Pour sauver la planète, sortez du capitalisme...
Hervé Kempf, Seuil, 154 pages, 14 euros.
Après Comment les riches détruisent la planète, le titre de ce nouveau livre du journaliste du Monde pointe à la fois l’imbrication des crises écologique et sociale, leur aggravation et l’urgence d’y apporter des réponses radicales.
L’auteur soutient ses démonstrations par des descriptions de situations ou de lieux qu’il a connus dans l’exercice de sa profession.
Et elles font mouche, les charges contre le personnel idéologique et politique de « l’oligarchie », les Rocard, Ferry et autres Allègre, pitoyables défenseurs bornés de la classe des prédateurs qui cherche son salut dans les mirages de la croissance verte !
C’est que notre espèce se trouve confrontée aux limites de la biosphère, qui ne peut plus absorber l’impact de l’activité humaine sans se détériorer.
Alors, il ne suffit plus de « stigmatiser le néolibéralisme », il faut « changer les déterminants fondamentaux du système actuel », et donc sortir du capitalisme.
Ce système est décrit sous des aspects originaux, comme l’hyperconsommation ostentatoire des riches érigée en modèle qui génère une frustration programmée.
Mais, au cœur de l’argumentation, il y a l’idée que le capitalisme, qui paraît surpuissant, est en réalité finissant et va « s’évanouir ».
La priorité est donc de mettre en place des alternatives fondées sur la coopération, « et non pas d’attendre, hébétés, qu’il se transmue en despotisme ».
Mais alors que, dans son précédent ouvrage, l’auteur consacrait des pages impressionnantes au renforcement de l’arsenal répressif, l’impasse est faite ici sur la réaction des capitalistes et de leurs affidés à l’extension des espaces autogérés et de « marchés régulés » (le mot planification n’apparaît pas).
L’expérimentation sociale est en effet primordiale, mais elle est lourde d’illusions si l’on espère que ce système s’écroulera de lui-même. Il faudra l’abattre, et donc se préparer à l’affrontement.
Pierre Vandevoorde.