Urgence un toit...

Publié le par NPA 06 Ouest

Alors que Sarkozy en campagne en 2007, déclarait que plus personne ne devait dormir dans la rue, le mal-logement est un phénomène qui n’a fait qu’empirer ces cinq dernières années.

 

Le 6 décembre, le Collectif des Morts de la rue1 rendait hommage aux 230 personnes mortes depuis mai 2011 (329 depuis le début de l’année). « Georges, 41 ans, mort en réanimation à Paris ; un homme, mort en pension de famille à Douai ; James, vivant dans la rue à Paris et mort dans un hôpital des Hauts-de-Seine… » Âge moyen : environ 48 ans. Espérance de vie nationale : 80 ans. Des masques blancs barrés de croix noires sur la bouche étaient disposés par terre, symbolisant ceux et celles qu’on ne voit plus et « qui n’ont plus la parole ».
Dans le même temps, on installait un peu partout les pimpants « villages de Noël », jolis chalets pour abriter en ces jours de fête les sans-logis… ? Magie de Noël, oui mais pas trop ! Comme le constate Christian, un Toulousain qui écrit aux Enfants de Don Quichotte : « Construire un village au cœur d’une ville pour célébrer la croissance matérielle, le bonheur à portée de carte bancaire ne pose aucun problème. Mettre à disposition des locaux inoccupés, mettre en place des structures d’accueil et d’encadrement pour reconstruire l’humain semble être mission impossible. »
« Sans toit, mais pas sans nous » : quelques exemples d’actions menées à Toulouse avec la participation de militantEs du NPA.
Depuis le 17 décembre 2
011, des membres du Collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion (CREA)2 et de la campagne « 0 enfant à la rue » ont réquisitionné un troisième immeuble à Toulouse, vide depuis six ans. Quatre familles, dix enfants sont ainsi sortis de la rue.
Le 8 décembre, la FNARS, le collectif interassociations de Toulouse et Urgence un toit organisaient à Toulouse un rassemblement à la veille des Assises nationales du « Logement d’abord » et du discours du ministre. Objectif : d’abord rappeler les promesses du candidat Sarkozy (plus personne ne dormira dans la rue), puis le lancement en 2009 du « logement d’abord » axé sur la refondation de l’hébergement et l’accès au logement, et leur amer constat en 2011 : « Toujours plus de familles expulsées ou à la rue sans solution d’hébergement ou en attente d’un logement Dalo ; des campements inhumains se pérennisent sur tout le territoire, faute de solutions adaptées (manque de places d’hébergement et de logements très sociaux) ; des centres d’hébergement d’urgence saturés avec des délais d’attente pouvant atteindre plusieurs mois avant qu’une place ne se libère en CHRS ; pire, la réforme du « logement d’abord » vise aussi à réduire les places en CHRS, les transférant vers les pensions de famille, lieux d’accueil à bas coût et sans accompagnement social ; et, en Midi-Pyrénées ce sont 20 % de construction de logements sociaux en moins en 2011. »
Avec en plus, une grosse colère : Valérie Pécresse venait d’oser proposer de récupérer l’excédent du Faru, Fonds d’aide au relogement d’urgence, pour équiper les polices municipales de gilets pare-balles. 5 millions d’euros d’excédent, alors que 700 000 personnes sont sans logement !
Cet été, les salariéEs du Samu social se sont misES en grève, pour protester contre la baisse, le « sabrage » comme dit SUD Santé-sociaux, des nuitées d’hôtel. Le gouvernement promettait de les remplacer par des hébergements durables… Mais la loi de finances pour 2012 diminue les crédits alloués à l’hébergement d’urgence de 14 %. Résultat : 3 545 places hivernales en hébergement d’urgence seront financées, contre 9 138 en 2010.
Accueil inconditionnel et immédiat de toute personne sans abri grâce au déblocage de moyens budgétaires suffisants pour atteindre cet objectif, en attendant le relogement !
Isabelle Guichard.
 

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