Nous sommes les 99 % !

Publié le par NPA 06 Ouest

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Le mouvement des IndignéEs, les révoltes populaires qui continuent ou reprennent de plus belle dans les pays arabes, sont autant de signes que nous vivons actuellement un bouleversement historique face à la crise du capitalisme. Il s’agit de le renforcer pour amener enfin un vrai changement.

Le sommet du G20 a illustré un peu plus encore le basculement historique qui s’opère sur fond de crise globale du système. Basculement où les deux plus grandes puissances qui dominaient le monde depuis que le capitalisme est né, l’Europe et les États-Unis, s’épaulent pour mieux résister à l’ascension inexorable des pays émergents, et multiplient les interventions impérialistes ces dernières années pour sauvegarder leur hégémonie.

 

Crise globale du système, écologique et économique. Le mode de consommation et de production est à bout de souffle, épuise les ressources naturelles en même temps qu’il suscite une catastrophe climatique majeure. La crise de surproduction, elle, augmente comme une boule de neige sous les effets des politiques qui sont menées. Car en faisant payer la facture de crise aux peuples par des plans d’austérité draconiens, les politiques libérales aggravent la crise elle-même en privant les peuples des moyens d’acheter ce que la société produit, accentuant la rupture entre l’achat et la vente.

 

Du point de vue des résistances, cette nouvelle phase de la longue histoire du capitalisme ouvre une nouvelle page mondiale de l’histoire sociale et politique de l’humanité. Une page qui sera probablement longue et douloureuse à écrire, avec son lot d’espérances et de résignations. Mais, une nouvelle page quand même dont les premiers mots ont été écrits par les peuples arabes en révolution. Impossible de comprendre ces révolutions sans se remémorer qu’à la suite de la crise financière de 2008, les capitalistes sont partis massivement spéculer dans d’autres domaines que l’immobilier, notamment sur le marché des matières premières. D’où la flambée des prix sur les produits de première nécessité et les émeutes de la faim en Afrique et au Maghreb en 2010, prélude des bouleversements actuels. Contre le double visage de la contre-révolution, celui des dictatures et des forces impérialistes, les peuples se dressent encore et toujours, avec une puissance qui force le respect, comme en Syrie contre le pouvoir sanglant d’El-Assad ou en Égypte contre l’armée. Il ne s’agit pas de faire des copier-coller, mais le souffle de ces révolutions passe bel et bien en partie de l’autre côté de la Méditerranée, sur le mouvement des IndignéEs en Espagne ou en Grèce. Il a atteint la mobilisation de « Occupy Wall Street » qui mène ce combat dans la gueule de la bête sur le sol des États-unis .

 

Dans tous ces combats, au-delà des nombreuses différences, les luttes collectives aspirent autant à la révolte contre les injustices sociales qu’à une nouvelle représentation démocratique. Certes, ce mouvement international se cherche encore et connaît bien des contradictions et des limites. Bien sûr, il aurait besoin de toute urgence de victoires sociales, même partielles, pour se renforcer. Quoi qu’il en soit, il est la preuve vivante que des millions d’exploitéEs et d’oppriméeEs – au-delà des structures traditionnelles, et sans drapeau commun – renouent, à tâtons, avec un vieux projet : celui de l’émancipation. L’indignation des 99 % existe et parviendra à s’imposer à la situation française. À nous aussi de la faire vivre dès maintenant.

 

Olivier Besancenot.

Publié dans Social - société...

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