Leur Europe et la nôtre en questions…

Publié le par NPA 06 Ouest

La « construction européenne » telle qu’elle fut menée depuis son « second souffle », avec l’Acte unique (1986) ne répond qu’aux besoins du capital. Cet Acte, censé « décloisonner les marchés », a abouti à un redoutable dumping social et fiscal. Il faut aussi rappeler les directives de la Commission européenne contre les services publics et les acquis ouvriers (encore actuellement pour liquider le statut des cheminots, accélérer la privatisation rampante des chemins de fer).

 

Puis il y a eu Maastricht et ses suites.
Le constat s’impose : la « construction de l’UE », depuis 35 ans, s’intègre étroitement au déploiement de la mondialisation néolibérale et aux reculs sociaux qui l’ont rythmée.
Chaque élément de cette construction l’a été en fonction des exigences capitalistes et de rien d’autre. On ne peut croire au mirage d’une UE « démocratisée », « plus sociale ».

D’où vient la crise de l’UE ?
En 2007, le capitalisme entre dans une période de crise généralisée, à l’échelle mondiale – les USA, en particulier, ne sont pas épargnés. Mais les puissances européennes sont en première ligne du fait des faiblesses intrinsèques de la « construction européenne » incapable de concilier les intérêts rivaux de chaque bourgeoise. Les spéculateurs ont joué de ces contradictions en s’en prenant aux maillons faibles de l’UE (Grèce...). Derrière tout cela, sévit leur scepticisme quant aux capacités des vieilles puissances impérialistes de conserver leur place actuelle face à la concurrence mondiale.
En dernière analyse, la crise de l’UE est nourrie par une fragmentation de l’Europe, accentuée depuis Maastricht, même si le recours à l’endettement, à l’ « économie-casino » a pu le masquer un temps... Même sur le terrain économique, la « construction européenne » s’avère donc être un échec, une entreprise de régression sociale.

La monnaie unique, un progrès ?
La mise en place de l’euro était un semblant de réponse à cette division du continent. L’euro était censé faciliter « l’intégration européenne » en fluidifiant les échanges.
En fait, la Banque centrale européenne (BCE) fut construite avec une mission exclusive, garantir la stabilité des prix (les banquiers craignent l’inflation plus que tout). Le reste, comme le prétendu soutien à l’activité permettant de limiter le chômage, censé en découler, n’était qu’illusion. Les sinistres « critères » (3 % maximum de déficit budgétaire, 60 % d’endettement) ne visaient qu’à imposer un nivellement par le bas, prélude aux politiques d’austérité. Depuis 20 ans, la BCE s’est avérée être un outil précieux pour orchestrer l’offensive antisociale dans tous les pays de l’Union, en particulier en Allemagne.

Quel rôle joue le Parlement européen ?
Le Parlement européen a des pouvoirs si limités qu’on est en droit de le caractériser comme un Parlement croupion. L’essentiel du pouvoir est concentré dans la Commission européenne (dirigée par Barroso, dont les membres sont nommés), et le Conseil européen réunissant les chefs d’État des 27 pays membres et présidé par un membre nommé (Van Rompuy).
La zone euro (17 des 27 pays de l’UE) ne dispose quant à elle d’aucune instance de contrôle, et ce sont les pays les plus forts qui décident, l’Allemagne, la France, comme on l’a encore vu lors du dernier Conseil européen. Leur UE est bien peu démocratique...
Cela autorise certains à utiliser l’arme du chauvinisme. Ce procédé réactionnaire ne sert qu’à tenter de masquer le véritable responsable de la situation, le capitalisme, qu’il soit allemand ou français !

Une autre Europe est-elle possible ?
Un gouvernement des travailleurs dénoncerait les traités fondateurs de l’UE. Pas de politique anticapitaliste dans le cadre de leur UE qui démontre quotidiennement l’incapacité des bourgeoisies à dépasser les divisions nationales du continent. Notre programme s’inscrit dans la perspective d’une Europe des travailleurs, nécessairement socialiste, écologiste et démocratique. Elle se construira à travers les mobilisations pour la défense des droits sociaux contre les politiques d’austérité, pour un nivellement par le haut. Leur convergence, par-delà les frontières, en vue de la conquête d’une véritable démocratie devra déboucher sur un processus constituant garantissant aux populations le contrôle sur l’économie et la coopération entre les peuples pour œuvrer à la satisfaction de leurs propres besoins.

 

Pascal Morsu

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