Antibes, droit au logement...
Article de Nice-Matin, édition du 07 mars 2009, sur le rassemblement pour un droit au logement pour tous, qui a eu lieu le 6 mars dernier devant la Mairie d'Antibes.
Le problème du logement s'invite au conseil municipal...
En arrivant au conseil municipal, Jean Leonetti était pris à partie par élus et militants pour le logement au sujet du cas d'une jeune mère de deux enfants qui dort à l'hôtel. « Depuis que je suis maire, je n'ai jamais laissé une mère célibataire à la rue ».
On ne peut enlever cela à Gérard Piel : il sait se saisir des combats et les mettre en valeur. Le plus souvent pour la bonne cause. Hier, donc, il voulait rappeler aux élus que de nombreuses familles antiboises risquent d'être expulsées (la trêve hivernale qui interdit les expulsions des locataires prend fin le 15 mars).
Le conseiller municipal et régional (PCF) voulait plus particulièrement attirer l'attention de la municipalité, et au premier chef celle du maire, sur le cas de Vanessa F. qui vit à l'hôtel avec ses deux petites filles de 7 et 3 ans depuis le 1er octobre.
« Au bout du rouleau »...
A 29 ans, l'Antiboise qui s'attend à être expulsée se dit au « bout du rouleau ». Et s'inquiète pour l'état de santé de sa fille aînée « qui depuis que nous logeons à l'hôtel fait des crises d'angoisse et est prise de tics. Plusieurs fois par semaine, sa maîtresse me demande de venir la chercher à l'école parce qu'elle défaille ». Hier, entourée de différents militants (1), elle attendait Jean Leonetti, à l'entrée de la chapelle Saint-Esprit, où se tenait le conseil municipal.
Et où la question allait évidemment être abordée. Dans cette chapelle souvent transformée en ring pour MM. Leonetti et Piel, le débat allait être, comme disent les ovaliens, viril mais correct. Cécile Dumas (PCF), attaquait la première. Revenant sur le budget primitif de la CASA, présenté aux élus, elle déplorait un texte qui « ne répond pas aux besoins de la population en matière de logement et de justice sociale ».
L'occasion pour le député-maire de réagir officiellement à son comité d'accueil : « Je rappelle à M. Piel qu'il avait déjà défendu le cas d'une personne sans-papier, et d'une autre dont les revenus mensuels étaient de 4200 euros. Et par rapport à la jeune femme que vous m'avez présentée, je ne veux pas entrer dans le détail de sa situation, mais je ne pense pas qu'il s'agisse du cas le plus dramatique que nous ayons à traiter à Antibes ».
Fin de non-recevoir...
Qu'il y ait pire ou pas, les portes ne se ferment pas pour Vanessa F. C'est ce que laissait espérer la conclusion de Jean Leonetti : « Depuis que je suis maire, je n'ai jamais laissé une mère célibataire à la rue ».
Fin de non-recevoir, en revanche, adressée à la motion des groupes PCF et PS-Les Verts. Les élus d'opposition proposaient que « le moratoire sur les expulsions locatives [soit] maintenu tant que la commune d'Antibes n'aura pas atteint le pourcentage de logements sociaux imposé par la loi SRU ». « Antibes n'est pas hors-la-loi rétorquait Jean Leonetti. Et renseignez-vous : le groupe communiste à l'Assemblée nationale classe la ville parmi celles qui font le plus d'effort en matière de logements sociaux ».
1.
On notait la présence des élus Michèle Muratore (PS) Pierre Aubry (Les Verts ), Cécile Dumas et Denis La Spesa (PCF), ainsi que de Jean-Pierre Cochart (secrétaire de section au PS), de la Confédération nationale du logement (CGL) et du Nouveau parti anticapitaliste (NPA).
Giesbert Aurélien.