser le statut des enseignantEs, à travers la remise en cause du système de mutation. Actuellement, le mouvement se fait sous le contrôle de commissions paritaires où les éluEs des syndicats essayent de maintenir la transparence et l’égalité de traitement (selon un barème se basant sur l’ancienneté, les enfants et le lieu de résidence). Mais dans le cadre de la politique de « flexibilisation » des personnels, de plus en plus de mesures sont mises en place pour contourner ce système. Depuis l’an dernier, les établissements du dispositif Éclair recrutent directement sur des « postes à profil », avec CV, lettre de motivation et entretien. Mis en place à l’échelle académique, ce dispositif a fait « flop » l’an passé : une candidature pour quatre postes proposés en moyenne. Cette année, pour développer cette logique, Chatel a étendu le recrutement Éclair aux postes profilés au niveau national, et y a ajouté des incitations financières (primes qui pour la plupart existaient auparavant dans les ZEP qui sont progressivement remplacées par Éclair).

 

En fait, ce dispositif mis en place pour l’instant dans les établissements Éclair reprend ce qui se fait déjà dans les établissements privés sous contrat. Il vise à développer l’individualisation des carrières, avec des primes au mérite et la mise en concurrence accrue des personnels encadrés par des chefs d’établissements de plus en plus autonomes, devenant de véritables « managers d’entreprise ». Ce dispositif, qui donne le pouvoir de recrutement au chef d’établissement, va se combiner avec le projet d’évaluation par ces mêmes chefs. Il y a fort à parier que le gouvernement va généraliser ce type de mesure à tous les établissements après les élections de 2012. Cela signifie leur donner bien plus de pouvoir pour mettre la pression sur les enseignantEs qui ne « rentrent pas dans le moule ». Cela augmente la pression hiérarchique dans un milieu qui jusqu’à présent était assez syndiqué. Ce n’est pas un hasard si depuis quelques années, le ministère modifie aussi sa politique de recrutement des personnels de direction. Précédemment, ils étaient d’anciens enseignants. Aujourd’hui, de nouveaux cadres, ne venant pas du milieu enseignant, sont recrutés. Le ministère encourage même le recrutement en provenance du privé. Josette Théophile, la DRH en chef au ministère, a précédemment restructuré la RATP et ne cache pas son objectif de faire disparaître la totalité des statuts (décrets de 1950).

 

Ce dispositif prétend motiver les enseignantEs plus expérimentéEs pour travailler dans les zones difficiles. En fait, cela ne va rien résoudre. Éclair aboutit même à une stigmatisation de certains quartiers, ne faisant qu’accentuer la logique d’exclusion. Cette année, pour recruter dans un établissement Éclair, le rectorat de Toulouse a publié une annonce qui témoigne d’un profond racisme et d’un mépris social incroyable : « Cherche principal adjoint de collège situé dans un univers dégradé à forte concentration ethnique et religieuse proche de la ghettoïsation » !

 

Dans un contexte de dégradation très forte des conditions de travail (gel des salaires, suppression de la formation, projet de remise en cause de deux semaines de vacances, augmentation importante de la charge de travail, réformes pédagogiques…), il y a urgence à organiser une riposte large et unitaire. La grève du 31 janvier sera un test important. Il y a plus que jamais urgence à se mobiliser, car c’est bien l’ensemble du statut des enseignantEs qui est visé.

 

Antoine Boulangé.

Par NPA 06 Ouest - Publié dans : Social, société...
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