Pologne : non à la privatisation de la santé !

Publié le par NPA 06 Ouest

Partout en Europe, les attaques contre un système de santé public ou une protection sociale se font à marche forcée, de façon plus ou moins accélérée avec plus ou moins de reculs sociaux.

Il est apparu indispensable de se rassembler le plus largement possible au niveau européen afin d’organiser une solidarité et des initiatives de lutte en commun.

La conférence européenne pour la défense de la santé publique de Katowice (Pologne) a rassemblé les syndicats polonais SIRPIEN 80 (Août 80) OZZPiP (syndicat des infirmières polonais) et Sud Santé Sociaux ainsi que le NPA et le PPP (Parti polonais du travail).1

Première attaque : financement du public et du privé par des fonds publics !
En 1997, la première contre-réforme vise un financement mixte du système de santé (partiellement une assurance, partiellement par le budget de l’État) et conduit à la création de seize caisses d’assurances régionales financées par des cotisations prélevées en même temps que l’impôt sur le revenu. Cette décentralisation allant de pair avec la création de centres de santé publics autonomes et des centres de santé non publics.

Deuxième attaque : contrats pour une limitation de financement en cas de dépassement du nombre d’actes médicaux. En fait, création des dettes.
En 2004, les caisses régionales sont transformées en départements régionaux du Fonds national de santé qui financent par contrats annuels les services de santé, qu’ils soient ou non publics. Ce système de contrat a servi à restreindre les ressources des hôpitaux publics et autres centres de santé conduisant à l’impossibilité de financer certains actes médicaux lorsque le nombre annuel prévu de ces actes dans le contrat était atteint.
Le temps d’attente des patients a été démultiplié, les forçant à recourir à des services de soins privés non remboursés mais disponibles rapidement permettant le développement accéléré de l’accumulation du capital dans le secteur de la santé.

Troisième attaque : annulation des dettes si les hôpitaux sont « commercialisés ».
Le gouvernement néolibéral de Donald Tusk (Premier ministre) a fait voter une loi sur l’activité de soins de santé, qui oblige les régions et les municipalités, s’ils n’ont pas « commercialisé » leurs hôpitaux, à couvrir leur déficit au cours des trois mois qui suivent la clôture des comptes annuels.
Les collectivités publiques qui commercialiseront leurs hôpitaux ou centres de santé pourront demander l’annulation de leurs dettes. Cette loi interdit également la création de nouveaux centres de santé publics.

Quatrième attaque : les contrats « poubelles ».
Cette loi prévoit aussi de faire travailler les infirmières dans ces entreprises commercialisées non seulement sur la base d’un contrat de travail mais également en tant que « entrepreneur individuel » sur la base d’un contrat « commercial ». L’employeur se défausse de ses cotisations patronales, celles-ci étant financées par l’employée elle-même ! Les salaires sont tellement bas qu’il devient courant pour les infirmières de cumuler un contrat classique avec un « contrat poubelle ».

Commission santé du NPA

1. Compte rendu à paraître dans le prochain numéro d’Inprecor.

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