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Contre l’Europe capitaliste...
La crise qui frappe aujourd’hui le cœur même de l’économie capitaliste n’a pas épargné l’Union européenne. Du Traité de Rome de 1957 jusqu’au mini-traité européen
de 2007 en passant par le Traité de Maastricht, tous les choix politiques ont favorisé la libre circulation des marchandises, des biens, des services et des capitaux. Ils ont été imposés aux
peuples par des institutions pour la plupart non élues, la seule soumise au suffrage universel, le Parlement européen, n’ayant quasiment pas de pouvoir de décision.
Ces choix ont contribué à creuser toujours plus, au sein même de l’UE, les inégalités entre l’immense majorité des salariés et des privés d’emploi toujours plus pauvres d’un côté, et une
poignée d’actionnaires toujours plus riches, de l’autre. Les décisions européennes construisent une forteresse contre les peuples du Sud et organisent la chasse aux immigrés et aux gens du
voyage.
Depuis le début de la crise, chaque Etat, chaque gouvernement, défend les intérêts et privilèges de ses propres banques, de sa propre bourgeoisie. Cependant, les réponses de chacun des Etats
européens convergent : socialisation des pertes et privatisation des profits ; injection de fonds publics pour sauver la finance ; restrictions des moyens pour les services
publics ; pression accrue sur les chômeurs et les salariés ; licenciements massifs pour sauvegarder les profits.
L’Union européenne a une responsabilité majeure dans la dégradation des équilibres environnementaux. Par ses politiques antisociales et sa défense de la « concurrence non
faussée », elle ajoute les inégalités sociales aux inégalités environnementales. Le « capitalisme vert » ne modifiera pas le productivisme.
Cette Europe qu’ils nous imposent est au service des trusts et de la finance. Les populations des Pays-Bas et de la France en 2005, puis de l’Irlande en 2008, ont rejeté ce projet de société en votant majoritairement NON au projet de traité constitutionnel.
Le NPA propose un plan de rupture avec le capitalisme, basé sur le partage des richesses, sous le contrôle de la population.
Une véritable Europe sociale ne pourra voir le jour que par une contre-offensive des travailleuses et des travailleurs pour annuler toutes les lois et mesures de régression sociale imposées par
le patronat et ses gouvernements dans tous les pays d’Europe.
... une Europe réellement démocratique !
Plus de 85 % des lois et règlements qui régissent nos existences sont issus des politiques de l’Union européenne, et ont été établis en dehors de tout contrôle des peuples. Le projet de Constitution Européennes, rejeté en France et aux Pays Bas en 2005, nous est aujourd’hui imposé sous la forme du Traité de Lisbonne. La démocratie est niée : l’intérêt commun ne peut être incarné par des institutions non élues, des exécutifs non mandatés et des experts non contrôlés.
Le NPA veut construire une Europe réellement démocratique, dans le cadre d’un processus constituant décidé et contrôlé par les peuples. Nous y défendrons pour
notre part un projet de société anticapitaliste et socialiste. La démocratie ne doit s’arrêter ni aux portes des banques ni à celles des entreprises : ainsi, nous revendiquons la
suppression des paradis fiscaux et du secret bancaire, et la mise en place d’un service public bancaire unique, sous contrôle de la population.
Parce que la population est la plus à même de décider de ce qu’il faut produire, où et comment, il est indispensable qu’elle prenne le contrôle et la possession des modes de production.
Une Europe sociale - La question de l’emploi...
Après des mois de hausse de l’inflation et d’augmentation des prix de l’énergie, de l’alimentation, des loyers, nous subissons aujourd’hui avec la crise une
nouvelle baisse de nos revenus. Les travailleurs et les travailleuses n’ont aucune responsabilité dans la gestion et dans la faillite de ce système capitaliste. Ils n’ont donc pas à en payer
les conséquences en perdant leur emploi ou une parti de leur salaire en cas de chômage partiel.
Les politiques de l’Union européenne encouragent la précarité : temps partiels imposés, intérim, avec des revenus et des retraites amputés. Parallèlement, lors du sommet de Barcelone
de 2002, les chefs d’état et de gouvernement européens ont décidé de reculer de 5 ans l’âge moyen de départ à la retraite pour 2010.
L’Europe que nous voulons exige des critères opposés à ceux du marché. A l’inverse de l’Union européenne au service des trusts et de la finance, elle unifiera par le haut les droits sociaux,
les conditions de travail, les retraites et la législation sociale pour l’ensemble des travailleurs et travailleuses des pays européens.
Nous revendiquons une diminution du temps de travail, vers les 30 heures pour tous et toutes, sans flexibilité ni annualisation, et avec création de postes sous contrôle des salarié-e-s. Tous les contrats précaires doivent être convertis en emplois statutaires ou en CDI. Nous sommes pour une loi d’interdiction des licenciements, et pour le contrôle des salarié-e-s sur les conditions d’emploi et d’embauche. Si la loi n’est pas respectée, nous sommes pour l’expropriation des patrons/actionnaires avec gel des avoirs et nationalisation sous contrôle des travailleurs. En cas de défaillance de l’entreprise, nous sommes pour remonter jusqu’au donneur d’ordre, en imposant l’ouverture des livres de comptes et la levée du secret bancaire et commercial. Le plein emploi passe aussi par la création massive d’emplois dans les services publics.
L’urgence, c’est l’augmentation de tous les salaires, retraites et minimas sociaux de 300 euros net par mois, c’est aussi un plan de rattrapage des salaires féminins. C’est possible en prenant les 10 points du PIB qui sont passés de la poche des travailleurs à celle des capitalistes ces 25 dernières années. En France, cela représente plus de 170 milliards d’euros par an. Contre la mise en concurrence des salarié/es, l’Europe que nous voulons rendra obligatoire un salaire minimum dans chaque pays européen. Un salaire minimum qui serait l’équivalent, en terme de pouvoir d’achat, des 1500 euros net que nous revendiquons en France.
Face à la crise, il ne faut pas moins, mais beaucoup plus de protection sociale ! L’Europe que nous voulons garantirait des normes élevées de protection sociale et de services publics, basées sur la socialisation des richesses produites (salaires sociaux ou collectifs) et une nouvelle répartition entre les salaires et les profits, au détriment de ces derniers. Nous défendons le droit à une retraite pleine et entière à 60 ans, avec 37,5 annuités dans le public comme dans le privé, avec 75 % du brut, calculé sur les 10 meilleures années, la retraite à 55 ans pour les métiers pénibles, et aucune retraite ou minima sociaux inférieurs à 1 500 euros net.
Pour réaliser tout cela, il faut prendre sur les profits. Il faut que les salariés, la population contrôlent les comptes des entreprises et les mouvements de capitaux, imposent la fermeture des paradis fiscaux et la taxation des profits. L’urgence économique exige que les populations contrôlent également les banques centrales, en particulier la Banque Centrale Européenne, afin que l’épargne serve à financer des travaux d’utilité sociale (logements, transports collectifs…). Une harmonisation des fiscalités, fondées sur des impôts progressifs taxant très fortement les plus riches et la suppression des taxes indirectes, permettrait à la fois d’arrêter le dumping social et fiscal, et d’enclencher une nouvelle logique sociale en rupture avec celle des capitalistes.
Pour une autre Europe de l’éducation...
La casse de l’école publique s’inscrit dans un programme de privatisation et de démantèlement des services publics, mené dans tous les pays européens depuis près de 20 ans, et inscrit dans le TCE et la directive Bolkenstein.
En France, ainsi que dans toute l’Europe, l’Education subit de plein fouet la politique définie lors du sommet européen de Lisbonne en mars 2000, et qui veut faire de l’Union européenne
l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici 2010. Les Accords de Bologne en 1999 avaient déjà initié cette logique dans le Supérieur et la Recherche,
avec la création d’un marché unique de l’enseignement supérieur, faisant ainsi des savoirs une marchandise. Les réformes éducatives européennes s’appliquent aujourd’hui à rendre l’Ecole encore
plus libérale et utilitariste conformément aux préconisations de l’OCDE, de la Banque Mondiale et de l’OMC.
D’un point de vue économique, l’Ecole reste un des derniers grands marchés à conquérir. Economie de la connaissance, capital humain, employabilité, flexibilité sont les maîtres mots du nouveau
modèle éducatif européen. Soumis aux logiques de compétitivité, d’utilitarisme, de performance et d’individualisation, régi selon les techniques managériales de l’entreprise, ce modèle fait la
part belle aux écoles privées Certains pays ou régions d’Europe (le Royaume Uni, l’Irlande, la Belgique, certains länders allemands…) ont déjà liquidé leur service public d’éducation. En
France, les réformes successives, de la maternelle à l’université, sont en parfaite conformité avec cette stratégie : la réduction des moyens (coupes budgétaires, suppression de 80 000
postes d’enseignants d’ici 2012) ; la casse des statuts et la précarisation des personnels ; l’ouverture des universités aux financements privés ; l’autonomie et la mise en
concurrence des établissements ; la marchandisation et la privatisation rampante de l’école ; la sélection ; l’abandon des pédagogies alternatives et émancipatrices ;
la remise en cause de l’école pour tous et l’organisation accentuée du tri social, font de la France le bon élève de l’Europe.
Mais l’objectif central des contre-réformes de l’éducation est avant tout de former dès l’école une future main d’oeuvre bon marché, précaire et corvéable à merci. En France les réformes LMD, LRU, ainsi que la création des licences professionnelles, ont permis une plus grande individualisation de diplômes qui sont de plus en plus adaptés aux besoins immédiats des entreprises (licence Crédit Mutuel ou Michelin…). La qualification est remplacée par des diplômes jetables, qui condamnent les jeunes aux bas salaires et à la précarité à vie ! Ces réformes sont coordonnées à l’échelle européenne par le processus de Bologne.
Aujourd’hui les peuples d’Europe, la jeunesse en particulier, refusent cette logique marchande. La colère de la génération des 600 euros en Grèce, provoquée par la mort d’Alexis Grigoropoulos
le 6 décembre dernier, s’est cristallisée également sur la future réforme de l’éducation, tout comme en Italie cet automne (suppression de 140 000 postes ; loi Gelmini), ou en Catalogne
(mouvement du 18 mars à Barcelone). En France la contestation gronde et les manifestations se développent depuis la rentrée : mouvement de résistance dans le primaire ;
manifestations lycéennes contre la réforme des lycées ; grève et manifestations depuis plus de 10 semaines dans le Supérieur et la Recherche.
L’Education est un droit que nous devons faire respecter pour poser les premiers jalons d’une Education au service de tous et toutes !
Pour une Europe du Droit à la Santé...
Faire de la santé et des soins une affaire privée, et non un droit reconnu et accessible à tous, tel est l’objectif des gouvernements de l’Union européenne.
Pour cela il leur faut casser les systèmes de soins solidaires, et les services publics de santé.
Dès 1994, l’Union européenne s’est engagée à ne pas entraver l’entrée de fournisseurs privés dans le domaine de la santé, poussée dans cette voie par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC),
dans le cadre de l’AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services).
En France, Sarkozy et son gouvernement multiplient les attaques. Après les « franchises médicales », les affections de longue durée, jusqu’ici remboursées à 100%, sont menacées.
L’objectif est double. D’un côté, réduire la part du système solidaire qu’est l’assurance maladie, qui permet à chacun de cotiser selon ses moyens, tout en étant soigné selon ces besoins. De
l’autre côté, augmenter la part restant à la charge des patients, favorisant le recours à une assurance complémentaire, et ouvrant ainsi le marché très lucratif de la santé aux assurances
privées (AXA, Groupama, …) qui sélectionneront les malades ayant un « bon profil ». Parallèlement le gouvernement veut transférer le financement de la sécurité sociale des patrons
vers les salariés, par la TVA dite « sociale », bien que les patrons soient déjà exonérés de 30 milliards de cotisations sociales.
Depuis plusieurs années par ailleurs, la partie la plus lucrative des soins (chirurgie) est abandonnée à des chaînes de cliniques cotées en bourse, tandis que les établissements publics peinent
à équilibrer leur budget. Avec La loi Bachelot « Hôpital, Patients Santé et Territoires » une nouvelle étape est franchie : transformer l’hôpital en entreprise.
Sous prétexte de rentabilité, le gouvernement ferment des services d’urgences, des maternités, la chirurgie de 250 hôpitaux de proximité, et regroupent les établissements en « communautés
hospitalières de territoires ». Des dizaines de milliers d’emplois hospitaliers sont ainsi supprimés et la vie de la population est mise en danger par l’apparition de véritable
« désert sanitaire ».
Pour une politique du logement et contre l’exclusion...
Toutes les grandes villes d’Europe subissent des opérations de « renouvellement ». Partout le même motif : la reconquête des centre-villes et des banlieues proches pour les bureaux et les classes moyennes. Partout le même but : l’éloignement et la dispersion des couches populaires. Le prix du logement, en hausse constante, a abouti à une situation où avoir un emploi ne suffit plus pour avoir accès à un logement.
Les choix faits depuis une vingtaine d’années ont précipité la crise : les pouvoirs publics ont choisi de laisser la construction et ses profits aux marchés privés, sans aucun contrôle
et sans répondre à la demande sociale.
Par ailleurs, les démolitions massives de logements sociaux sont présentées comme un mieux, alors que rien n’est fait pour aider les habitants des quartiers populaires qui comptent souvent de
25 % à 40 % de chômeurs ou de salariés précaires. Dans le même temps, la casse des services publics de l’éducation, la santé, l’aide aux chômeurs, la prévention, aggrave la situation. Les zones
franches, vantées pour soi-disant lutter contre le chômage, engendrent en réalité une main d’oeuvre moins chère pour le patronat, sans pour autant aucune garantie d’embauche pour les habitantes
et les habitants de ces quartiers. Les révoltes de 2005 en France ont été le reflet à la fois de l’abandon et de la désespérance dans ces quartiers, mais aussi du rejet des politiques de droite
comme de gauche qui ont conduit à leur relégation sociale et renforcé les discriminations. Partout où de telles révoltes éclatent, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, elles sont la conséquence
d’agressions ou de provocations policières contre la population et qui restent impunies.
Partout rigueur budgétaire et critères de convergence de Maastricht détruisent le logement social comme tous les services publics. C’est maintenant le droit au maintien dans les lieux qui est
attaqué, comme en France avec la loi Boutin. Comme pour l’emploi, les protections sociales seraient la cause de la crise du logement. Pourtant des pays comme la Finlande, l’Allemagne, le
Danemark, connaissent une moindre crise du logement et ont plus de protections.
Avec les mesures de défiscalisation et d’accession à la propriété, une fois encore, les aides profitent aux plus riches et favorisent les entreprises privées.
Le logement c’est un droit !
Les services publics sont une richesse sociale, battons-nous pour les garder !
Une Europe écologique - Sauver le climat, pas les pollueurs !
L’Europe actuelle est une énorme consommatrice d’énergie, produisant des déchets nucléaires et dégradant le climat.
Le réchauffement global est, avec le nucléaire, une des plus grandes menaces pour l’humanité. Le paquet climat-énergie de l’UE préconise des objectifs inférieurs aux recommandations des
climatologues et vise surtout à délocaliser dans les pays du Sud la réduction des gaz à effet de serre.
L’Europe que nous voulons doit organiser une véritable révolution énergétique, une rupture avec les modes actuels de production, de consommation et de transport.
Gratuites pour les usagers, ces mesures devront être financées par une taxe sur les profits du secteur énergétique. Cela permettrait de créer plus de 800 000 emplois dans la rénovation et les énergies renouvelables et des dizaines de milliers d’autres dans les transports en commun. Avec une telle politique volontariste, nous pourrions parvenir à une réduction de plus 40 % des gaz à effet de serre en 2020 et envisager une sortie du nucléaire en dix ans.
Une Europe écologique, des transports au service des besoins et de l’environnement...
Les moyens de transport rapides et peu onéreux ont rendu possible une organisation de la production sans stocks, avec une pression toujours plus grande sur les salariés, créant une situation socialement désastreuse et écologiquement intenable. Le développement de la voiture individuelle a favorisé les politiques urbaines de relégation des classes populaires et a rendu la ville bruyante, polluée et dangereuse.
La crise de l’industrie automobile n’est pas seulement une crise financière et économique, mais la crise d’un modèle de société. Il faut y apporter des réponses immédiates et ouvrir des
perspectives à plus long terme. La première réponse est de garantir l’emploi, les contrats et les salaires des travailleurs de l’industrie automobile. Il faut préserver leur savoir faire et
l’outil de travail pour permettre les reconversions industrielles auxquelles ils doivent être pleinement associés.
La reconversion doit concerner les unités et collectifs de travail afin qu’ils puissent assurer la production de véhicules moins polluants et d’autres biens, utiles socialement et
écologiquement (moyens de transports en commun, rotors d’éoliennes…), sans attendre l’hypothétique invention d’une voiture propre.
Une Europe écologique - Défendre les paysans et les pêcheurs. Nourrir sans nuire...
La politique agricole commune, au service des agro managers et des industriels, a provoqué la dérégulation des marchés et la volatilité des cours, concentré les productions, détruit les sols, pollué l’eau, accentué la dépendance aux énergies fossiles et contribué au réchauffement climatique. Cette agriculture capitaliste et productiviste crée des rentes pour les riches exploitants, étrangle les petits paysans, désertifie les campagnes et produit des aliments nocifs pour la santé.
Les politiques européennes sur la pêche, en s’alignant sur le modèle néolibéral, ont accentué la surexploitation des mers en autorisant toujours plus de pêche industrielle. Elles n’ont su protéger ni l’équilibre de la biosphère, ni les pêcheurs face à la destruction de leur métier. Dans un contexte où les ressources halieutiques sont de plus en plus réduites, l’aquaculture prétend satisfaire la demande. Mais elle pose de nombreux problèmes sociaux et environnementaux. Elle met en difficulté les travailleurs de la mer, pollue et menace la biodiversité.
Une Europe des droits et de l’égalité / Une autre Europe, celle des droits des femmes...
La législation concernant l’avortement est très inégale en Europe. Il est toujours pénalisé en Irlande, en Pologne et à Malte et très limité en Italie et au
Portugal. Depuis la mobilisation contre le TCE, plusieurs pays ont révisé ou révisent leur législation : l’Italie remet en cause le droit à l’avortement, tandis que le Portugal a
dépénalisé l’avortement et qu’en Espagne, un avant-projet de loi de légalisation de l’avortement vient d’être déposé.
Nous exigeons le droit à l’avortement et à la contraception libres et gratuits dans toute l’Union européenne.
En France, trois femmes meurent par semaine sous les coups de leur conjoint. Nous voulons une loi cadre européenne contre les violences faites aux femmes, qui prenne en compte les violences
dans la famille et le couple, au travail, dans les lieux publics, les violences lesbophobes et la prostitution. Cette loi s’imposerait à tous les pays et lutterait contre les violences sexistes
dans toutes leurs dimensions : prévention, sanction, accueil et accompagnement des victimes, protection des victimes, garantie de leur revenu et de leur droit au séjour, accès au
logement.
La loi établissant l’égalité salariale entre hommes et femmes figurait déjà dans le traité de Rome de 1957 instaurant la communauté européenne. Plus de 50 ans plus tard, ces inégalités sont
encore de 20 à 35 % selon les pays. Une part de cet écart salarial est reconnue comme relevant de la pure discrimination. Nous exigeons l’égalité salariale maintenant, avec un rattrapage des
salaires des femmes, seul à même de résorber les inégalités.
La division sexiste des tâches fait reposer sur les femmes les tâches d’éducation et de garde des enfants ainsi que la prise en charge des personnes âgées. Les services publics, dans ces
domaines, sont remis en cause par les politiques de l’Union européenne en les soumettant à « la concurrence libre et non faussée ».
Nous exigeons le développement des services publics de la petite enfance et de soins aux personnes âgées et dépendantes.
Une Europe des droits et de l’égalité / Celle des droits des handicapé-es...
L’Union européenne compte près de 40 millions de personnes en situation de handicap soit 15 % de la population. Nombre d’entre elles vivent dans la misère, sous
le seuil de pauvreté (800 Ä/mois), ou survivent grâce aux solidarités familiales.
L’Union européenne a fait voter au parlement européen des textes anti-discriminatoires sur l’intégration scolaire en milieu ordinaire, sur l’égalité de traitement dans le domaine de
l’emploi, mais pousse en même temps aux restructurations drastiques dans le secteur médico-social, dans les services publics, dans l’éducation et revoit à la baisse les budgets de protection
sociale.
La prise en compte réelle du handicap en terme d’égalité et de solidarité, se trouve confrontée au libéralisme économique et aboutit de facto à une discrimination dans une Union européenne
basée sur la rentabilité de l’individu à tous les niveaux.
Les pays nordiques, dont la Suède, remettent progressivement en cause leurs politiques à forte connotation sociale, avec une participation importante du service public, par la restriction
drastique du nombre de bénéficiaires de ces mesures. Au Royaume Uni, l’allocation que touchent les handicapés se résume au « Bed and breakfast ». En Belgique, un plafonnement des
aides techniques et humaines a été instauré et aux Pays Bas un ticket modérateur a été mis en place.
Une Europe des droits et de l’égalité / Celle de l’égalité des droits, hétéros, homos, trans et
bi...
27 ans après la dépénalisation de l’homosexualité en France, le combat pour l’égalité est toujours à l’ordre du jour. Certes, l’homophobie et la transphobie sont
aujourd’hui reconnues comme des discriminations.
Une reconnaissance relayée au niveau des institutions européennes par une directive et des résolutions, mais qui ne sont dans de nombreux États que des déclarations d’intention sans réelles
conséquences et qui restent dans tous les cas bien en dessous des revendications du mouvement LGBTI.
Partout, se découvrir lesbienne, gay, bi, trans ou intersexe demeure une épreuve parfois très douloureuse. La situation en Europe est très hétérogène car la loi n’est aucunement contraignante
pour les états : de la reconnaissance du mariage dans l’Etat Espagnol et de l’adoption au Royaume Unis à l’interdiction des manifestations de visibilité interdites en Pologne ou en
Serbie, les droits des personnes LGBTI restent à géométrie variable.
Elle ne pourra aboutir que par le renforcement du mouvement LGBTI sur des revendications sans concessions, en prenant appui sur les législations les plus avancées en Europe. L’Union européenne
se fait la gardienne de l’ordre moral, refusant le vote qui ouvrirait le droit à la filiation.
Pour les jeunes, en Europe et dans le monde entier, ce système n’offre aucun avenir !
Les jeunes sont touchés encore plus violemment par les conséquences de la crise : augmentation du chômage, stagnation des salaires, emplois précaires. Dans
l’UE, le taux de chômage des jeunes est de 15,4 % . En France, il est de 19,4 %, en Grèce de 22,9 %.
Les jeunes touchent des salaires environ 40 % plus faibles que le reste des salariés. Pas étonnant qu’en Grèce on appelle « Génération 600 euros » les jeunes qui se sont révoltés en
décembre dernier. Les jeunes n’ont pas accès aux minima sociaux : RMI et allocations chômage sont réservés aux plus de 25 ans. Résultat, en France, 100 000 jeunes vivent en dessous du
seuil de pauvreté, plusieurs milliers sont obligés de se prostituer, ce sont eux que l’on retrouve maintenant le plus dans les banques alimentaires. Ils restent plus longtemps chez leurs
parents faute de pouvoir se financer un loyer.
Ils sont aussi plus touchés par la précarité. La majorité des premiers emplois sont des emplois précaires : CDD, stages, intérim. La crise renforce encore ce phénomène. Les entreprises
n’embauchent plus d’intérimaires, ne renouvellent pas les CDD.
Non à l’Euro répression
Présenté quelques jours après les attentats du 11 septembre 2001, dans un climat d’inquiétude propice à toutes les manipulations de l’opinion publique, le
« Mandat d’arrêt européen » est adopté le 13 juin 2002. Il se substitue aux accords d’extradition entre États, et permet ainsi la traque des opposants politiques sans possibilité
de recours.
Par ailleurs, avec cette nouvelle disposition, chaque pays de l’UE est dans l’obligation d’intégrer une législation anti-terroriste dans son code pénal. Très utilisé par l’État espagnol contre
les nationalistes basques (systématiquement torturés dés qu’ils sont remis aux autorités), d’autres pays, comme l’Allemagne et l’Italie, ont eu recours à cet outil juridique pour persécuter
d’anciens opposants politiques.
Nous ne voulons pas de cette Europe des flics et de la répression.
Une Europe de solidarité et de paix / Contre l’Europe forteresse !
L’Europe actuelle est une véritable forteresse, où la situation des immigrés ne cesse de se compliquer. Le pacte sur l’immigration a été adopté à l’unanimité des 27 gouvernements (de droite ou de gauche) en septembre 2009 et durcit les lois anti-immigrés. Cette politique vise à une « gestion concertée des flux migratoires », c’est à dire à pouvoir utiliser la main d’œuvre étrangère du Sud au bon vouloir des besoins des capitalistes européens. Les immigrés sont transformés en main d’œuvre jetable, à utiliser en cas de besoin, puis dont on se débarrasse. C’est la fameuse « immigration choisie ».
Par ailleurs, en juin dernier, le Parlement européen votait la « directive de la honte », qui permet de porter la durée de rétention pour les sans-papiers à dix-huit mois. Cette politique défendue par le gouvernement français, mène à l’objectif de reconduire 29000 personnes à la frontière en 2009, pour un coût total estimé à deux milliards d’Euros ! Cela se traduit par la chasse à l’enfant, le harcèlement de milliers de personnes, les camps de rétention, des milliers de morts en Méditerranée et maintenant la criminalisation de tous ceux qui sont solidaires des sans papiers.
Aujourd’hui, le dispositif Frontex permet une action répressive au-delà des frontières, en organisant la répression directement en Afrique. Des patrouilles
européennes sont ainsi organisées avec l’armée libyenne en Méditerranée. Au nom du co-développement, l’Espagne (dirigée par un social-libéral) finance des camps de rétention en Mauritanie, où
elle renvoie des sans-papiers. La future « carte bleue » européenne (en référence à la green card américaine) ne servira qu’à ficher davantage les immigrés et à restreindre les droits
au travail et au regroupement familial.
Les classes dirigeantes européennes ne vont pas hésiter à faire payer la crise aux immigrés et à jouer la carte de la division raciste, désignant des boucs
émissaires et cherchant à « diviser pour régner ». Berlusconi mène ainsi une campagne anti-Roms et cautionne de véritables pogroms.
Nous ne voulons pas de cette Europe. Au contraire, nous voulons une Europe ouverte à toutes et à tous, anti-raciste, multiculturelle, et demandons la suppression de
toutes les lois racistes et discriminatoires.
nous exigeons :
Pour une Europe de la Paix...
Une Europe de la paix exige le retrait de toutes les troupes européennes des guerres menées contre les peuples en Irak ou en Afghanistan, l’arrêt du soutien aux
dictatures en Afrique et la suppression de l’OTAN.
Nous exigeons qu’il soit mis fin à l’ingérence inadmissible des pays européens, et notamment la France, dans la gestion du conflit Libano Israélien. Le temps du mandat est terminé, c’est au peuple libanais, et à lui seul, de décider de son avenir.
nous exigeons :
Les déploiements de la Force européenne (Eufor) sur le continent africain n’ont globalement apporté aucune véritable aide aux populations ni permis de résoudre aucune crise humanitaire ou politique. Initiées et constituées majoritairement par la France (qui compte plus de 11 000 soldats, soit près d’1/3 de son armée, en Afrique), ces opérations ne servent généralement qu’à démontrer les capacités militaires européennes, à protéger les intérêts géopolitiques et économiques des pays de l’UE et de leurs multinationales ; tout en permettant de stabiliser les pouvoirs autoritaires africains qui leurs sont alliés. Ce fut le cas en République démocratique du Congo en 2006, ainsi qu’au Tchad et en Centrafrique en 2008.
c’est pourquoi nous exigeons :
Pour une véritable Europe solidaire...
L’Union européenne participe à la domination des pays du Sud de la planète, celles d’une poignée de pays riches contre une majorité de pays pauvres. Nous voulons
une politique de désarmement, l’annulation de la dette, une politique de collaboration fraternelle et solidaire avec les peuples des pays du Sud.
Le « co-développement européen » n’est que de la poudre aux yeux qui masque la réalité des rapports Nord/Sud et le pillage mené par les grandes puissances, dont la France. Les gens
migrent pour fuir la misère et la guerre. L’Europe libérale peut élever les barbelés à Ceuta et Mellila, affréter plus de charters, cela ne changera pas le fait que, par la dette, les plans
d’ajustement structurel, les ventes d’armes, elle pousse de plus en plus de gens à fuir vers le Nord. On voit bien toute l’hypocrisie du marché qui prône la liberté totale de circulation pour
les capitaux et les marchandises, mais la refuse aux êtres humains.