ACTA : la dictature des marchés...

Publié le par NPA 06 Ouest

ACTA est prétendument un accord contre les contrefaçons, pour protéger les créateurs et créatrices, pour protéger l’emploi « chez nous ».

 

Dans la réalité, c’est un accord pour défendre les profits des multinationales. Surprise ! Défendre les multinationales a des conséquences dramatiques sur les populations. ACTA et les accords de libre-échange négociés actuellement par la Commission européenne auront des conséquences directes sur la survie de centaines de milliers voire de millions de personnes.

 

De quoi s’agit-il ? Des accords commerciaux globaux (ACTA est négocié actuellement entre les pays riches) ou bilatéraux (imposés par la Commission européenne à un pays comme l’Inde), visent à prolonger les brevets et protéger l’exclusivité des données. Cela protégerait les multinationales du divertissement (on ne parlera pas de culture) en rendant le téléchargement illégal, l’industrie du luxe mais aussi l’industrie pharmaceutique.

 

Depuis les années 2000, l’introduction des génériques – copies chimiquement identiques aux produits de marque –, en faisant baisser drastiquement le prix des médicaments, a donné accès aux soins à des millions de malades dans le monde. Aujourd’hui, les vies de 80 % des personnes qui, en Afrique, prennent un traitement contre le sida, dépendent des médicaments génériques produits en Inde.

 

Malgré ces progrès, 15 000 personnes meurent chaque jour du sida, du paludisme, de la tuberculose. Si ACTA était appliqué, si les accords de libre-échange étaient signés, les prix des traitements dans le monde augmenteraient, et avec eux le nombre de morts.

 

Au cours des 20 dernières années, l’Inde s’est imposée comme le premier fournisseur mondial de médicaments. Ses laboratoires, spécialisés dans la production de génériques, ont permis de fournir des traitements à des pays qui en auraient été privés faute de moyens. C’est le cas notamment de tout le continent africain. À l’heure actuelle, plus de 50 % des médicaments distribués par l’Unicef viennent d’Inde.

 
Sous la pression de la production de génériques, le prix des médicaments a chuté de plus de 90 % en quelques années. Malgré cette baisse des prix, les profits de l’industrie pharmaceutiques ont continué de flamber, montrant que l’on pouvait baisser les prix et maintenir l’emploi, au Nord comme au Sud, à condition de s’attaquer aux profits.

 

On comprend l’intérêt pour les multinationales de l’industrie pharmaceutique d’accords qui empêchent la production de génériques redonnant des marges de profit faramineux. On voit aussi l’ampleur des crimes induits par ces accords. Les pays riches s’étaient engagés à assurer l’accès universel aux traitements contre le sida en 2010. En 2012, à peine 40 % des malades dans le monde ont accès aux traitements. L’application des accords bilatéraux avec l’Inde et/ou d’ACTA auraient comme conséquence des centaines de milliers voire des millions de morts supplémentaires dans les années à venir.

 

La lutte contre ACTA n’est pas seulement une question de liberté d’expression. Les dirigeants des pays riches de la planète et les multinationales démontrent avec ces accords que marchés = dictature = mort. À nous de montrer avec nos luttes qu’action = démocratie = vie.

 

Denis Godard.

Publié dans Social - société...

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