Solidarité avec le peuple mahorais : à bas la répression coloniale à Mayotte...

Publié le par NPA 06 Ouest

Une délégation de partis de gauche, dont le NPA, ont été reçu au ministère de l’Outre-mer pour protester contre la répression que subissent les Mahorais qui se révoltent contre la vie chère.

 

Depuis près d’un mois, les manifestations se succèdent sur l’île de Mayotte, département français depuis le 31 mars 2011, sans que le gouvernement ne semble prendre la mesure de l’urgence à répondre aux revendications économiques posées par ses habitants. La colère est immense, le ravitaillement de l’île incertain, et le chaos s’installe. Les autorités locales tentent avec un certain culot d’en faire porter la responsabilité aux manifestants et aux syndicalistes. Mais qui pourrait accepter de subir la flambée des prix dont est victime le peuple mahorais ? Qui pourrait accepter que, en quelques mois, les produits de première nécessité, huile, riz, viande, soient vendus deux à trois fois plus cher qu’en métropole ? Qui pourrait accepter que les marges bénéficiaires et les taxations en tout genre s’opèrent dans l’opacité la plus totale, échappant jusqu’à aujourd’hui à tout contrôle (un médiateur « spécialiste » vient seulement d’être nommé). Qui pourrait enfin tolérer qu’à ces justes revendications, exprimées depuis un mois, le gouvernement n’ait trouvé qu’une réponse, celle de la répression ? Il y a une semaine, deux escadrons de gendarmerie sont venus renforcer le dispositif répressif de l’île. Mercredi 19 octobre, un manifestant de 39 ans, Ali El Anziz était tué sur une place de Mamoudzou, prise dans un déluge de gaz lacrymogènes et de tirs de flash ball. Une enfant de 9 ans qui jouait à proximité, atteinte elle aussi par un tir, a perdu un œil. Les habitants mahorais sont quotidiennement l’objet d’injures racistes de la part des CRS et des gendarmes mobiles.

 

La situation, à plus d’un titre, rappelle le mouvement en Guadeloupe de l’automne 2009, même si le mouvement LKP (Liannaj Kont Pwofitation) par son niveau d’auto-organisation, et les exigences démocratiques et autogestionnaires qu’il portait, était bien plus avancé que ne l’est pour l’instant celui de Mayotte. Les revendications touchant au niveau de vie, à l’accaparement des richesses par une minorité, à la dignité sont les mêmes à Pointe-à-Pitre ou à Mamoudzou. Les brutalités policières et le racisme des forces de répression sont également les mêmes.

 

Lundi 24 octobre à Paris, à l’initiative du NPA, une délégation des partis de la gauche française, à l’exception du Parti socialiste, a été reçue au ministère de l’Outre-mer afin de protester contre la répression qui s’abat sur Mayotte. Elles ont exigé que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant entraîné la mort d’Ali El Anziz et la blessure invalidante d’une enfant de 9 ans ; que des négociations sérieuses soient ouvertes sans délais pour examiner les revendications économiques et sociales exprimées par le peuple mahorais.

 

Si la répression devait perdurer, le NPA fera dans les prochains jours une proposition unitaire d’un rassemblement de protestation et de solidarité avec le peuple mahorais.
Sarkozy… Il est fini le temps des colonies !

 

Alain Pojolat.

Publié dans International...

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