Grande redistribution de la grande distribution chez Auchan !
"Ils offrent une dégustation chez Auchan "
(le Courrier Picard du 1er mars)
Une vingtaine de militants du Nouveau parti anticapitaliste ont ouvert les produits pour les proposer aux clients de l'hypermarché.
« Une petite chouquette ? » Face à la boîte tendue par l'une des militantes du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) qui a envahi les rayons du magasin Auchan Amiens Sud pour une dégustation sauvage, hier après-midi à Dury, cette cliente hésite à peine. « Je suis d'accord avec eux : la vie est trop chère, confie-t-elle. Je suis éducatrice, je fais donc partie de la classe moyenne, et c'est devenu très dur. »
S'appuyant sur un article de loi, « on a le droit de goûter avant d'acheter », assure la vingtaine de membres du NPA en ouvrant les boîtes des produits sous le regard médusé des passants.
Cette opération de « grande redistribution de la grande distribution » fait suite à une première organisée il y a un mois au magasin Carrefour d'Amiens-nord.
« C'est pas à nous de payer la crise ! » scandent les militants.
« C'est très bien, ils devraient faire ça plus souvent », approuve un couple en mordant dans des fraises.
« Tout le monde en a ras-le-bol de payer, payer, payer, confirment trois mamans spectatrices de la scène. On a l'impression que la crise a bon dos et qu'on s'en sert pour augmenter les prix. Mais nos salaires, eux, n'augmentent pas. »
Évidemment, ce manège n'a pas été du goût des vigiles, ni de certains salariés d'Auchan. « Je suis dégoûtée, ils ont saccagé le travail de mes employés », enrage une chef de rayon.
Dominique Dupont, directeur de l'hypermarché, tente de convaincre les intrus : « On a baissé les prix, venez voir ! », assène-t-il en emmenant ses interlocuteurs devant le rayon des primeurs, « où huit fruits et légumes sont en permanence à moins d'un euro ».
Après un défilé bruyant devant les caisses du magasin, les militants du NPA ont fini par partir.
« Je suis désolé parce qu'on va devoir jeter tous les produits périssables qu'ils ont ouverts et je trouve navrant qu'ils mettent à mal le travail de 500 personnes, qui vont devoir en payer les conséquences, en toute impunité », peut souffler Dominique Dupont.
Même si l'article 1587 autorise tout consommateur à goûter les denrées avant d'acheter, le directeur du magasin promet un dépôt de plainte.
« On va regarder les images de nos caméras car le problème, c'est qu'ils n'ont rien acheté. »
À la suite de la précédente action menée chez Carrefour, un membre du NPA était d'ailleurs convoqué vendredi au commissariat de police d'Amiens.
Gweltas Morice.