Climat énergie, par la commission écologie du NPA...

Publié le par NPA 06 Ouest

Les politiques climatiques actuelles ?


Le protocole de Kyoto (1997) :

  • Des objectifs insuffisants : -5,2% d’émissions dans les pays en développement sur la période 2008-2012
  • Des mécanismes permettant d’échapper à ces réductions :

- Mécanismes de Développement Propre (MDP) dans pays du Sud ou de l’Est

- Achat de quotas issus de l’ex-URSS

- Puits de carbone…

  • Distribution initiale gratuite des quotas aux grandes entreprises ET quantités de quotas surévaluées
  • Distribution des quotas selon les émissions de 1990 entre les pays est une façon d’entériner les écarts de développement… c’est une attribution de fait de droits à polluer une part plus ou moins importante de l’atmosphère : va à l’encontre de la reconnaissance de l’air et l’atmosphère comme biens communs.

MAIS quelques aspects positifs sur lesquels s’appuyer :

  • reconnaissance de la responsabilité commune mais différenciée
  • objectifs chiffrés et sanctions prévues, même si elles sont faibles

Le « Paquet Climat Energie » de l’UE (décembre 2008)

L’UE se fixe comme objectif de limiter la hausse des températures à +2°C. Cet objectif se situe à un niveau que les experts du GIEC considèrent comme étant le début de la zone de dangerosité. Cependant, dans leur dernier rapport, en 2007, ces mêmes experts du GIEC ne proposaient pas de scenario plus radical qu’une limitation du réchauffement global entre +2°C et °2,4°C. Le GIEC affirme que rester entre +2°C et +2,4°C nécessite une réduction des émissions de GES de 25 à 40% d’ici 2020.

En décembre 2008, le Conseil Européen puis le Parlement adoptent un texte appelé « Paquet Energie Climat ». Celui-ci est sensé fixer la politique de l’UE en matière de réduction des émissions de GES et de lutte contre le changement climatique à l’horizon 2020.

Les principales mesures adoptées dans ce texte sont :

  • réduction de 20% des émissions de GES de chacun des pays de l’UE, d’ici 2020, par rapport au niveau de 2005
  • amélioration de 20% de l’efficacité énergétique
  • incorporation de 20% d’énergie renouvelable dans le mix énergétique européen (8,5% actuellement)

On nomme souvent ce paquet de mesure : « 3*20 »

A ces trois mesures vient d’en ajouter une quatrième : l’objectif d’utilisation de 10% d’agrocarburants dans les transports à l’horizon 2020 (2% actuellement)

La première remarque que nous pouvons formuler est que ce plan est très insuffisant pour atteindre les objectifs de limitation du réchauffement global à +2°C. En ne se donnant qu’un objectif de -20% d’émissions alors que le GIEC estime nécessaire une réduction de 25 à 40%, l’UE acte une politique qui nous mène vers des zones d’évolution du climat extrêmement dangereuses.

Pour confirmer cet abandon de l’objectif de limitation du réchauffement à +2°C, l’UE autorisera que plus des deux tiers des réductions d’émissions soient effectuées hors du sol européen. Or nous savons que ces opérations de financement de projets de réduction des émissions dans des pays en développement, très utilisées dans le cadre du protocole de Kyoto, n’aboutissent finalement très souvent qu’à de très faibles, voire à aucune, réductions d’émissions effectives.

Finalement, le seul engagement contraignant pris par les Etats membres correspond à une réduction de 4% de leurs propres émissions (directement émises sur leur sol) d’ici 2020.

Nous sommes bien loin des 25 à 40% qui seraient nécessaires pour se mettre en conformité avec les objectifs de limitation du réchauffement à 2°C.

Le débat lors de l’adoption de ce Paquet Energie Climat a principalement porté sur les mécanismes d’attribution des quotas d’émission.

Jusqu’ici, dans le cadre du Protocole de Kyoto, l’UE avait mis en place un système de marché de quotas d’émissions (Emissions Trading Scheme : ETS) dans lequel les entreprises recevaient gratuitement un montant d’émissions couvrant ce qu’elles étaient autorisées à émettre. Elles pouvaient ensuite échanger ces quotas avec d’autres entreprises européennes via une bourse. Cette allocation gratuite de quotas a constitué pour de nombreuses entreprises européennes une véritable rente de situation, d’autant que la quantité de quotas distribués avait été très largement calculée.

Il était prévu que pour la nouvelle phase commençant en 2012, l’allocation des quotas ne se ferait plus gratuitement mais que ceux-ci seraient mis aux enchères.

Les lobbies industriels ont alors usé du chantage à la délocalisation pour obtenir un affaiblissement très net de cette position.

L’accord inscrit dans le Paquet Energie Climat prévoit que les industries soumises à la concurrence internationale, et qui utilisent les technologies les plus efficaces, pourront se voir attribuer gratuitement jusqu’à 100% de leurs quotas d’émission.

La poule aux œufs d’or a été sauvegardée pour les gros industriels européens. Ils pourront continuer à gagner énormément d’argent grâce à un mécanise initialement conçu pour limiter leurs émissions de GES. Pour exemple, ce mécanisme a permis en 2005 à la sidérurgie européenne d’empocher 480 millions d’euros.

La fuite en avant technologique

Exemple : le nucléaire, la stockage du carbone, les biocarburants…

Ces sujets ont également été abordés lors des négociations sur le Paquet Energie Climat.

Malgré toutes les études montrant le faible apport (voire la nocivité) des agrocarburants dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, l’UE a maintenu l’objectif d’incorporation de 10% d’agrocarburants dans le secteur du transport à l’horizon 2020.

Concernant le nucléaire, nous devons nous féliciter que les efforts de la France pour faire reconnaître cette technologie comme « une énergie pauvre en carbone » n’aient pas été couronnés de succès. En effet, le gouvernement français espérait pouvoir réduire son objectif de développement des énergies renouvelables grâce à la forte utilisation de l’énergie nucléaire dans le parc de production électrique.

Conclusion :

Le capitalisme tend à prendre en compte un phénomène qui le met en danger.

Rapport Stern : il faut faire quelque chose pour éviter le pire, mais pas trop fort et pas trop vite !

Deux réactions combinées du capitalisme :

  • une réaction mesurée mais basée sur une analyse « coûts / risques »
  • une tentative de développement en surfant sur une vague « verte » illustrée par le Grenelle de l’Environnement

Mais les réactions sont TRES loin d’être à la hauteur des enjeux.

L’aspect « égalitaire » des objectifs d’émissions mondiales futures ne fait absolument pas partie de la perspective actuelle… même si elle est à la base de tous les raisonnements du GIEC.

Une étape importante pour les négociations internationales sur le climat aura lieu en décembre 2009 à Copenhague. Cette conférence doit dessiner le cadre des accords qui viendront remplacer le protocole de Kyoto.

L’Europe veut y jouer un rôle moteur et compte s’appuyer sur le « Paquet Climat Energie » qu’elle vient d’adopter pour se faire passer pour la grande puissance la plus volontariste sur le sujet. Nous avons vu que le Paquet Energie Climat est entaché de graves renoncements aux objectifs de limitation de l’augmentation de température et qu’il fait la part belle aux grands industriels. De plus, la politique européenne reste basée sur le principe que le développement du marché des émissions permettra de répondre au problème de la nécessaire réduction de celles-ci.

Dans ces conditions Copenhague risque fort de se conclure sur des accords très insuffisants sur le plan de la sauvegarde du climat, et sur un renforcement des mécanismes de marché dont les conséquences sociales ne pourront être que désastreuses (risque fort d’augmentation des prix des énergies de réseau notamment).

Et pourtant, les solutions existent

Quelles émissions pour « sauvegarder » le climat ?

Le GIEC avait posé le seuil de risque important à +1,7°C par rapport à 1780.

Le Conseil de l’UE a décidé, en mars 1996, de placer son action dans la perspective d’une limitation du réchauffement à 2°C.

Pour limiter le réchauffement global à +2°C, il faut stabiliser la concentration de carbone dans l’atmosphère à 450 ppm au maximum. Pour cela, il faut réduire les émissions de CO2 dans l’atmosphère et les ramener à la hauteur des capacités d’absorption des océans et de la végétation. Nous devons donc viser la division par 2 des émissions à l’échelle mondiale avant 2050 et par 4 avant 2100.

La volonté de ne pas faire perdurer les inégalités internationales transforme cette obligation de division par 2 des émissions de GES à l’échelle mondiale d’ici 2050 en obligation de division par 4 pour les pays aujourd’hui les plus émetteurs (dont fait partie l’Union Européenne). L’objectif à l’horizon 2050 pour l’UE doit donc être le « FACTEUR 4 ». Le GIEC estime que le respect de cet objectif nécessite la réduction de 25 à 40% des émissions de GES d’ici 2020.

Les gisements d’économie d’énergie

Les émissions de GES étant, pour une grande part, dues aux consommations énergétiques (transport, chauffage des bâtiments, production d’électricité), les premières mesures à prendre pour réduire les émissions de GES sont des mesures de réduction des consommations énergétiques. Celles-ci ont pour mérite supplémentaire de réduire la charge budgétaire que font peser les consommations énergétiques sur les budgets modestes.

Pour être à la hauteur de l’enjeu, il ne faut pas se satisfaire des « petits gestes du quotidien ». Ils sont nécessaires car nous ne pouvons pas nous satisfaire de comportements individuels gaspilleurs, mais ils sont très loin de l’ampleur nécessaire !

De plus, ils ont un but indéniable de culpabilisation des travailleurs, des précaires et des ménages les plus démunis.

Pour permettre de réelles économies d’énergie, deux leviers doivent être actionnés prioritairement : l’efficacité énergétique et la réorganisation de nos sociétés.

Efficacité énergétique

  • réhabilitation des logements
  • mise sur le marché de matériels moins consommateurs

Réorganisation de la société (des gisements énormes) : exemple avec le transport

  • les transports

le problème de l’urbanisation : classes laborieuses confinées dans des espaces de vie toujours plus éloignés des centres-villes, ce qui impose des déplacements quotidiens épuisants, dangereux, mais aussi fortement consommateurs d’énergie et émetteurs de gaz à effet de serre

le problème du fret : organisation « just in time », division internationale du travail selon les coûts de main d’œuvre… Cette organisation impose toujours plus de transport.

Les gisements en énergie renouvelable

Une fois les gisements de maîtrise de l’énergie exploités, nous pouvons envisager de répondre aux nouveaux besoins redimensionnés grâce à des ressources moins polluantes, et notamment grâce aux énergies renouvelables qui ont pour intérêt de ne pas participer à l’aggravation de l’effet de serre.

Parmi ces gisements d’énergie renouvelable, le plus important est sans aucun doute l’énergie solaire sous toutes ses formes : rayonnement solaire exploitable sous forme thermique ou par les techniques photovoltaïques, énergie éolienne, énergie tirée de la valorisation de la biomasse…

Certaines caractéristiques de cet immense gisement énergétique expliquent sa faible utilisation actuelle :

  • l’énergie solaire est disponible sur l’ensemble de la planète, mais avec une faible densité
  • le gisement est difficilement appropriable, ce qui représente un handicap important pour un développement au sein d’une économie capitaliste

Nécessite une réorientation de la recherche en matière de production énergétique.

Nécessite une mise à disposition des technologies pour permettre leur diffusion massive à l’échelle de la planète, sans réserver ces technologies aux pays les plus riches et aux populations « solvables ».

La nécessité d’une démarche anticapitaliste

Le marché ne peut pas apporter les réponses à cette crise :

Changement trop radical

Temps trop court

Les solutions que le capitalisme tente d’apporter mettent les forces sociales devant un dilemme : « Sauver la nature contre l’aggravation des conditions d’exploitation du salariat »

Exemple : l’écotaxe.

Telle qu’elle est prévue dans le Grenelle, elle doit être compensée par des allègements de charge pour les entreprises. Les capitalistes cherchent donc à compenser le renchérissement du coût d’exploitation de la nature par une aggravation de l’exploitation des travailleurs et la recherche de l’abaissement du coût de la force de travail.

Planification écologiste et socialiste est nécessaire

Dans nos interventions, il est urgent de faire de la question écolo une question sociale.

Nous devons avancer la nécessité d’une planification écosocialiste, c’est-à-dire basée à la fois sur les besoins démocratiquement déterminés par la population et sur la prise en compte des problématiques écologiques.

Seule solution pour engager les changements structurels INDISPENSABLES à la réduction rapide et drastique des émissions de gaz à effet de serre.

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Publié dans Ecologie...

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