Réintégration de la France dans l'OTAN...
Réintégration de la France dans l'OTAN : un débat joué d'avance...
C’est aujourd’hui que s’ouvre à l’Assemblée nationale le débat sur le retour de la France dans le haut commandement militaire de l’Otan.
Fillon va répéter ce que Sarkozy a déjà annoncé, décidé et négocié avec les Américains. Le vote est acquis d’avance, Fillon engageant la responsabilité du gouvernement. Le vrai débat se mènera ailleurs, en particulier dans la rue, à Strasbourg le 4 avril.
«Le moment est venu», a déclaré Sarkozy, le 11 mars, devant la Fondation pour la recherche stratégique où il annonçait officiellement le retour de la France dans le commandement militaire de l’Otan. L’argumentation est simple : « La France sait aussi qui sont ses alliés et qui sont ses amis : nos amis et nos alliés, c'est d'abord la famille occidentale. Les conditions de l'indépendance, c'est d'abord de savoir où est sa famille. » Rien de bien étonnant. Ce camp dit occidental renvoie étrangement à l’idée du « choc des civilisations ». Il désigne le camp des grandes puissances impérialistes pour lesquelles l’OTAN est un instrument politico-militaire au service de leur politique visant à perpétuer leur domination sur le monde derrière les USA.
« Rappelons-le : nous sommes membres fondateurs de l'Alliance atlantique, née il y a soixante ans exactement. Nous ne l'avons jamais quittée. Elle est et reste un élément central de notre politique de défense et de sécurité, avec un engagement fondamental : celui de l'assistance mutuelle en cas d'agression», répond Sarkozy aux critiques du PS ou d’une partie de la droite.
Et de rajouter « Il nous faut une Europe forte. Construire l'Europe de la défense et de la sécurité est une priorité absolue. L'Europe doit s'affirmer dans le monde, comme elle l'a fait l'été dernier dans la crise géorgienne. »
Il faut dire que les critiques du PS sont particulièrement timorées, voire franchement ridicules quand il invoque De Gaulle. Lorsque, en 1966, De Gaulle a quitté le commandement militaire de l’Otan, Guy Mollet dénonçait au nom du PS, avec le secours de Mitterrand, la politique « cocardière » et « de la chaise vide » du gouvernement gaulliste face à la menace soviétique !
Elles sont encore plus incohérentes quand il invoque la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), lui qui a participé à la signature du traité de Lisbonne qui stipule que la défense européenne doit être en tous points « compatible » avec les objectifs politiques et militaires de l’OTAN. Son article 28 dit : « (…) les engagements et la coopération dans ce