Congrès de fondation : un pas décisif...
Le congrès va se dérouler dans un contexte particulier, un contexte pour partie imprévu et qui semble encore renforcer les traits de la situation qui a produit l’initiative prise par la LCR et la dynamique qui s’en est suivie. Les coordonnées en sont connues, ce sont celles d’une crise majeure et multiforme du capitalisme, la crise économique la plus grave sans doute depuis celle de 1929, cumulée à une crise écologique sans précédent provoquée par la course au profit immédiat qui met la planète elle-même en danger, cette double crise produisant déjà, et plus encore dans les mois qui viennent, des effets sociaux (récession, chômage technique, licenciements, crise énergétique…) et politiques (avec l’entrée en crise des modes de régulation et de domination mis en place par ceux qui défendent le système) en cascade.
À ce contexte international, est venue s’ajouter l’horreur de l’agression israélienne contre la population de Gaza, enfermée dans une prison à ciel ouvert, et face à elle, la scandaleuse apathie diplomatique mais heureusement aussi la force du mouvement de solidarité, y compris en France, où le NPA joue un rôle non négligeable. En France, le climat social semble changer en profondeur, avec la mobilisation lycéenne entamée en décembre, qui marque le premier recul significatif d’un pouvoir qui avait prétendu en finir avec les grèves et les manifestations, et avec la perspective de la grève interprofessionnelle du 29 janvier.
Dans ce contexte, en écho à la fois à la crise du capitalisme et aux résistances qui se font jour, notre congrès fondateur doit permettre d’affirmer le NPA comme une force crédible, porteuse d’une alternative politique globale et partie prenante du mouvement social qui se développe face à la crise et à la politique du gouvernement, en posant la question essentielle : qui va payer la crise ? Les salariés, la population tout entière ou les fauteurs de crise eux-mêmes ?
Ce congrès est une étape fondamentale dans la construction du parti que nous nous sommes proposés de bâtir ensemble, le point d’aboutissement d’un processus déjà ancien pour certains, investis dès la première heure, un moment de découverte pour ceux et celles qui viennent de prendre leur carte.
Le congrès de fondation du nouveau parti anticapitaliste aura lieu les 6, 7 et 8 février à La-Plaine-Saint-Denis, dans la banlieue de Paris. Trois jours durant lesquels les délégués et les déléguées des comités du NPA venus de toute la France décideront, en fonction des assemblées électives locales qui les ont désignés, de ce que sera notre parti.
En effet, c’est au sein de ces assemblées électives qu’auront été débattus les textes fondateurs et le nom du parti. Ce sont les résultats des discussions et des votes de ces assemblées qui guideront les camarades qui participeront au congrès. Près de 600 délégués sont attendus pour fonder ensemble le nouveau parti. L’organisation est prise en charge par des camarades de la région parisienne et une commission mise en place au sein du comité d’animation national provisoire (CAN). Celui-ci, dans son ensemble, sera en charge de l’animation du congrès.
Les ordres du jour sont chargés. Du vendredi 9 heures jusqu’au dimanche 16 heures, c’est un congrès marathon qui nous attend mais qui sera, c’est certain, riche en débats et en échanges.
Défis majeurs...
Trois commissions travailleront en parallèle, afin de préparer la présentation des débats et des votes qui auront lieu en plénière. Pour que chacun puisse s’emparer des enjeux politiques, selon les divergences apparues, les principaux amendements discutés en commission seront ensuite présentés en plénière avec des interventions « pour » et « contre » avant chaque vote, sur la base de listes d’intervenants équilibrées et établies dans les commissions elles-mêmes. Les commissions prendront ainsi en charge la préparation nécessaire au vote et permettront à l’ensemble des délégués de pouvoir s’exprimer.
Enfin, deux groupes de travail finaliseront, à partir des candidatures remontées lors des assemblées électives, la liste de candidats et candidates proposés pour le comité politique national (CPN), ainsi que la liste des noms proposés pour le futur parti. Jusqu’ici, le CAN a pris en charge le déroulement du processus, en attendant de pouvoir élire nos instances.
Mais ce congrès est aussi et surtout un point de départ, l’acte de naissance d’une formation politique nouvelle, inscrite dans une période nouvelle avec devant elle des défis nombreux et majeurs à relever, une force politique appelée à s’élargir encore et à s’enraciner, dans les luttes, celles des salariés, des femmes, des jeunes, des privés d’emploi, des militants de l’égalité, dans les entreprises, les services publics et les quartiers populaires, à poursuivre le travail de rassemblement de toutes celles et de tous ceux qui veulent rompre avec le système, quelle que soit leur expérience militante.
Myriam Duboz, Ingrid Hayes.