Nice : sortir du nucléaire .
CAFE DE LA DEMOCRATIE
MERCREDI 4 MAI 2011
A PARTIR DE 18h30
GALERIE VALPERGA
(1 rue Valperga, 06000 Nice)
THEME :
COMMENT INITIER UN DEBAT NATIONAL
SUR LE NUCLEAIRE ??
L'aventure atomique et la Démocratie n'ont jamais fait bon ménage.
Ainsi, physiciens et militaires américains s'efforçèrent-ils de suite de censurer le journaliste australien Wilfred Burchett qui avait découvert à Hiroshima les premiers effets de la maladie des rayons.
Son article intitulé la peste atomique, publié le 5 septembre 1945 dans le Daily Express fit l'objet de contre-attaques orchestrées par les généraux Mc Artur et Groves ; en fait, il importait de présenter la Bombe comme un pur instrument de contrainte politico militaire, sans effets secondaires sur les populations frappées.
Dans les années 1970, la montée en puissance du nucléaire civil, notamment en France, s'effectue par le contournement de tout débat parlementaire et par le dénigrement des protestataires assimilés à des « terroristes » (périodes de tension) ou à des « ignares obscurantistes » (phases d'amabilité médiatique). La réalité est que l'opposition est toujours partie des milieux scientifiques : voir à l'origine du combat, le Rapport Gofman-Tamplin, publié en 1969 aux Etats-Unis, et signé par un physicien et un biochimiste parmi les plus introduits dans les sphères de la recherche universitaire. En France, le biologiste et académicien Jean Rostand ferraillera jusqu'à son dernier souffle contre les applications industrielles et militaires des découvertes de la physique atomique.
Quant aux « terroristes », il ne cessent alors de marcher et de manifester pour demander un débat national sur les politiques énergétiques (années 1970-1972), pour réclamer un moratoire de l'industrie nucléaire (années 1973-1975) pour proposer des dispositifs de consultation des citoyens sur les projets industriels (fin des années 1970), pour exiger transparence et honnêteté de l'information (contre les mensonges distillés en haut lieu -à coups de consignes préfectorales et de communiqués ministériels- sur la portée locale de l'accident de Tchernobyl en 1986). Philosophe plein de finesse, Luc Ferry voit dans cette longue histoire du mouvement écologique l'émergence d'une forme de « peste verte », succédant peu à peu aux pestes rouge et brune du siècle dernier.
D'où vient que les défenseurs de l'industrie nucléaire -décideurs volontaristes ou phalangistes en appui- s'avèrent aussi étrangers à toute approche de nature démocratique ? Qu'est-ce qui de surcroît les rend aussi bornés dans le développement de leur stratégie ?
En effet, des débats nationaux sur l'Energie il y en eut tout de même plusieurs, mais ils excluaient toujours la question du nucléaire c'est-à-dire un examen comparatif ouvert des différents scénarios énergétiques à notre portée pour l'avenir.
Et pourtant, nous voilà tous finalement d'accord pour constater la faillite du principe démocratique lorsqu'il faut des accidents majeurs (rares mais réguliers) pour que dirigeants et affidés acceptent de s'interroger à nouveau sur une industrie qui continue de monnayer crapuleusement quelques décennies de confort électrique contre des formes de pollution parfois millénaires.
Daniel Fimbel
Médiateur scientifique et culturel
Animateur de la CANAM
(Coordination Anti-Nucléaire des Alpes-Martimes)
affiliée au Réseau Sortir du Nucléaire
Consultant de Greenpeace 06
Contact : 06.78.24.63.79.