Pour une politique du logement et contre l’exclusion...
Toutes les grandes villes d’Europe subissent des opérations de « renouvellement ». Partout le même motif : la reconquête des centre-villes et des banlieues proches pour les bureaux et les classes moyennes. Partout le même but : l’éloignement et la dispersion des couches populaires. Le prix du logement, en hausse constante, a abouti à une situation où avoir un emploi ne suffit plus pour avoir accès à un logement.
Les choix faits depuis une vingtaine d’années ont précipité la crise : les pouvoirs publics ont choisi de laisser la construction et ses profits aux marchés privés, sans aucun contrôle et sans répondre à la demande sociale.
Par ailleurs, les démolitions massives de logements sociaux sont présentées comme un mieux, alors que rien n’est fait pour aider les habitants des quartiers populaires qui comptent souvent de 25 % à 40 % de chômeurs ou de salariés précaires. Dans le même temps, la casse des services publics de l’éducation, la santé, l’aide aux chômeurs, la prévention, aggrave la situation. Les zones franches, vantées pour soi-disant lutter contre le chômage, engendrent en réalité une main d’oeuvre moins chère pour le patronat, sans pour autant aucune garantie d’embauche pour les habitantes et les habitants de ces quartiers.
Les révoltes de 2005 en France ont été le reflet à la fois de l’abandon et de la désespérance dans ces quartiers, mais aussi du rejet des politiques de droite comme de gauche qui ont conduit à leur relégation sociale et renforcé les discriminations. Partout où de telles révoltes éclatent, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, elles sont la conséquence d’agressions ou de provocations policières contre la population et qui restent impunies.
Partout rigueur budgétaire et critères de convergence de Maastricht détruisent le logement social comme tous les services publics. C’est maintenant le droit au maintien dans les lieux qui est attaqué, comme en France avec la loi Boutin. Comme pour l’emploi, les protections sociales seraient la cause de la crise du logement. Pourtant des pays comme la Finlande, l’Allemagne, le Danemark, connaissent une moindre crise du logement et ont plus de protections. Avec les mesures de défiscalisation et d’accession à la propriété, une fois encore, les aides profitent aux plus riches et favorisent les entreprises privées.
Le logement c’est un droit !
nous exigeons :
- la reconnaissance du logement comme relevant du service public ;
- l’arrêt des expulsions ;
- la baisse massive des loyers.