Baisse du revenu des agriculteurs en 2011...

Publié le par NPA 06 Ouest

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La statistique publique est vraiment lamentable : l’Insee cache son estimation de l’évolution des revenus des agriculteurs (-6, 8 %), sensiblement différente de celle du ministère de l’Agriculture (-3, 6 %). Il faut mettre en avant « un » chiffre et un seul, l’incarnation de la « vérité ». Alors que le gouvernement a communiqué de façon tapageuse sur l’« ouverture » des données publiques1, on assiste en réalité à un verrouillage en règle, témoignant du mépris abyssal de « nos » dirigeants à l’égard de la population et des agents de la statistique publique.

 

Quoi qu’il en soit, après plusieurs années de très forte volatilité, les revenus des agriculteurs sont en baisse en 2011, inférieurs à leur niveau de la fin des années 1990. Plusieurs raisons l’expliquent : la hausse du coût des intrants, notamment l’envolée des prix de l’alimentation animale (+17 %), des engrais (+17 %) et du fioul (+25 %) ; la baisse importante du prix de certaines productions végétales (légumes, maïs, pommes de terre...) ; et le recul (-3 %) des subventions.

 

Alors que le revenu moyen est d’environ 2 500 euros par mois, les inégalités (entre types de production et selon la taille des exploitations) sont très importantes et tendent à s’accroître. Plus de la moitié des agriculteurs gagnent moins de 2 000 euros, plus d’un quart gagnent moins que le Smic, et environ 10 % ont un revenu nul ou négatif !
Les revenus des viticulteurs s’envolent à près de 5 000 euros par mois en moyenne, mais les écarts sont énormes entre les châtelains et les petits producteurs, et les revenus des agriculteurs les plus pauvres s’effondrent : les maraîchers et horticulteurs touchent en moyenne 840 euros par mois, les arboriculteurs moins de 400 euros, et les éleveurs de moutons et de chèvres un peu plus de 1 200. Depuis 2000, le revenu des maraîchers a été divisé par trois et celui des arboriculteurs par quatre. On assiste ainsi à une paupérisation dramatique de couches importantes de la paysannerie.

 

Au-delà des aléas conjoncturels, les prix des biens agricoles par rapport aux autres produits tendent à baisser depuis le début des années 1970 (même si les consommateurs n’en voient pas la couleur car les capitalistes de l’agroalimentaire et de la grande distribution se goinfrent), alors que le prix des intrants flambe. Cela ne devrait pas s’arranger dans les années à venir puisque la prochaine réforme de la PAC devrait laisser libre cours à la concurrence « libre et non faussée ».

 

Pour mettre fin à cette spirale mortifère, seul un gouvernement des travailleurs pourrait prendre les mesures qui permettraient aux paysans de vivre de leur travail : en expropriant les gros exploitants capitalistes (qui surexploitent les salariés agricoles) et les grands trusts, en garantissant un revenu minimal de 1 600 euros par mois pour tous (avec des prix stables et une redistribution radicale des aides), en encourageant les paysans à se regrouper (mutualisation des outils, exploitations collectives, etc.) et à produire des biens de qualité avec des méthodes qui préserveraient l’environnement. Pour satisfaire les besoins de la population, nous avons besoin d’une agriculture socialiste, non productiviste, et avec plus de paysans.

 

Zapo.

1. http://data.gouv.fr/

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