Les dernières évolutions en Syrie et autour sont marquées par plusieurs nouveautés...

Publié le par NPA 06 Ouest

Une résistance armée de plus en plus affirmée
Des déserteurs de l’armée craignant littéralement pour leur vie et souhaitant ainsi s’appuyer sur leurs armes, d’abord pour se protéger, une « Armée libre de Syrie » s’est créée. Clandestine, elle est active sur le territoire syrien. Depuis début novembre, ses faits d’armes se sont renforcés.

 

Il y a eu, d’abord, l’attaque de barrages de l’armée syrienne autour de la ville de Homs encerclée et assiégée. Néanmoins, l’armée de Bachar El-Assad a pu entrer dans la ville, le 7 novembre dernier.

Le 14 novembre, la même chose s’est répétée à Deraa (au Sud, berceau de la révolte syrienne depuis le mois de mars), où 34 soldats et douze déserteurs sont morts selon les chiffres de l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

 

Deux jours plus tard, un immeuble des services de renseignement et des bâtiments de l’armée ont été attaqués, ainsi que le siège du parti Baath (au pouvoir depuis 1963), à Damas.

Les grandes manœuvres diplomatiques
Ces affrontements ont poussé plusieurs représentants de puissances extérieures à parler de « risque de guerre civile ». Ce risque a ainsi été évoqué par Hilary Clinton, Vladimir Poutine et par le gouvernement turc. Leurs intérêts vis-à-vis de la Syrie ne sont cependant pas les mêmes : si la Russie officielle tente de préserver le régime (en intégrant l’opposition ou une partie dans une sortie de crise négociée), ce n’est pas – ou plus – le cas des autres puissances. Les États-Unis et la France, notamment, qui ont vu leurs ambassadeurs plusieurs fois attaqués par des partisans du régime syrien, semblent avoir fait une croix sur le régime. Ces puissances commencent à chercher des alliés fiables parmi les opposants. Les États-Unis ont par exemple entamé un début de dialogue avec les Frères musulmans.

 

La Turquie, profitant de son statut d’ex-allié du régime syrien et de puissance musulmane, a haussé le ton à son tour. Les Frères musulmans syriens ont d’ailleurs clairement fait entendre, à la mi-novembre, qu’ils ne seraient pas hostiles à une intervention militaire turque dans leur pays. Pour eux, cela représenterait une alternative « musulmane » à une intervention extérieure occidentale. Une telle intervention, qu’elle émane de la Turquie ou des grandes puissances impérialistes, n’est cependant pas sérieusement mise à l’ordre du jour. Elles craignent à la fois le risque d’affrontements confessionnels et les réactions d’une partie de la population qui se retournerait contre les « envahisseurs », mais aussi la « déstabilisation » d’une zone comprenant Israël, l’Irak et l’Iran. Les grandes puissances, jusqu’ici, misent plutôt sur des sanctions économiques qui commencent à faire effet, l’économie syrienne montre des signes d’asphyxie.

Divergences au sein de l’opposition
Le Conseil national syrien, fondé en Turquie, regroupe certaines forces historiques de l’opposition, dont les Frères musulmans et une partie de la gauche. Il n’appelle (vaguement) pas à une intervention militaire étrangère. Il cherche néanmoins des appuis et des alliés à l’étranger. En concurrence avec lui, a émergé une autre opposition en exil qui, elle, appelle clairement au renversement militaire du régime par des puissances extérieures. Elle est incarnée par l’ex vice-président syrien Amdelhalim Khaddam. Ce dernier a présenté début novembre, dans un grand hôtel aux Champs-Élysées à Paris, un Conseil national de soutien à la révolution syrienne (CNSSR). Ce conseil ne semble pas avoir une réelle influence en Syrie, mais cherche à être l’interlocuteur des grandes puissances dans la perspective d’une chute du régime.

 

Bertold du Ryon.

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