L’Europe fragilise-t-elle ou protège-t-elle ses citoyens ?

Publié le par NPA 06 Ouest

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L’Union Européenne actuelle n’est ni sociale ni démocratique.

 

C’est une Europe libérale, faite par et pour les capitalistes, qui vise à mettre les peuples en concurrence dans le cadre de la mondialisation capitaliste. La « règle d’or » est le prétexte pour imposer partout les mesures d’austérité aux peuples qui satisfont l’appétit des « marchés », c’est-à-dire les capitalistes. Mais les dirigeants européens aux ordres de ces capitalistes sont des acteurs conscients et pratiquent une forme de « stratégie du choc », utilisant les événements pour remettre plus rapidement en cause les services publics, les systèmes de protection sociale, les conventions collectives... et pour précariser encore plus les salariéEs.

 

Cette Europe n’est évidemment en rien une protection pour les peuples et les travailleurs, bien au contraire.

En outre, elle vient de réaliser en Grèce et en Italie un coup d’état, en imposant au mépris des peuples des gouvernements dirigés par des fondés de pouvoir des banques, sortis de la Banque Centrale Européenne pour Papademos, et de la Commission Européenne pour Monti. Elle confirme ainsi la menace qu’elle représente pour les règles démocratiques les plus élémentaires. Par tout cela elle suscite les rejets et les tentations de replis nationalistes. Mais ce serait une erreur de décrire les Etats nationaux comme « pris en otage » par l’Europe. Ce sont eux qui ont engagé ensemble la libéralisation financière et créé l’actuelle architecture de l’UE.

 

Ce sont eux qui ont décidé de réduire leurs recettes, en baissant les impôts des revenus élevés, des grandes fortunes et des entreprises, accroissant ainsi les déficits publics (qui se sont ensuite aggravés du fait de l’impact de la crise) sous prétexte de créer une Europe compétitive. Nous ne sommes pas pour autant partisans d’un repli national protectionniste. Nous pensons que le seul moyen d’en finir avec les diktats de la rentabilité et de la compétitivité consiste à construire une Europe des peuples. Le vrai problème n’est donc pas d’être « pour » ou « contre » l’Europe, mais de combattre les politiques iniques mises en œuvre pour que les profits d’une poignée soient préservés. C’est ensemble que les travailleurs grecs, espagnols, français, allemands, irlandais, etc. ont les meilleures chances d’imposer des hausses de salaire, l’interdiction des licenciements, l’annulation des dettes et la nationalisation des banques.

 

A la logique du profit nous opposons la satisfaction des besoins sociaux. A la concurrence généralisée nous opposons la solidarité. A la privatisation des secteurs clé de l’économie nous opposons leur appropriation sociale. Au creusement des inégalités nous opposons l’égalité.

 

Le cadre actuel de la construction européenne ne permet pas la satisfaction durable des besoins sociaux et de l’exigence démocratique : il est nécessaire de mener de pair les ruptures économiques et sociales avec le système capitaliste et celles avec l’ordre actuel des institutions européennes.

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