Samedi 11 juillet 2009

 interview de Daniel Bensaïd (Marianne)

Par Daniel Bensaïd*. "Quand j’entends parler d’un nouveau New Deal ou de solutions keynésiennes, je rigole doucement !"


Marianne : La gauche peut-elle encore « rebondir » idéologiquement ?


Daniel Bensaïd :
Malgré son affaiblissement, le PS reste le parti central de la gauche institutionnelle. Avec ses positions dans les conseils régionaux, il ne faut pas croire qu’il va rester à ce niveau-là aux élections régionales, en 2010. Mais il est toujours davantage confronté à une alternative qu’il n’arrive pas à dénouer. Pour reconquérir l’électorat populaire perdu, il faudrait qu’il propose une politique sociale beaucoup plus radicale face à la crise. Il faudrait qu’il ait l’audace de se faire le champion d’une relance anticapitaliste. Mais comme ce parti, lorsqu’il était au gouvernement, a contribué au renforcement de la logique présidentialiste, il n’y a aucune chance qu’il le fasse. Ses alliances se situent et se situeront par la force des choses au centre gauche, avec les verts de Daniel Cohn-Bendit ou un MoDem requinqué.


Dans quelle direction les socialistes devraient-ils aller pour reconstruire un logiciel crédible ?


D.B. :
Nous n’avons pas de conseil à donner aux socialistes. Pour reconstruire une gauche authentique, ils devraient
tout revoir. Et, d’abord, reconnaître qu’à travers le démantèlement des mécanismes de l’Etat-providence, auquel ils ont contribué activement, ils ont sapé les bases de la social-démocratie européenne.Cette « destruction » des bases de la social-démocratie européenne, que vous reprochez au PS, aurait dû gonfler par contrecoup les suffrages de la gauche radicale.


Comment expliquer, dans ce contexte, le très faible score du NPA ?


D.B. :
Nous avons toujours été conscients d’un écart non négligeable entre la popularité personnelle d’Olivier Besancenot et la réalité militante et électorale du NPA, qui peut être raisonnablement estimé entre 6 et 7 %. Notre résultat aux européennes – avec une campagne portée par des têtes de liste nouvelles et Olivier délibérément en retrait – s’est en fait situé dans cette fourchette-là. De surcroît, comme lors de chaque scrutin européen, les abstentions ont été concentrées dans l’électorat populaire, en particulier dans la jeunesse qui représente une grande part de l’électorat de Besancenot à la présidentielle. Mais le critère décisif pour nous, c’est de savoir si nous consolidons une présence militante dans les lieux où nous voulons nous implanter durablement. De ce point de vue-là, le scrutin du 7 juin a été positif.


La percée du Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui a marché sur les brisées du NPA, n’indique-t-elle pas, par contraste, que vous avez eu tort de délaisser la problématique républicaine ?


D.B. :
Je pense que notre vrai défaut n’a pas été là. Nous aurions dû articuler plus fortement la proposition européenne et la lutte contre la crise. Il aurait fallu montrer que l’échelon européen était le bon niveau de riposte à la grande crise. Car la minorité des 40 % d’électeurs français qui se sont exprimés le 7 juin s’intéressait quand même à la question européenne. Ces électeurs attendaient, ils espéraient qu’on leur parle d’Europe. Nous ne l’avons pas assez fait. Le soutien des dirigeants socialistes et de ceux d’Europe Ecologie au traité de Lisbonne est ainsi passé quasi inaperçu.


La division de la gauche radicale peut-elle encore être surmontée, en vue des régionales de 2010 ?


D.B. :
Lors de ces élections européennes, la division de la gauche radicale ne relevait aucunement d’un différend fondamental sur les bases politiques de la campagne. Ce qui a fait obstacle, c’est notre volonté, si justifiée, de conserver notre indépendance face au PS et notre réticence à servir de piétaille électorale pour être ensuite laissés en plan aux régionales, quand le PC retournera, comme c’est probable, à ses amours plurielles avec le PS. Désormais, nous sommes au pied du mur. Mais nous n’avons pas à regretter cette stratégie. A y regarder de plus près, le schéma du plan de relance socialiste – bien que s’élevant à 40 milliards d’euros – n’est pas qualitativement différent du plan de relance de Sarkozy. Sans rupture avec le cadre des contraintes européennes, ni reconquête du service public, ni réévaluation du pouvoir d’achat, le plan de relance socialiste, qui ne comporte pas non plus de mesures radicales d’interdiction des licenciements, se situe en fait dans les mêmes marges de « moralisation du capitalisme » que celui de Sarkozy. On entend chaque jour davantage le chœur de ceux qui prédisent une sortie de crise imminente. La crise actuelle, à l’instar de celle de 1929, peut déboucher sur un « rebond » comme celui qui a existé entre 1933 et 1937. Mais plus dure fut ensuite la (re)chute ! La crise actuelle est une crise historique de la loi de la valeur. L’instrument de mesure de la production et de l’échange de richesse par le temps de travail abstrait produit un désastre social.


Que reprochez-vous à la gauche réformiste face à ce contexte inédit ?


D.B. :
De rester « en arrière de la main », autant en termes de pronostic qu’en termes de réponse. Entre ceux qui veulent sauver le capitalisme et ceux qui veulent le combattre, la ligne de partage est la question de la propriété, du droit à l’existence (au logement, au savoir) opposable au despotisme de marché. Si au NPA notre diagnostic est juste, nous n’assistons pas à une énième crise économique, mais aussi à une crise des solutions à la crise. Quand j’entends parler d’un nouveau New Deal ou de solutions keynésiennes dans le cadre du capitalisme mondialisé réellement existant, je rigole doucement !


Pourquoi ?


D.B. :
Mais parce que le keynésianisme suppose un espace économique homogène, avec un effet d’entraînement de la consommation sur la production. Dans une économie mondialisée et dans une Europe « vole au vent », un tel dispositif est inenvisageable. Si l’on pense, comme nous, que la crise sera plus grave et plus longue, il faut s’inscrire dans la durée pour reconstruire une gauche musclée et de combat. Tout indique que le PS, dans les mois et années qui viennent, va, quant à lui, s’enliser dans les opérations de type « parti démocrate » et finir avec les mêmes mésaventures endurées par Romano Prodi en Italie. Une fois encore, la politique du moindre mal risque de produire le pire.


Propos recueillis par Alexis Lacroix.


* Vient de publier en collaboration avec Charb Marx (mode d’emploi) (La Découverte) et une préface aux Crises du capitalisme de Karl Marx (Démopolis).

Par NPA 06 Ouest - Publié dans : Vie du NPA...
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Samedi 11 juillet 2009

« Il y a une pénétration du NPA en milieu ouvrier » 
(Jérôme Fourquet de l'IFOP)

 

L'Ifop a réalisé une étude extrêmement instructrice sur les résultats comparés du NPA et du Front de gauche aux élections européennes.
Jérôme Fourquet est directeur adjoint du département Opinion de l'Ifop.
 

 


Quels sont les principaux enseignements qu'on peut tirer de votre étude?


Avec des scores relativement proches (4,9% pour le NPA contre 6% pour le Front de gauche) et des positionnements idéologiques quasi similiaires (aux yeux du grand public), on a deux électorats différents. D'un côté, celui du NPA est majoritairement composé de jeunes actifs (moins de 50 ans), peu intéressés par la campagne européenne, qui ont voté plutôt sur des considérations nationales. De l'autre, celui du Front de gauche, plus âgé (avec une surreprésentation des retraités), est plus politisé, plus mobilisé, plus intéressé à la campagne en tant que telle. Cette structuration explique en grande partie pourquoi le Front de gauche a dépassé le NPA. Le clivage se situe donc aux niveaux générationnel, sociologique et dans le rapport à la campagne. Contrairement à celui du Front de gauche, l'électorat du NPA s'est massivement abstenu et 72% de ses électeurs se disent peu ou pas intéressés par cette campagne: c'est vingt points de plus que la moyenne générale (52%) ! Pour ce baptême du feu, la stratégie du NPA n'avait pas suffisamment pris en compte les caractéristiques de son électorat, plus jeune, plus populaire, moins convaincu par l'acte électoral. Le NPA a été handicapé par la proximité de l'élection avec son congrès fondateur: ses militants étaient beaucoup mobilisés en interne sur la réussite du lancement du mouvement. Il s'est par ailleurs investi dans le soutien actif à la mobilisation sociale, notamment au mouvement du LKP en Guadeloupe. Dans un premier temps, la campagne « classique » a été mis au second plan, alors qu'il fallait redoubler d'efforts compte tenu de la tentation abstentionniste qui était grande dans son électorat potentiel. A l'inverse, le Front de gauche est parti plus tôt, a fait une campagne plus classique, et a mobilisé dans la durée. Cela s'est vu dans les sondages d'intentions de vote (le Front de gauche part à 4% en février et finit à 6% au mois de juin). 


Pourquoi le NPA, parti à 8-9% dans les sondages, finit-il à 5%?


Les Français se sont peu passionnés pour cette campagne. Les premières intentions de vote accordent la part belle aux têtes d'affiches médiatiques clairement identifiées en résonance avec le mouvement social. Mais il y a eu un petit retard à l'allumage du côté de la campagne du NPA qui a laissé le Front de gauche monter en puissance. On peut penser qu'une partie de l'électorat du « non », qui avait pu voter Besancenot à la présidentielle, a décroché au profit du Front de gauche. Pour ces électeurs de la mouvance communiste élargie notamment, il y a eu comme un retour aux sources. En février, alors que la campagne n’a pas commencé, les scores à 8-9% du NPA étaient indexés sur la visibilité médiatique de Besancenot à ce moment-là. Ces électeurs disent qu'ils voteront vraisemblablement pour lui mais, plus l'échéance se rapproche, plus ils disent qu'ils n'iront pas voter. Ils ne se détournent pas du NPA, mais du scrutin. La solidité de l'électorat du NPA laisse donc encore à désirer. 


Que sont devenus celles et ceux qui ont voté pour Olivier Besancenot en 2007?


Une grande partie s’est abstenue… Parmi ceux qui se sont déplacés, à peine un électeur sur deux de Besancenot en 2007 a voté pour le NPA aux européennes, 17% pour le Front de gauche, 13% pour le PS et 12% pour Europe Ecologie. Donc 62% des électeurs de Besancenot en 2007 ont voté pour le NPA ou pour le Front de gauche. Les 17% qui ont voté Front de gauche ont probablement été attirés par sa thématique unitaire. 


Comment se répartissent les votes pour le NPA et le Front de gauche au niveau géographique?


Certes, il y a des zones de recouvrement et d'affrontement, où le PCF est implanté mais où le NPA se développe (agglomération de Rouen, Centre-Bretagne, Picardie, Nord-Pas-de-Calais). Mais il y a nationalement une répartition des zones de force. Le Front de gauche est dominant dans tout le sud de la France, notamment dans la circonscription Sud-Ouest grâce à l'apport de la campagne de Mélenchon, où le Front de gauche est nettement devant, en Ile-de-France et dans le centre (implantation ancienne). Même si, dans la Creuse, le sud de l'Indre et les périphéries de Limoges et Clermont, le NPA réalise des scores importants. Le NPA, quant à lui, devance très nettement le Front de gauche dans tout l'ouest de la France et également dans le Grand-Est. Dans certaines zones industrielles et ouvrières, sans implantation historique du PCF, le NPA fait des scores élevés : à Sochaux-Montbéliard (Peugeot et sous-traitants), Givet et Fumay (Ardennes), ou bien encore dans la région de Gandrange (Moselle) par exemple. Il y a donc une pénétration du NPA en milieu ouvrier. 


Les scores du Front de gauche semblent avoir été tirés par les « bastions » du PCF…


Le Front de gauche s'est appuyé sur des milieux où le PCF est encore fort. Du coup, il réalise des scores très variables, allant de 1% à 45% (dans certaines villes qu'il détient). En revanche, le NPA obtient un résultat beaucoup plus homogène (compris, grosso modo, entre 3% et 10%). Et c'est sans doute un enseignement pour le NPA: bénéficier d'une implantation locale, d'élus et d'un maillage du territoire est important dans une élection comme celle-ci. 


Propos recueillis par Thomas Mitch.

Par NPA 06 Ouest - Publié dans : Vie du NPA...
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Vendredi 10 juillet 2009

A Nice aussi :

Marche des fiertés
pour l'égalité réelle des droits pour les Lesbiennes,
Gays, Bisexuels et Transexuels.
 

 

“1989 - 2009 : 40 ans de lutte !

A quand l'égalité réelle ?”


 s
amedi 11 Juillet 2009,

devant le Théâtre de Verdure, à partir de 16h00.


Puis à 17h00,
départ par la chaussée nord de la Promenade des Anglais
jusqu'au Boulevard Gambetta,


retour vers la PLACE MASSENA,

traversée de la Place,
“Minute de Silence” allée de la déportation,
rue Alberti,

rue Gioffredo, rue Défly,
et arrivée parvis du Mamac !

 

Par NPA 06 Ouest - Publié dans : Dans le 06 à l'est...
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Vendredi 10 juillet 2009

Lassana Sylla, 26 ans, a été retrouvé mort dans sa cellule de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), le 23 juin.


Le directeur de la prison parle d’un suicide par pendaison avec une serviette.
Mais la famille, les amis et les voisins s’interrogent sur cette hypothèse.
Tous veulent connaître la vérité; la prison tue.


L’association Ban public donne, sur son site, le total des suicides et des morts suspects dans les prisons françaises.

En 2008, ce chiffre était de 118, et cette année, il atteint déjà 77 morts.

Le 2 juillet, une marche silencieuse a eu lieu de la cité du Franc-Moisin (Seine-Saint-Denis) où Lassana habitait, pour se rendre à la sous-préfecture de Saint-Denis.
1000 personnes y ont participé. Reçus à la sous-préfecture, la famille, les amis, les voisins, les enseignants, les éducateurs, les associations de quartier ont réclamé une enquête pour éclaircir la mort suspecte de Lassana.


Aucun média n’a relaté la marche : la censure est forte quand il s’agit de dénoncer la mort en prison, le scandale des suicides à répétition et la mobilisation d’une cité pour le respect des droits élémentaires.

Par NPA 06 Ouest - Publié dans : Social, société...
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Vendredi 10 juillet 2009

Participez aux rencontres d'été du Réseau "Sortir du nucléaire"
qui auront lieu du 19 au 26 août 2009 dans le Sud-Est.

Venez découvrir un espace privilégié, à flancs de coteaux ensoleillés, au pied du Luberon.

A Grambois dans le Vaucluse entre Aix-en-Provence et Manosque.

Convivialité, ressourcement, échanges d'informations, de savoir faire et de talents.

Découvrez le programme complet sur :

http://groupes.sortirdunucleaire.org/spip.php?article1337


Pour toute information complémentaire et pour vous inscrire, contactez :

André Larivière
andre.lariviere@free.fr
Tel. 06 76 69 54 98
Par NPA 06 Ouest - Publié dans : Ecologie...
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