Libye : pas de libération sous occupation !

Publié le par NPA 06 Ouest

Le dictateur Kadhafi est tombé et ceux-là mêmes qui l’avaient accueilli en grande pompe dans leurs salons, comme Sarkozy, s’en réjouissent. Il aura fallu peu de temps aux gouvernements européens pour réaliser que le soulèvement populaire en Libye était aussi l’occasion double de se débarrasser d’un régime encombrant et de s’approprier une partie des richesses du pays. Dans cette logique, le CNT libyen, dont une partie des membres n’est autre que d’anciens conseillers « repentis » de Kadhafi, semble avoir beaucoup plus de liens avec l’impérialisme qu’avec les masses opprimées libyennes. La première déclaration du président du CNT a d’ailleurs été de préciser que la Libye serait gouvernée selon la Charia, la loi islamique. Ce qui en dit long sur les volontés émancipatrices de ce « gouvernement ».

 

On ne pleurera pas la dictature, bien sûr. La mobilisation de la population laisse encore ouverte la possibilité pour les travailleurEs et la jeunesse de Libye de prendre leurs affaires en main. Mais on ne peut idéaliser la situation. Les processus d’émancipation sont longs mais dans le cas présent, ils doivent faire avec une donnée majeure : un redéploiement impérialiste dans la région (présence de troupes, de conseillers, d’infrastructures) et le pillage des ressources.

 

C’est pourquoi il était nécessaire de s’opposer dès le début à l’intervention de l’Otan en Libye. Parce qu’il s’agissait d’une reprise en main occidentale d’un processus révolutionnaire mais aussi parce que l’occasion était donnée à la bourgeoisie française, en particulier, de bénéficier d’une vente à la découpe des richesses du pays. Avec cette intervention, les révolutionnaires libyens ont dû faire face à une double contre-révolution : celle du pouvoir de Kadhafi d’un côté, celle des impérialistes de l’autre, dont le CNT est de plus en plus le jouet.

 

L’Otan n’avait pas un seul instant l’intention de défendre les intérêts des peuples. On ne peut croire que la démocratie se construira sous occupation, sous tutelle de puissances impérialistes qui ont plus d’une fois démontré que leur objectif était de piller au profit des multinationales.

 

Pour nous, la seule force capable de se débarrasser de la dictature en Libye, et en ce moment même en Syrie, c’est le peuple, les travailleurs sur place. Notre tâche, pour les y aider, est d’affaiblir les puissances impérialistes, de dégager notre propre gouvernement. Cela implique de miner la crédibilité de sa politique extérieure, pas de laisser croire qu’il peut être d’une quelconque aide pour les peuples.

 

Nous exigeons le retrait des troupes de l’Otan et l’arrêt de toute présence impérialiste en Libye !

 

Armelle Pertus.

Publié dans International...

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