Tunisie : riposte aux attaques contre l’UGTT et luttes en cours...

Publié le par NPA 06 Ouest

Des milliers de personnes ont manifesté contre les attaques dont a été victime l’UGTT.

La manifestation du samedi 25 février à Tunis a rassemblé environ 9 000 personnes. Avant le départ, un rassemblement était organisé devant le siège de l’Union générale tunisienne du travai (UGTT).

 
Son secrétaire général y a notamment accusé Ennhadha d’être à l’origine des attaques contre les locaux syndicaux.
Pendant la manifestation, on entendait des slogans comme « le peuple veut la chute du régime », « le peuple tunisien est un peuple libre, ni Amérique ni Qatar », « pas touche pas à mon UGTT, vive l’UGTT », « étudiants, paysans, ouvriers unis ».
La manifestation a également massivement exprimé son soutien aux ouvriers et éboueurs en grève qui ont été soulevés au-dessus de la foule.


La manifestation a été dispersée très rapidement à l’aide de gaz lacrymogènes et de coups de matraque visant particulièrement journalistes et blogueurs, hommes et femmes. Deux journalistes, membres du syndicat national, ont été agressés par la police, bien qu’ils aient montré leur carte de presse. Plusieurs arrestations ont eu lieu.
Correspondants

À travers l’UGTT, tout le mouvement social est visé

Plusieurs locaux de la centrale syndicale UGTT ont fait l’objet de dépôt de déchets ménagers, saccages et incendies [...] les 20 et 21 février. Le secrétaire général du bureau régional du travail de Kasserine affirme qu’un groupe de militants appartenant à Ennahdha sont venus le matin au siège du bureau syndical pour protester contre la grève des agents communaux, puis se sont dirigés vers le bureau du secrétaire général [...].


La fréquence et la périodicité ainsi que la cible de ces actes et leur coïncidence avec la grève des agents communaux font penser qu’il s’agit de bien plus que d’incidents passagers.


À travers l’UGTT, c’est la mobilisation sociale persistante dans l’ensemble du pays qui est visée. Une mobilisation qui, un an après la chute de Ben Ali, met en lumière l’incapacité du pouvoir à répondre aux revendications à l’origine du processus révolutionnaire initié en décembre 2010.


Sur leurs sites et pages Facebook, les syndicalistes et les militants reçoivent quotidiennement des menaces de mort. Récemment, devant l’Assemblée constituante, Sadok Chourou un des leaders du parti Ennahdha, s’est basé sur un verset du Coran pour légitimer tout acte de violence qui pourrait être commis par le gouvernement et a incité ce dernier à mettre fin aux grèves et sit-in par la force, en avançant que les organisateurs des grèves et des sit-in sont des ennemis du peuple et du gouvernement : « tuer, crucifier, couper une jambe, couper une main… » Coïncidence ? Une semaine auparavant, un professeur de technique, enseignant au collège de Séjenane âgé de 50 ans et père de famille, militant syndicaliste et membre du parti Al Watad a été retrouvé pendu, les mains liées. Il avait reçu des menaces de mort « s’il n’arrêtait pas de consommer de l’alcool »…


Ces actes ajoutés à toutes sortes de provocations, comme la récente tournée de Wajdi Ghenim, ce prédicateur égyptien qui incite à la haine, à la violence, au terrorisme, à la polygamie et à l’excision des filles et son accueil avec les honneurs par les chefs d’Ennahdha, malgré un large mouvement de protestation, rappellent que Ennahdha n’est pas un parti démocratique, même si ce parti s’efforce d’adopter un discours plus au moins « acceptable ».


Le bureau exécutif de l’UGTT, dans une déclaration datée du 21 février, condamne ces attaques et agressions. Le bureau dénonce fermement les partis au pouvoir, Ennahdha plus précisément, et leurs incitations persistantes contre l’UGTT. Selon le bureau exécutif de l’UGTT, ces partis projettent d’« installer une nouvelle dictature » dans le pays. Il appelle toutes les structures de l’UGTT à rester vigilantes et mobilisées pour défendre leur syndicat et le droit syndical plus que jamais menacé.


Les organisations de masses, les associations de femmes doivent plus que jamais rester mobilisées et vigilantes pour défendre leurs acquis et aller encore plus loin dans leur lutte.

Farid Khalmat.

* Extraits d’un article publié sur le site de la LCR belge (www.lcr-lagauche.be).

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