En Bretagne, pas de subventions aux entreprises privées !

Publié le par NPA 06 Ouest

 

 
Bretagne

Pas de subventions aux entreprises privées !


Sauf précisions, les chiffres concernent l’année 2008...


En 2008, le Conseil régional verse 42 Millions d’Euros
en investissement pour l’action économique, dont 14 Millions (33,15%) aux entreprises privées.


En 2008, le Conseil régional verse 63 Millions d’Euros
en fonctionnement pour l’action économique, dont 34 Millions (54,27%) aux entreprises privées.


Au total 48 Millions d’Euros
, alors que l’aménagement du territoire ne reçoit que 47 Millions d’Euros.


Au total, 27 Millions d’Euros
sont versées en
subventions directes à 940 entreprises.


Mais toutes ne sont pas égales : 50 entreprises
(5% des 940) se partageant 12,3 Millions d’Euros (25% des 27 Millions)


Parmi les mieux pourvues, on trouve l’agro-alimentaire
avec le groupe GLON (marque SANDERS) et ENTREMONT, EVEN. Six entreprises touchent 2 Millions d’Euros.


On a la surprise de trouver parmi les bénéficiaires : SA BRETAGNE JEUNES ENTREPRISES,
société de capital risque dédiée au financement de la création d’entreprises. C’est toujours intéressant de savoir que notre argent est investit avec des logiques spéculatives.


La région verse aussi des subventions à France Télécom, Alcatel. France Télécom, entreprise qui massacre ses salariés, Alcatel
qui supprime des emplois et sous-traite les licenciements en externalisant ses études et production vers des filiales qui licencieront plus tard. Le PC, par la voix de Gérard Lahellec, qui a voté ces subventions proteste aussi contre l’usage qui en est fait.


En rentrant dans le détail des comptes, des montages financiers
, des montages institutionnels, on découvre que l’aide au « secteur économique » relève d’un véritable tricotage au profit exclusif du capitalisme.

Se superposent : les subventions « directes » aux entreprises, les subventions aux « associations » d’entreprises, les subventions aux « regroupements » techniques (pôles de compétitivité). Il apparaît que ce sont des « associations » (subventionnées) qui vont valider[1] des projets techniques (qui seront subventionnés [2]) portés par des grandes entreprises et/ou réalisés par des PME (grandes entreprises et PME elles mêmes subventionnées[3])

Les sommes en jeu dans ces subventions, même si elles paraissent importantes, ne sont pas fantastiquement exorbitantes.

On pourrait les considérer comme des « gages » d’une bonne entente, d’une bonne collaboration entre le capitalisme et les institutions étatiques. Mais surtout, ces subventions du conseil régional et la mise en marche du dispositif décrit ci-dessus permet d’actionner les vrais aides d’agences nationales et européennes qui sont de l’ordre du milliard d’Euros [4].


On pourrait imaginer que pour faire bonne mesure,
un CR PC-PS-Verts apporte son soutien à des tentatives économiques « alternatives » (SCOP, Economie sociale et solidaire). A titre de comparaison, seules 8 SCOP sont citées parmi ces 940 entreprises (0,8% !) ; elles se partagent 173 042€ de subventions (0,36% des 48 Millions !).


Dans les chapitres « autorisations de programme, autorisation d’engagement
et crédits de paiement »,
on constate que seuls 52,57 % des engagements au profit du projet « Développer l'économie sociale et solidaire, aider l'emploi associatif et l'innovation sociale » ont été réellement financés en 2008, alors que l’ensemble des projets sont financés à hauteur de 74,54%, et que l’ensemble des projets économiques sont financés à hauteur de 82,71% !


Dans une plaquette de 2005, le CR parle de « développer l’économie POUR L’EMPLO I »
.
Quand on lit soigneusement la plaquette, il n’est jamais fait état de l’emploi. Juste à un moment, on parle « d’emploi de qualité » au sens de « haute technologie », jamais au sens de « droit du travail » « d’hygiène et sécurité » … Dans la même plaquette, on note que la Région consacre 97 Millions d’Euros à l’économie.


Cette logique ne nous étonne pas.
En effet, le marché capitaliste ne fonctionne pas « librement » comme on veut nous le faire croire, il ne « tombe pas du ciel ». Le marché capitaliste est organisé par les institutions étatiques afin de permettre aux « lois du marché libre et non faussé » de fonctionner au mieux des intérêts capitalistes


Derrière la « com »,
derrière les apparences et les discours lénifiants sur les « réalisations de la région », le synergies, etc … etc … il y a l’implication active de la région dans le fonctionnement du marché et l’exploitation capitaliste.


D’ailleurs pourquoi tel secteur plutôt que tel autre ?


Il s’agit de mettre l’argent là où il y a de la technologie
(et l’agro alimentaire, ce n’est pas que l’élevage de poulet, c’est surtout la « transformation ») afin de favoriser des taux de profits attractifs pour le capitalisme financier.
On reprendra les cours d’économie marxiste un peu plus tard, mais il faut savoir que les secteurs capitalistes les plus avancés technologiquement « captent » littéralement les fruits de l’exploitation des travailleurs issus des secteurs les moins avancés. En terme barbare ça s’appelle la péréquation du taux de profit.


La « Liste unitaire, anticapitaliste et pour une écologie radicale »
mettra fin aux subventions aux entreprises privées. L’argent public, notre argent ne doit plus servir à développer le profit et les intérêts privés.


Surtout quand ces intérêts se nomment France Télécom, Alcatel, Entremont, Thalès, PSA
et toutes autres entreprises cotées en bourse, qui exploitent, maltraitent les salariés, externalisent vers les PME, y compris les suppressions d’emploi. Si les subventions font bien les investissements de demain, les profits d’après demain, elles n’ont jamais rien fait pour des emplois stables et durables, de qualité et utiles socialement.


Au contraire de l’intérêt privé, la « Liste unitaire, anticapitaliste et pour une écologie radicale »
aura à cœur d’orienter cet argent public vers l’intérêt public. Que ce soit pour développer et renforcer les Services Publics (transport, santé, communication) en développant le patrimoine public, en rapprochant les points d’accès des usagers et citoyens, donc en limitant drastiquement les pollutions liées au transport. Que ce soit en développant et en renforçant la recherche publique, non pour la mettre au service des intérêts privés (Entremont, Even, France Télécom, Alcatel, PSA, …) mais bien directement au service de la population, de sa vie quotidienne et de son emploi : transport, santé, communication.


En faisant de tels choix,
nos élus se heurteront à la logique de l’Etat qui veut mettre au service du patronat et du medef les institutions. Mais nous pensons qu’il faut mettre en cause la logique de l’Etat au service du capital, dans tous ses rouages si l’on veut être des anticapitalistes et des écologistes radicaux conséquents.


Nul doute que dans ces affrontements
nous nous retrouverons en phase avec les salariés de tous ces groupes, acteurs quotidiens contre l’exploitation.

 

 


 

 

[1] Ex l’association CRITT CBB DEVELOPPEMENT qui touche 361 250 €

[2] Le CRITT CBB DEVELOPPEMENT va valider des projets développés par les pôles de compétitivité Véolia (agro-alimentaire) ou pôle mer (pôles eux mêmes subventionnés)

[3] C’est le cas de THALES systèmes aéroportés qui touche 39000 € comme « porteur » d’un projet « pirana » du pôle mer, et ESTAR et ANTENNESSA qui perçoivent « directement »

163 000 €. Sans compter que le pôle mer touche globalement 750 000 €

[4] La région, en finançant le Pôle automobile à hauteur de quelques dizaines de Millions d’euros, amorce les gros financements publics de l’Etat qui sont eux de 1,5 Milliards d’euros comme nous en informe un communiqué de la Préfecture de la Région Bretagne en date du 31 mars 2009

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Publié dans NPA hors PACA...

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