L’UMP au bord de la crise de nerfs...

Publié le par NPA 06 Ouest

La convention nationale de l’UMP a été exclusivement consacrée au projet du PS, sur fond de divisions exacerbées à droite, devant l’impopularité de Sarkozy. Pour autant, le PS ne saurait être une alternative.

On peut reconnaître à François Bayrou un mérite : il a trouvé le mot juste en remarquant que les dirigeants de l’UMP, après s’être plaints que la primaire du PS ait polarisé l’attention médiatique pendant près de deux mois, n’ont rien trouvé de mieux que de consacrer la « convention nationale » devant marquer leur retour médiatique au… PS !

 

Présentée par ses initiateurs comme destinée à « décortiquer les mensonges du projet socialiste », cette « séance d’exorcisme collectif et télévisé » (selon le Monde du 19 octobre) a cependant tourné court. La quasi-totalité des commentateurs, y compris partisans de Sarkozy, a souligné le ridicule du procédé copiant le téléthon pour additionner, à l’aide d’un compteur reproduit sur écran géant, le coût insupportable pour les finances publiques des dites « promesses socialistes ». Beaucoup ont indiqué que le chiffrage présenté (255 milliards d’euros en cinq ans) était disproportionné par rapport aux fort modestes propositions du PS et de son candidat, et l’argument hollandiste selon lequel l’UMP agit comme si elle était dans l’opposition a fait mouche.

 

Dans le même temps, malgré le retrait de Borloo de la course présidentielle, les divisions à droite et singulièrement au sein de l’UMP continuent de s’exacerber. L’affrontement entre Fillon et Copé en vue du leadership à droite de l’après-Sarkozy, auquel tous pensent déjà, se précise. La Droite populaire, courant de l’UMP le plus réactionnaire et proche des positions du FN, s’affiche jusqu’en une du journal d’extrême droite Minute (pour lancer une « pétition nationale » contre le droit de vote des étrangers…), tandis qu’une Droite humaniste se forme pour lui faire pièce, à l’initiative notamment de l’ancien Premier ministre, Raffarin.

Contre Sarkozy
L’arrière-fond de tous ces déchirements est évidemment le rejet massif, parmi les travailleurs et la population, de Sarkozy et de son gouvernement ; un rejet si fort qu’un sondage récent a pu créditer Hollande, face au président en exercice, de 62 % des voix au second tour de la présidentielle…

 

Pourtant, il n’y a dans la population que peu d’illusions dans la capacité du PS à mener une politique qui soit réellement, qualitativement différente de celle de l’UMP. Hollande, plébiscité dans un vote dont les classes populaires et la jeunesses étaient les grandes absentes, ne fait en réalité que surfer sur la volonté majoritaire de se débarrasser de Sarkozy et de son gouvernement. Le paradoxe de la situation est qu’en réalité, ils ne peuvent plus désormais être sauvés que par le… PS. La grande question de la présidentielle de 2012 est de savoir si son résultat sera décidé par le rejet populaire envers ceux qui sont aujourd’hui en place, ou par le peu d’enthousiasme, de la part des mêmes secteurs exploités et opprimés, à l’égard de ceux qui attendent de prendre la place.

 

Le 22 octobre sur France Inter, le député Jérôme Cahuzac, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale et proche de François Hollande, rendait un hommage appuyé au gouvernement du « socialiste » espagnol Zapatero, qui a selon lui le mérite de prendre des mesures douloureuses mais nécessaires, mettant ainsi en avant l’intérêt supérieur de son pays et, au-delà, de l’Europe, même si cela le condamne à perdre les prochaines élections. Et il opposait cette attitude courageuse et altruiste à celle du gouvernement Sarkozy qui, lui, reste inactif ou se contente au mieux de demi-mesures, au risque de mettre maintenant en danger « le triple A de la France »… Une façon on ne peut plus claire d’annoncer une austérité de gauche ! Alors, bien sûr, il faudra virer Sarkozy et sa bande, mais sans faire aucune confiance aux dirigeants du PS, et en affirmant dès à présent une alternative.

 

JPh Divés.

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