Santé : quel bilan tirer du quinquennat de Sarkozy ?

Publié le par NPA 06 Ouest

Ces cinq années sont marquées par une accélération et une aggravation des contre-réformes engagées sous le quinquennat de Chirac. Les deux piliers garantissant à tous la possibilité de soins de qualité (l’Assurance-maladie et l’hôpital public) sont de plus en plus ouvertement attaqués.

Pour les classes populaires, bien se soigner tend à devenir un luxe et non plus un droit : un quart de la population renonce à des soins pour des raisons financières. La Sécu ne rembourse plus que 54 % des soins de ville (hors hôpital). Les tarifs des mutuelles et assurances complémentaires s’envolent. La création des « franchises » instaure un véritable impôt sur la maladie. Le forfait hospitalier augmente, les dépassements d’honoraires des spécialistes deviennent la règle. Des médicaments nécessaires ne sont plus ou pas remboursés, l’Aide médicale d’État (AME) pour les étrangers en situation irrégulière est remise en cause.

 
Avec la loi « Bachelot », les fermetures de services s’accélèrent dans les hôpitaux de proximité, tout autant que dans les grandes villes. Les délais pour accéder aux soins s’allongent, les services d’urgences sont débordés, la pénurie de lits et de personnel se généralise. Donnant pleins pouvoirs à des instances autoritaires, les ARS (agences régionales de santé), sous la coupe directe du ministre, la loi Bachelot abolit la place centrale de l’hôpital public. Celui-ci est mis en concurrence avec les cliniques privées commerciales. Les missions de service public de l’hôpital ne sont plus reconnues. Les budgets hospitaliers insuffisants aboutissent à une pénurie de personnel. Ils mettent en cause la qualité des soins. Les établissements sont contraints de s’endetter auprès des banques, enclenchant le mécanisme infernal de la dette. Pendant ce temps, les secteurs et activités rentables sont abandonnés au privé.

 

Les dernières mesures du quinquennat, la TVA antisociale et autres exonération de cotisations sociales remplacées par l’impôt, préparent la mise à mort de la Sécu. C’est un autre système qui se met en place : une assistance minimum (payée par les impôts des salariés) complétée par des assurances pour ceux qui en auront les moyens.

Que propose le PS ?

 
Le PS dénonce la plupart de ces mesures et leurs conséquences. Mais au lieu de prévoir leur abrogation et de proposer une alternative, il se contente de les aménager à la marge.

 

Hollande ne préconise ni l’abolition des franchises médicales ni l’interdiction des dépassements d’honoraires. Il veut maintenir les ARS et se contente d’un aménagement du financement des hôpitaux, avec une reconnaissance limitée des missions de service public. Il n’a nullement l’intention de s’en prendre aux intérêts privés et à leurs profits, que ce soit les laboratoires pharmaceutiques ou les cliniques privées. Dans son discours du 2 avril, il appelle a être « fiers » des grandes entreprises de santé « quand elles dopent la recherche, quand elles conquièrent des marchés, quand elles sont compétitives » !

 

Enfin, et c’est le point décisif, le PS s’inscrit dans la même logique que Sarkozy. Celle de la baisse du « coût du travail », et donc de la réduction du financement des dépenses de santé par les employeurs grâce à la Sécu. S’il rejette la « TVA sociale », il préconise lui aussi d’exonérer les patrons du financement de la protection sociale en fusionnant l’impôt sur le revenu et la CSG (contribution sociale généralisée).

Quelles réponses anticapitalistes ?

 
Pour nous, le droit à la santé est un droit fondamental, et nous vivons dans une société qui permet à tous d’accéder à ce droit. Il n’y a pas de « déficit » de la Sécurité sociale, mais un manque de financement dû aux choix politiques des gouvernements successifs.

 

Nous considérons que la santé de tous vaut mieux que les profits de quelques-uns, et qu’il s’agit là comme ailleurs d’imposer une autre répartition des richesses.

 

Nos priorités :


- l’abrogation de l’ensemble des contre-réformes de Sarkozy.
- La gratuité des soins, par leur remboursement total par la Sécu, et l’instauration du « tiers payant » évitant toute avance de fonds, la suppression des franchises, du forfait hospitalier, du ticket modérateur, l’interdiction de tout dépassement d’honoraires.
- La fin de la soumission de la santé aux intérêts privés par l’expropriation des entreprises pharmaceutiques, leur transformation en entreprise publique, sous le contrôle des professionnels et des usagers. L’expropriation des actionnaires des cliniques privées, et leur intégration avec leur personnel à l’hôpital public.
- La création de centres de santé publics et gratuits, ouverts 24 heures sur 24.
- Un plan emploi formation de 120 000 emplois pour l’hôpital public.

 

Ces exigences sont à imposer, par la mobilisation la plus unitaire possible, quelle que soit l’issue des élections.

 

J.C. Delavigne.

Publié dans Social - société...

Commenter cet article