Automobile : l’emploi sacrifié...

Publié le par NPA 06 Ouest

2-rouge-psa258.jpgLes directions de PSA et Renault profitent de l’aggravation de la crise pour préparer des plans de licenciements. La résistance face à ces projets pose la question de l’unité des luttes et celle des alternatives écologiques
à l’industrie automobile.

La direction du groupe PSA avait contesté fermement le plan de restructuration du groupe dévoilé par la CGT au mois de juin qui prévoyait la fermeture des sites d’Aulnay, de SevelNord et de Madrid (voir Tout est à nous ! n° 111). Évidemment, à quelques mois des élections présidentielles, de telles mesures risquent d’aggraver un climat social déjà peu favorable au gouvernement. Mais avec l’accentuation de la crise, les directions des groupes automobiles veulent anticiper des baisses d’activité tout en préservant bénéfices et profits. Pourtant, avec une progression de chiffre d’affaires de 3, 5 % depuis le début de l’année et un fonds de réserve de plus de 10 milliards d’euros, le groupe PSA est loin d’être en difficulté.

 

Au total, entre aujourd’hui et 2012, plus de 6 000 postes de travail vont être supprimés en Europe. Comme il se doit, ce sont d’abord les intérimaires qui paieront. 800 d’entre eux se retrouveront sans travail avant la fin 2011. Pour 2012, tous les secteurs sont visés : production, commercial, gestion et prestataires externes. Plutôt que la fermeture brutale risquant de provoquer des ripostes en cette année électorale, la direction de PSA tente de faire passer le remède de cheval en traitement homéopathique. Et ce ne sont pas les déclarations du ministre de l’Industrie Éric Besson sur l’accompagnement et la réindustrialisation qui doivent nous rassurer.

 

De son côté, Renault est sur la même longueur d’onde : trop de stocks, selon la direction qui impose des mesures de chômage partiel, censées permettre un déstockage, sur les sites de Douai (Nord), Flins (Yvelines), Sandouville (Seine-Maritime) et Novo Mesto (Slovénie). À Douai, site le plus immédiatement touché, la production a été arrêtée une semaine, jusqu’au 1er novembre. Les salariés vont devoir utiliser leurs compte épargne temps pour ne pas perdre de salaire. À Sandouville, après la fermeture de huit semaines en août et septembre derniers, le 28 octobre sera chômé, tandis que le 31 octobre sera là aussi décompté du compte épargne temps.

Résistances et alternatives

 
Dans le même temps, la purge des sous-traitants et équipementiers se poursuit : Honeywell et Valéo (Eure), Sogefi (Aveyron), Gefco (Yvelines), etc., chaque semaine nous apprenons qu’un site est concerné par des suppressions de postes ou une fermeture totale, et les attaques sur les salaires et les conditions de travail se multiplient.
Des ripostes existent qui bloquent, retardent, réduisent la portée des attaques.

 

Dans les mois qui viennent, la situation risque encore de se dégrader et nous devrons être capables d’amplifier les mobilisations. Nous ne pouvons rester dans le « boîte par boîte » et espérer chaque semaine que la lutte en cours soit victorieuse. Réduction massive du temps de travail, suppression du travail de nuit et posté, augmentation des salaires doivent être à l’ordre du jour de mobilisations conjointes.

 

Les salariés de SevelNord doivent avec ceux d’Aulnay, de Madrid et de Sandouville préparer dès maintenant les initiatives communes qui, seules, pourront faire reculer patronat et gouvernement.

 

Face aux stratégies mortifères de ce capitalisme productiviste, nous devons dans le même temps réfléchir et proposer d’autres choix de production que le « tout-bagnole », le « tout-pétrole » ou le « tout-électrique ». D’autres choix sont possibles, en partant de la satisfaction des besoins du plus grand nombre, en prenant en compte les choix sociaux (quelle organisation du travail), de société (gestion de l’espace, des déplacements) et les exigences écologiques.

 

Robert Pelletier.

Publié dans Social - société...

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