Position 2 : Face à la crise, une politique pour renverser le capitalisme...

La crise mondiale du capitalisme est désormais bien là. Finis les beaux discours qui nous chantaient que le capitalisme est le meilleur système possible, qu'il suffit d'en corriger les excès pour permettre le progrès de la société, au bénéfice de tous. Partout dans le monde, les ravages de la crise s'étendent.

Renflouant les banques et les entreprises à coups de milliards puisés dans les fonds publics, les gouvernements bourgeois n'ont gagné qu'un répit, d'ailleurs au prix d'une augmentation spectaculaire de l'endettement. Partout à l'ordre du jour : chômage, baisse des salaires, remise en cause des acquis arrachés par les générations ouvrières précédentes ... L'absurdité du système capitaliste s'étale au grand jour : d'un côté on manque de tout, de l'autre on produit trop.

Mais le prix à payer pour le maintien du capitalisme, de l'économie de profit, ne se limite pas à cela. L'anarchie capitaliste, son incapacité à planifier l'utilisation des ressources naturelles, font courir les plus grands risques à la planète elle-même. Du réchauffement climatique à la pollution atmosphérique, on pourrait multiplier les exemples.

La conclusion s'impose d'elle-même : face à la crise générale du capitalisme, il n'existe pas d'autre choix que de tout faire pour en finir avec ce système.

Partie I :La lutte des classes s’accélère

Aux origines de la récession

La crise économique qui s'est déclenchée en 2007 n'est pas un accident. Elle est au contraire inscrite dans le fonctionnement même d'un système dont le moteur réside dans les profits d'une minorité privilégiée.

Pour comprendre ce qui se déroule, on doit remonter aux conditions de l'après-guerre. L'impérialisme US émergea alors comme la puissance dominante, quasi hégémonique. Il lui revint alors d'impulser la reconstruction - ce furent les « 30 glorieuses ». La supériorité américaine permit d'imposer aux autres puissances capitalistes les institutions économiques et politiques qui servaient le mieux les intérêts US, en assurant notamment la prééminence du dollar.

Mais pour sauver le système entier, l'impérialisme américain fut forcé d'assurer la relève de ses concurrents, redevenus de redoutables adversaires dès la fin des années 60. Dès cette époque, les taux de profits partent à la baisse.

En 1971, la convertibilité du dollar en or à taux fixe était abrogée - l'impérialisme US faisait ainsi endosser par ses concurrents sa politique monétaire. Entre 1971 et 1983, le volume des dollars en circulation décuple, son cours s'effondre, sans que cela ne puisse sortir l'économie mondiale du marasme. Surproduction, inflation et récession se combinent, avec les conséquences qu'on sait - avant tout la montée du chômage au sein des principales puissances impérialistes.

Face à un effondrement imminent, les bourgeoisies impérialistes entament dès 1978 un « tournant monétariste », sous la houlette de Thatcher et Reagan. Il sera étendu de proche en proche à tous les pays occidentaux. L'idée était de garantir la stabilité monétaire afin de créer les conditions de la reprise de la production. Évidemment, cette politique impliquait de s'attaquer sans merci aux acquis dont avaient pu bénéficier les classes ouvrières occidentales depuis 1945, ce qui fut fait partiellement. Elle impliquait aussi de mener une véritable politique de pillage des pays dominés, ce qui eut des conséquences dramatiques en Amérique Latine ou en Afrique.

Il est évident que cette politique a eu des effets désastreux pour les diverses classes ouvrières occidentales. Les taux d'exploitation n'ont pas cessé de grimper et les profits avec eux, au détriment des salaires.

Mais la contraction de la demande induite par cette politique a interdit une reprise tirée par l'investissement et la consommation. En limitant les capacités d'achat de larges couches de la population mondiale, le capitalisme réduisait encore plus les débouchés à ses marchandises, accentuait la suproduction récurrente. Bien que nombre de besoins humains élémentaires ne soient pas satisfaits, la société produisait trop de marchandises relativement aux lois de la propriété privée des moyens de production !

En d'autres termes, ni les politiques « de relance », ni celles « de rigueur » ne furent en mesure de relancer la machine capitaliste sur des bases assainies.

Dès lors, c'est par le recours aux capitaux fictifs, à un endettement de plus en plus fantastique, à la financiarisation à outrance, que le système capitaliste a pu se survivre à lui-même.

Tout le problème est qu'un tel mécanisme ne peut durer indéfiniment. Dès lors, on comprend mieux la répétition des crises qui ont rythmé l'actualité depuis 1987.

Crise économique...

A l'origine immédiate de cette crise, il y a la surproduction de logements, évidente dès 2005 aux États-Unis. Mais il faut rappeler que cette situation est elle-même le produit de la politique économique mise en œuvre à partir de 2002 pour échapper aux conséquences du krach dit des « Nouvelles Technologies ».

Partant de l'immobilier, la crise s'est ensuite déployée au secteur bancaire : les livres de compte des grandes banques regorgeaient de créances douteuses. Dans ces conditions, les États ont dû intervenir et financer sur fonds publics le sauvetage de nombre d'établissements. D'où la montée en flèche de la Dette publique dans la quasi-totalité des pays développés.

La crise en cours est la plus grave depuis celle de 1929 - rappelons que celle-ci ne fut en définitive résolue que par la 2° guerre mondiale et les destructions qu'elle causa. Il n'y aura pas de « reprise » sans dommages. Il est au contraire déjà certain qu'une période de récession durable est devant de nous.

Tout ceci donne une idée de l'offensive en gestation contre les travailleurs. Aucun acquis, aucune position du mouvement ouvrier ne sera à l'abri. C'est à des affrontements de classe d'ampleur historique qu'il faut nous préparer.

D'autant plus qu'en ce qui concerne les vieilles puissances impérialistes d'Europe, ce qui est en jeu, c'est tout simplement la préservation de leur place à l'échelle du monde face à de nouveaux et redoutables concurrents.

... et environnementale

Évidemment, la crise économique se combine avec les dommages que le mode de production capitaliste inflige à la planète jour après jour. La « libéralisation » en cours depuis les années 80 a d'ailleurs été un puissant encouragement au pillage systématique des ressources naturelles.

Tout le monde sait ce que signifie le réchauffement climatique, la pollution atmosphérique, etc. Les résultats du sommet de Copenhague illustrent une fois encore que ce n'est pas du côté des gouvernements, de l'ONU - ce syndicat mondial des impérialismes - qu'on trouvera réponse à cette nécessité.

L'Humanité risque de payer le prix fort pour la survie du capitalisme. Seul un mode de production basé sur la planification sociale des ressources pourra assurer la préservation des conditions d'existence sur la planète.

La seule perspective : le Socialisme !

C'est bien de faillite - sociale, économique, environnementale... -, dont il faut parler à propos du capitalisme. Rien n'est plus urgent que d'en finir avec un tel système.

A la racine de cette faillite, il y a le capitalisme et ses exigences. Ce mode de production est mû par le profit, et rien d'autre. En permanence l'intérêt collectif se heurte aux exigences des capitalistes, à leur soif de profits - qu'il faut obtenir le plus rapidement, le plus facilement possible. Rien d'autre ne compte et certainement pas l'intérêt collectif.

C'est pourquoi nous affirmons : la priorité doit être à la satisfaction des besoins sociaux. Il faut organiser l'économie sur une autre base que la propriété privée : celle de la propriété collective des moyens de production et d'échange. Seul un tel système permettra que la production soit conduite de manière planifiée, en partant des besoins sociaux, de la nécessité de préserver les équilibres naturels.

La raison d'être du NPA est d'impulser l'activité politique qui rende possible la rupture avec l'économie de profit et la mise en place d'un gouvernement des travailleurs, pour exproprier le Capital et aller vers le Socialisme.


Partie II : Nos mots d'ordre pour les luttes

Face aux compromissions de la gauche libérale

Les principaux partis de gauche et les directions syndicales s'accordent aujourd'hui pour accepter le capitalisme comme seul système économique possible.

Dans le contexte de la crise, ils expriment un accord général avec les mesures envisagées par la classe dominante. Leurs propositions se limitent à les atténuer à la marge pour les rendre acceptables à une partie des travailleurs. L'acceptation par les directions du PS et de la CFDT du recul de l'âge de départ à la retraite et de l'allongement de la durée de cotisation, tout en déclarant s'opposer à la réforme actuelle, est représentative de cette logique.

Les partis du Front de Gauche préconisent une politique « keynésienne » fondée sur la « relance par la consommation ». Dans un système fondé sur la concurrence, en pleine récession, c'est tout simplement utopique, tout en servant à justifier le refus de remettre en cause la capitalisme : pour les capitalistes, augmenter les salaires signifierait être pénalisés dans la concurrence internationale, développer les services publics signifierait laisser filer la dette à un niveau qui amèneraient les États à la banqueroute. Pour maintenir un niveau de vie, des conditions de travail minimums, il faudra une rupture avec la logique des profits, de la concurrence, du marché.

Les tentatives d'utiliser l'Etat, les institutions, dans le cadre du système actuel pour obtenir des avancés pour les travailleurs sont une impasse. Le compromis social entre la bourgeoisie et les directions du mouvement ouvrier qui a abouti à la Sécurité sociale et à une amélioration des conditions de vie et de travail (congés pays, baisse du temps de travail…) était le produit d'une configuration très particulière, entre menaces de révolution, poids de l'URSS, sortie de la guerre et croissance économique continue des « Trente Glorieuses ». La situation actuelle n'a rien de commun, seules les luttes permettront d'obtenir des avancées pour les travailleurs.

De plus, les luttes constituent une expérience irremplaçable pour contester le système capitaliste. En effet, le système se maintient par une pression sur les travailleurs, par un fonctionnement qui les maintient en dehors des décisions, ne leur laissant que l'impression d'être passifs et d'être des exécutants. Dans leurs luttes, au contraire, les travailleurs font l'expérience de leur force et de leur rôle central dans la marche de la société.

Un programme d'action pour les travailleurs

Pour toutes ces raisons, la tâche première du NPA est de proposer un programme de lutte qui permettra aux travailleurs de rassembler leurs expériences, de s'organiser pour construire des luttes de masse. Mais notre objectif va au-delà : il s'agit aussi de construire les luttes d'aujourd'hui en leur donnant la seule perspective politique viable pour la majorité, le socialisme. C'est le sens d'un programme de transition : lier les luttes d'aujourd'hui à la perspective d'un changement de société. Nos revendications partent donc des mots d'ordre et des discussions qui sont repris dans les luttes, mais se situent aussi un pas en avant, pour poser le problème du contrôle par les travailleurs, de la propriété privée des moyens de production, de l'Etat.

Il ne s'agit pas de construire un catalogue de revendications, mais de mettre en avant quelques points qui répondent à la crise du système, aux préoccupations de la majorité des travailleurs et de la jeunesse et sont liées aux luttes.

Contre les licenciements, pour de vrais emplois pour tous, avec des salaires décents

La pression du chômage et les bas salaires déterminent en grande partie les rapports de forces entre travailleurs et classe dominante. Ils déterminent aussi les conditions de vie de toute la population travailleuse. Nous devons imposer des mesures de sauvegarde de l'emploi et des salaires :

. l'interdiction des licenciements, qu'ils soient liés à des délocalisations, des réductions d'effectifs, des faillites ou des fermetures de filiales.

. La transformation de tous les emplois précaires en emplois stables (CDI, statut de fonctionnaire…).

. Le partage du travail entre tous par la réduction du temps de travail hebdomadaire sans perte de salaire, avec embauches correspondantes jusqu'à disparition du chômage.

. 300 euros d'augmentation pour tous et pas un salaire en dessous de 1 600 euros nets.

. Échelle mobile des salaires.

. Un pré-salaire d'autonomie, à hauteur du SMIC, pour les jeunes.

Ces mesures ne peuvent être que le résultat d'un rapport de force global, de mobilisations d'ensemble du monde du travail et de la jeunesse. Elles sont un cap à défendre dans les mobilisations sectorielles.

Défendre et développer la protection sociale

Les réformes des retraites et de la sécurité sociale montrent que la bourgeoisie souhaite réduire la part des richesses qui va aux salariés, par le biais du salaire socialisé, des cotisations sociales. La bataille se réalise actuellement sur le problème de la répartition, à travers les mobilisations contre les réformes gouvernementales. Nous continuons à défendre 37, 5 années de cotisations, la retraite à 60 ans et à 55 ans pour les professions pénibles, et pas une retraite en dessous de 1 500 euros. Mais cette revendication n'a de sens qu'en arrêtant les exonération de cotisations patronales, au contraire en les augmentant ; elle n'a de sens qu'en rendant aux travailleurs le contrôle des caisses de la Sécurité sociale dans le cadre d'organisme élus. Ces caisses devraient répondre à un principe de remise en cause de la logique capitaliste : c'est aux travailleurs seuls de décider de l'utilisation des richesses produites.

Contre le racisme et la répression policière

Les politiques racistes et répressives ont pour objectif de construire une Union sacrée autour de la République et de diviser les couches populaires, en rendant infréquentables les « classes dangereuses ». Elles visent à d'écraser la main-d'œuvre immigrée sous la pression. Elles permettent aussi de réprimer les mouvements sociaux.

. Nous revendiquons la liberté de circulation, d'installation, de travail pour les étrangers, la régularisation de tous les sans-papiers, la suppression des polices municipales et des BAC, le désarmement de la police, la suppression des sociétés de vigiles privés.

. Nous sommes favorables à l'organisation par les travailleurs, dans le cadre des mobilisations, de leur propre défense.

. Nous encourageons la méfiance vis-à-vis de la police, de la justice et de l'armée, et nous dénonçons en permanence leur rôle : maintenir le système actuel en place.

En finir avec la mainmise de la bourgeoisie !

La crise actuelle a été déclenchée et empire en raison de la mainmise de la bourgeoisie financière sur l'économie. Il faut en finir avec le pouvoir des banques et des grandes entreprises.

Il est indispensable, pour empêcher le développement de la crise, d'imposer le refus de payer la dette publique.

Il faut imposer la fusion de toutes les banques en une seule, contrôlée par les travailleurs et la population, notamment par la levée du secret bancaire, commercial et industriel.

Il faut mettre en place un contrôle des prix par la population organisée.

Préserver la planète

Le dégoût suscité par la désinvolture avec laquelle la classe dominante menace la survie même de l'humanité, a fini par pénétrer les consciences au sein de notre classe et par ajouter au sentiment de révolte latente qui progresse chez les opprimés.

L'ampleur de la crise écologique en fait une question centrale : de l'apparition exponentielle des cancers et des maladies auto-immunes, en passant par l'accumulation des déchets nucléaires, et la déforestation jusqu'à l'urgence climatique, il y a urgence !

La grande majorité des courants « écologistes » acceptent globalement le cadre du capitalisme et n'ont d'autres perspectives que de s'en remettre au bon vouloir de ses dirigeants capitalistes. C'est s'interdire de s'attaquer aux racines de la situation.

A l'inverse, nous cherchons à relier en permanence la question sociale et les préoccupations environnementales, dans une perspective de rupture avec l'économie de profit.

Nous revendiquons notamment :

Un plan de reconversion de l'outil énergétique des énergies fossiles (notamment nucléaires) vers des énergies renouvelables.

Le développement massif de modes de transport alternatifs à la route.

Une politique de rapprochement des lieux de production et de consommation.

Au-delà, le NPA s'oppose aux conceptions visant à rendre les travailleurs responsables de la situation. Le mode de vie des travailleurs eux-mêmes n'est pas le principal responsable des désastres auxquels nous assistons - ce qui revient à dédouaner le capitalisme de ses responsabilités et à culpabiliser les victimes elles-mêmes !

Partie III : Comment imposer de telles mesures ?

Des mobilisations de masse de la classe ouvrière et de la jeunesse sont nécessaires

La mobilisation du monde du travail est cruciale pour changer le rapport de forces. Des luttes d'ensemble comme décembre 95, le CPE ou les 44 jours de mobilisation aux Antilles montrent qu'il est possible de faire reculer le gouvernement, quand un secteur cherche à entraîner tous les autres. La mobilisation sur les retraites montre que les liens interprofessionnels sont utiles pour donner confiance aux salariés, du moment qu'ils ne sont pas vus comme un supplétif à la construction des luttes par secteur.

Les dernières mobilisations de masse, contre le CPE, aux Antilles ou contre la réforme des retraites nous éclairent sur bien des points concernant les mobilisations. La mise en mouvement par les principales organisations syndicales autour d'un point précis a joué un rôle déclencheur. Mais c'est la pression des masses, par le nombre de manifestants et les départs en grève reconductible qui ont maintenu la vapeur.

Notre objectif est d'entraîner la majorité de la classe ouvrière dans l'action pour lui redonner confiance et faire en sorte que les luttes puissent déborder le cadre fixé par les directions réformistes. Militer dans les cadres unitaires doit servir à renforcer notre camp social sans renoncer à défendre notre propre orientation.

Pour gagner sur toute la ligne, pour gagner sur les revendications et poser la question du pouvoir, des étapes supplémentaires doivent être franchies : la construction de cadre d'auto-organisation professionnels et interprofessionnels qui jouent un rôle de direction pour le mouvement, l'entrée de plus large secteur dans la grève reconductible, non seulement pour bloquer l'économie, mais aussi pour permettre un développement de la conscience et une politisation du mouvement. L'enjeu est que se posent les questions de qui décide, qui contrôle, qui organise la production, c'est-à-dire la question du pouvoir.

Une rupture avec l'ordre existant, un gouvernement des travailleurs

Les mesures anticapitalistes, ou transitoires que nous proposons ne peuvent pas être imposées à la classe dominante par quelques mobilisations limitées. Un très haut niveau de rapport de forces, une grève générale sont nécessaires pour les rendre envisageables.

Ces mesures ne peuvent pas être intégrées par le système capitaliste, car elles signifieraient la suppression de la domination de la bourgeoisie, le désarmement de l'Etat. Leur mise en place complète ne peut être que le résultat d'un processus, d'un plan de rupture avec le système. Pour imposer une telle rupture avec la loi du marché, la propriété privée des moyens de production, l'oppression de l'Etat, il faudra une formidable impulsion, un gigantesque rapport de force en faveur de la classe des travailleurs, ainsi qu'une large prise de conscience de celle-ci de ses intérêts propres. Avec la claire volonté d'imposer un gouvernement des travailleurs issu des mobilisations de masse.

Nous sommes favorables à la proportionnelle intégrale, à la suppression du Sénat dans le système actuel, mais il ne peut y avoir de continuité institutionnelle entre le pouvoir nécessaire pour changer la société et le pouvoir actuel. Il devra balayer la « vieille machine d'Etat ». Dans le cadre de grands affrontements sociaux, probablement d'une grève générale, les structures d'organisation des travailleurs en lutte devront concurrencer puis défaire celles qui sont liées à cette société et à sa classe dominante.

Le gouvernement ainsi construit et les travailleurs mobilisés mettront en place les mesures de rupture avec le système, organiseront une planification de l'économie pour pourvoir aux besoins de la population tout en étant écologiquement viable. Ils ouvriront la voie vers une organisation sociale incomparable avec le système actuel, basée sur la satisfaction des besoins sociaux, la fraternité, la sauvegarde de la planète.

Une Europe des travailleurs et des peuples

Notre projet de société ne peut pas se limiter aux frontières nationales. Les plans d'austérité actuels sont coordonnés à l'échelle européenne, les économies nationales sont interdépendantes. L'Europe est bien la bonne échelle pour avancer des solutions à la crise. C'est à ce niveau que doit se déployer un projet de coopération étroite dans la mise en commun des ressources humaines et technologiques, des besoins sociaux, de projets industriels, d'innovations portées par les économies d'énergies, la substitution vers les énergies renouvelables et la protection de l'environnement, de nouvelles relations avec les peuples du Sud. Mais cela ne peut se faire dans le cadre de l'Union européenne qui est fondée sur la « concurrence libre et non faussée » des capitaux et la recherche du profit maximum. Cela ne peut se faire non plus dans le cadre de replis nationaux, même si la lutte peut commencer sur le plan national, en y ouvrant des brèches dans la domination capitaliste. Il faut une réponse européenne à la crise, en rupture avec l'Union européenne. La crise exige des solutions radicales sur le plan socio-économique comme sur le plan démocratique. Il faut mettre à bas le type de construction européenne faite à ce jour, rejeter les traités européens, démanteler les institutions actuelles et ouvrir un processus constituant pour une nouvelle Europe des travailleurs et des peuples, vers les États-Unis socialistes d'Europe.

Contre le militarisme et l'impérialisme, pour un renouveau de l'internationalisme

Alors que tous les gouvernements prêchent et imposent rigueur et austérité à la population, les dépenses militaires ne cessent de progresser. Le développement de l'économie de marché et du libéralisme à l'échelle mondiale à un niveau jamais vu s'accompagne d'une montée du militarisme, du maintien du monde dans un état de guerre chronique. Pour s'assurer le contrôle des sources d'approvisionnement en matières premières, en pétrole comme des circuits des échanges, pour maintenir leur domination contre les peuples et tenter de maintenir un équilibre mondial que leur politique déstabilise en permanence, les USA et leurs alliés, regroupés dans le cadre de l'OTAN, accroissent leur pression militaire. Au cœur de cet affrontement, l'Afghanistan est le théâtre d'une guerre sans fin, comme encore en Irak ou au Moyen-Orient contre le Peuple palestinien. La France exerce toujours sa domination sur la majeure partie de l'Afrique, avec de multiples pillages et coups d'État.

Nous ne voulons pas payer pour leurs guerres impérialistes, nous voulons mettre fin à ce gaspillage humain et à ces destructions. Nous plaçons au cœur de notre combat, le combat contre la guerre, pour le retrait de toutes les troupes françaises d'Afrique, d'Afghanistan, le combat pour le droit des peuples à disposer d'eux même.

Partie IV : un parti pour le socialisme

Des luttes partielles au renversement du capitalisme

La crise actuelle va sans doute favoriser le développement de situations explosives. Mais celles-ci ne se traduiront pas forcément par des grèves générales ou n'auront pas nécessairement un caractère révolutionnaire. Face au rouleau compresseur des attaques et à l'immobilisme de la gauche, il est aussi possible que l'on traverse des périodes de démoralisation. De plus l'offensive idéologique raciste et réactionnaire peut aussi toucher les travailleurs en l'absence d'un parti de masse qui donne une perspective pour en finir avec le capitalisme. Dans cette période, le NPA doit être une boussole : il s'agit d'organiser les travailleurs et la jeunesse pour construire le rapport de forces, pour limiter les reculs et obtenir des victoires, et pour remettre la perspective socialiste au centre de nos luttes. Nous devons être ceux qui rassemblent largement les travailleurs, loin des querelles politiciennes de ceux qui ne veulent que gérer le système.

C'est pourquoi le rôle du NPA et de ses militants (en particulier dans les entreprises et les syndicats) est de discuter et proposer un plan de lutte dont les travailleurs peuvent se saisir pour construire et étendre leurs luttes, avec en ligne de mire la perspective du renversement du capitalisme. De nombreuses luttes isolées ont lieu, des mobilisations masse sont déclenchées régulièrement (CPE, retraites…), mais les directions syndicales encadrent ces luttes pour qu'elles débordent le moins possible le cadre de journées d'action, et qu'elles ne prennent en aucune mesure un tour politique. Les militants révolutionnaires doivent saisir toutes les occasions pour discuter de la nécessité d'une grève générale pour contrer le gouvernement. Le rôle d'une direction conséquente pour les luttes est d'expliquer le caractère inévitable d'une épreuve de force entre les classes et contre le gouvernement et d'utiliser les journées d'actions pour construire un blocage de l'économie par la grève générale. Cela passe par la construction et la politisation de toutes les luttes sociales. Cela implique donc de prendre en compte le niveau de conscience politique des travailleurs et de la jeunesse. En partant de leurs préoccupations on doit discuter et développer un programme qui permette de réellement en finir avec les attaques incessantes des classes dirigeantes et de leurs gouvernements.

C'est en commençant par contrôler leurs luttes que les travailleurs peuvent se préparer à diriger toute la société. La construction de comités de grève élus, l'organisation d'AG pour prendre les décisions collectivement, le lien avec les autres entreprises... sont des éléments cruciaux à défendre dans les luttes pour que les travailleurs fassent l'expérience de leur propre force et contrôlent leur lutte. Car ces organes de contrôle peuvent poser les bases qui permettront aux travailleurs d'établir des situations de double pouvoir, qui à leur tour peuvent leur permettre de prendre le pouvoir en tant que classe, en débouchant sur la mise en place d'un gouvernement ouvrier.

Pour le socialisme

La nouvelle période ouverte par la crise est pleine de difficultés, mais aussi de défis pour les travailleurs et la jeunesse. La crise du capitalisme démontre l'impossibilité pour ce système de satisfaire les besoins de tous. Parce qu'il est basé sur la loi du profit, la division de la société en classes et la propriété privée des moyens de production, il ne peut que fonctionner dans l'intérêt d'une minorité de privilégiés en exploitant la majorité. Les conséquences de ce fonctionnement causent tous les jours des centaines de milliers de victimes (guerres, famines, oppressions de tous types...) Pourtant les richesses existent pour permettre de nourrir, loger, soigner, éduquer... tout le monde.

A nous d'en faire la démonstration. A nous de montrer que pour construire une société qui mette la satisfaction des besoins de tous au centre de son fonctionnement, il faut en finir avec le capitalisme et sa loi du profit. A nous d'encourager, de contribuer à montrer que les travailleurs peuvent prendre en main l'économie pour la gérer dans l'intérêt de tous. La fin de la propriété privée des moyens de production, permettra de planifier la production en fonction des besoins humains et écologiques et non en fonction du profit. La crise actuelle montre l'urgence d'une révolution socialiste pour en finir avec le capitalisme. C'est le sens du combat du NPA.

 

Document présenté par la position 2