RESF 06 : BRAVO aux délinquants solidaires !!!
A Nice, à 17h, les marches du Palais de Justice étaient pleines de monde.
Près de 500 personnes se sont réunies pour se déclarer "délinquants solidaires".
Pendant qu'était lue la liste nominative des presque 400 "aidants" locaux, un
petit groupe d'identitaires niçois (groupuscule d'extrême-droite local) est
arrivé en hurlant.
500 voix ont alors entonné la phrase suivante :
"Nous sommes tous des enfants d'immigrés".
Pendant presque 10 minutes, nos voix et nos applaudissements ont
couvert les hurlements racistes. Beau moment d'émotion.
Puis, la manifestation a repris son déroulement serein, avec des témoignages :
avocat, enseignante, associations.
Les médias étaient fortement présents : presse (nice matin, le patriote), TV
(FR3), Radios (France Bleu, agora FM, Radio Courtouisie, etc.).
En somme, un beau succès, qui reflète des tensions locales.
Vu dans Nice-Matin du 9 avril 2009 :
Coupables du "délit de générosité" ils se livrent à la justice à Nice
Parce qu'ils ont aidé des sans-papier, ils pourraient être poursuivis, alors environ 200 Azuréens sont venus se « livrer » hier soir au palais de Justice de Nice. : Photo Richard Ray
« Si la solidarité est un délit, alors nous demandons à être poursuivis pour ce délit. » Derrière ce slogan, ils sont quelques centaines d'Azuréens à s'être rassemblés, hier soir, sur les marches du palais de Justice de Nice. « Pour se constituer prisonniers ! » Militants associatifs ou simples citoyens, du médecin à l'ouvrier, en passant par des informaticiens, des avocats et des élus (1), tous revendiquent le titre d'« aidants ». Un nouveau vocable qui rimerait avec « délinquant ».
Parce qu'ils ont « tendu la main » à des sans-papier, « en leur offrant un peu de nourriture » ou en les accueillant chez eux, ils tomberaient sous le coup de la loi, passibles de 5 ans de prison et de 30 000 euros d'amende. Comme Élizabeth Caron, directrice d'école à Nice, qui évoquait hier « le regard insupportable d'une mère » auquel elle était confrontée chaque matin. « Cette maman déposait l'un de ses enfants à l'école et repartait en poussant sa petite fille de 14 mois dans sa poussette. Toute la journée, elle errait dans les jardins publics, ne sachant pas où aller, se demandant, chaque jour, où elle allait dormir le soir. » Oui, Élizabeth a hébergé chez elle cette famille d'Albanais qui avait dû fuir son pays « parce que le mari était militant dans un parti démocrate. » Est-elle pour autant une criminelle ?
Les Identitaires s'invitent
Bien sûr que non, semble indiquer le ministre de l'Immigration lui-même. Eric Besson regrettait hier une mauvaise interprétation des textes. Certes, il a bien fixé pour objectif l'interpellation de 5 000 « aidants » mais il entend par là des « personnes participant activement aux filières d'immigration clandestines ». C'est en tout cas ce qu'il a écrit à tous les présidents des associations mobilisées contre ses directives.
Et elles sont nombreuses. RESEF (réseau éducation sans frontière), Emmaüs, la Cimade, le Secours Catholique, ADN, SOS Racisme, ou encore Médecins du Monde...
Près de 450 Azuréens ont également signé une lettre d'auto-dénonciation, précisant qu'ils ont enfreint cette loi qui pour eux pénalise la « solidarité » et la « générosité ».
Lorsque des policiers casqués ont subitement pris position aux abords du palais, un frisson a tout de même traversé ces « justiciables ». Mais ce petit mouvement de troupes n'avait d'autre but que de les protéger. Une vingtaine de militants d'extrême droite venait de faire irruption sur la place. Munis de leurs propres banderoles et de menottes, des Identitaires avaient organisé une contre-manifestation. Il n'y a pas eu d'altercation... Tout au moins autre que verbale.
1. On notait la présence de Patrick Allemand, premier vice-président de la région, Marc Concas, Paul Cuturello et Patrick Mottard, conseillers généraux, Robert Injey, conseiller municipal à Nice.
Nice-Matin
Site : http://www.educationsansfrontieres.org/?rubrique105