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Avec de nombreux articles sur le NPA...
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Hervé Kempf, Seuil, 154 pages, 14 euros.
Après Comment les riches détruisent la planète, le
titre de ce nouveau livre du journaliste du Monde pointe à la fois l’imbrication des crises écologique et sociale, leur aggravation et l’urgence d’y apporter des réponses radicales.
L’auteur soutient ses démonstrations par des descriptions de situations ou de lieux qu’il a connus dans l’exercice de sa profession.
Et elles font mouche, les charges contre le personnel idéologique et politique de « l’oligarchie », les Rocard, Ferry et autres Allègre, pitoyables défenseurs bornés de la classe des
prédateurs qui cherche son salut dans les mirages de la croissance verte !
C’est que notre espèce se trouve confrontée aux limites de la biosphère, qui ne peut plus absorber l’impact de l’activité humaine sans se détériorer.
Alors, il ne suffit plus de « stigmatiser le néolibéralisme », il faut « changer les déterminants fondamentaux du système actuel », et donc sortir du
capitalisme.
Ce système est décrit sous des aspects originaux, comme l’hyperconsommation ostentatoire des riches érigée en modèle qui génère une frustration programmée.
Mais, au cœur de l’argumentation, il y a l’idée que le capitalisme, qui paraît surpuissant, est en réalité finissant et va « s’évanouir ».
La priorité est donc de mettre en place des alternatives fondées sur la coopération, « et non pas d’attendre, hébétés, qu’il se transmue en despotisme ».
Mais alors que, dans son précédent ouvrage, l’auteur consacrait des pages impressionnantes au renforcement de l’arsenal répressif, l’impasse est faite ici sur la réaction des capitalistes et de
leurs affidés à l’extension des espaces autogérés et de « marchés régulés » (le mot planification n’apparaît pas).
L’expérimentation sociale est en effet primordiale, mais elle est lourde d’illusions si l’on espère que ce système s’écroulera de lui-même. Il faudra l’abattre, et donc se préparer à
l’affrontement.
Pierre Vandevoorde.
Le livre de François Coustal, « L’Incroyable Histoire du
nouveau parti anticapitaliste »1, est sorti, jeudi 22 janvier.
Plus connu sous le nom de plume de François Duval, l’auteur, qui co-anime avec Ingrid Hayes la page « NPA » de « Rouge » (le journal de la LCR), nous plonge au cœur du processus de fondation du
nouveau parti anticapitaliste.
● Quel était l’objectif de ton livre ?
L’objectif n’était pas de faire un bouquin théorique sur le NPA. Je voulais raconter ce qui s’était passé et faire des portraits, au moins brièvement, de gens qui construisaient le NPA. À
l’arrivée, j’ai constaté la diversité des parcours et des motivations des gens qui se sont impliqués dans le processus. J’ai croisé plein d’itinéraires différents, sur plusieurs générations. J’ai
aimé la diversité des gens, mais aussi celle du processus en lui-même. Entre le groupe de Mulhouse, issu d’une tradition d’intervention liée à Lutte ouvrière et les décroissants d’Avignon –
s’intéressant beaucoup aux toilettes sèches –, ou encore entre les jeunes boulangers de Bretagne et les responsables syndicaux de Marseille, il y a une « différence de
cultures » !
● À qui ton livre s’adresse-t-il ?
En fait, deux publics sont visés. D’abord, il y a ceux qui ont entendu parler du NPA et qui voudraient savoir à quoi il ressemble. Ils pourront avoir une vision plus vivante, plus humaine de sa
réalité. Ensuite, il y a toutes celles et tous ceux qui participent au NPA et qui retrouveront leur histoire ou des histoires analogues aux leurs.
● Tu commences par raconter l’histoire du comité de Marseille.
Pourquoi ?
J’ai commencé par les Bouches-du-Rhône, car c’est à Marseille que cela a débuté en pratique. C’était une vraie construction politique, un peu comme lors d’une campagne. À son origine, on trouve
la direction fédérale de la LCR des Bouches-du-Rhône, à laquelle se sont joints des militants politiques d’autres sensibilités extrêmement expérimentés, dont les membres sont issus de la
génération de 68. Il y a d’abord eu ce regroupement, qui s’est ensuite adressé à des militants syndicaux, également aguerris et, enfin, qui s’est tourné vers un public plus populaire, plus jeune.
Dans les autres départements, à cette époque (automne-hiver 2007), on en était juste au stade des réunions d’information sur le projet politique de la LCR.
● Quel rôle ont joué les élections municipales ?
À l’origine, elles pouvaient être perçues comme un obstacle. On n’était guère optimiste quant au résultat des élections et le projet ne coïncidait pas forcément avec les alliances électorales.
Mais, du fait des résultats et de la dynamique, les municipales ont joué un rôle d’accélérateur. Elles ont plutôt donné envie aux gens de continuer. Même s’il n’y a pas eu d’automaticité entre
campagne unitaire et construction du NPA.
● Quelles sont les principales préoccupations politiques des personnes qui
rejoignent le NPA et quel est leur profil sociologique ?
Il y a deux grandes catégories : ceux qui ont envie de donner un prolongement politique aux mobilisations sociales ou sociétales, auxquelles ils participent ou participeraient ; et ceux
qui veulent un changement de société et souhaitent construire un parti pour le faire. Quant à leur « profil sociologique », étant donné que les effectifs sont deux à trois fois
supérieurs à ceux de la LCR, il est plus populaire : des catégories présentes sous forme d’échantillons dans la LCR le sont beaucoup plus dans le NPA (notamment les précaires). Mais il y a
des traits communs avec la LCR – comme avec la plupart des partis de gauche –, la présence de personnels de la fonction publique, d’enseignants et de « travailleurs sociaux » étant
forte.
● Quel risque court le NPA ?
Le risque, c’est que l’extrême diversité des parcours et des motivations soit un ferment de fragilité, et pas seulement une richesse. La diversité est un bon point de départ, mais cela ne peut
pas durer très longtemps en l’état. Il y a deux moyens pour homogénéiser : la formation politique (touchant au niveau individuel, et donc limitée), et la participation commune aux
mobilisations (qui dépendent d’autres facteurs).
● Quel rôle a joué Olivier Besancenot dans le processus de
constitution ?
Il a donné un écho médiatique important au projet de NPA. À certains moments, il a joué un rôle d’accélérateur, comme lors de la réunion des
syndicalistes à Marseille ou avec les précaires de Paris (comité L’Appel et la pioche). Olivier Besancenot est populaire, mais le NPA n’est pas le parti d’Olivier Besancenot. Les initiatives de
Marseille ou de Montpellier, auxquelles il s’est rendu, ont attiré beaucoup de monde, qui souhaitait certes le voir, mais qui voulait aussi assister aux tables rondes précédant son
intervention !
Disponible www.la-breche.com
Propos recueillis par Thomas Mitch
À la veille du congrès de dissolution de la LCR et du congrès
de fondation du NPA, Olivier Besancenot et Daniel Bensaïd publient « Prenons parti, pour un socialisme du XXIe siècle ». On y lira des analyses de la crise du système, des propositions
pour révolutionner la société dans tous les domaines, des lettres ouvertes à Christine Lagarde, Laurence Parisot, Xavier Darcos, Dominique Strauss-Kahn, Daniel Vaillant et bien d’autres, ainsi
qu’une profession de foi anticapitaliste, etc.