Iter : le NPA et le Réseau Sortir du Nucléaire...

Publié le par NPA 06 Ouest

Réponse du NPA au Réseau Sortir du Nucléaire :



Chers amis,


nous pensons que les questions que vous soulevez dans votre questionnaire sont essentielles et elles occupent une place importante dans le programme que nous défendons à ces élections régionales. Nous leur avions déjà accordé une grande importance pour les élections européennes, puisque nous avions interpellé à cette occasion la direction du projet ITER qui avait refusé de nous recevoir.


Pour éviter de se répéter inutilement, nous commencerons par dire que nous sommes favorable à l’abandon dans les plus brefs délais du nucléaire civil comme militaire, les deux étant intimement liés.


La première conséquence de cette position de principe, c’est que nous sommes résolument opposés à toute extension du parc de centrales nucléaires, en particulier à la construction d’un nouveau réacteur que ce soit du type
EPR ou ATMEA sur la site de Marcoule, du Tricastin ou ailleurs !


Nous sommes tout aussi résolument opposés à la prolongation de la vie des centrales nucléaires au-delà de la période pour laquelle elles ont normalement étaient construites, ce qui augmenterait le danger déjà énorme que représentent ces installations. La centrale qui pose le plus de problèmes de disfonctionnement dans la région est incontestablement celle du Tricastin ; pas seulement la centrale d’ailleurs, mais le site tout entier. Nous demandons que les activités de production de la centrale de Tricastin soient arrêtées, que le site soit soumis à une expertise contradictoire afin que toutes les mesures nécessaires de sécurité et de décontamination soient prises.


Nous pensons également que le centre de Cadarache pose de graves problèmes. Depuis 50 ans la situation sur le site est devenue inextricable. Il faut tout remettre à plat avant que des incidents plus graves ne se produisent. Il faut démanteler toutes les installations nucléaires du site de Cadarache, afin de le décontaminer, gérer les déchets sous un strict contrôle public et reconvertir Cadarache en un centre de recherche sur les énergies renouvelables.


Nous considérons que le projet ITER relève également de l’énergie nucléaire, de ses dangers et de ses inconvénients dont la production massive de déchets toxiques. Un projet extrêmement coûteux qui reste et restera sans doute toujours une expérience sans application pratique dans le domaine de la production d’électricité. En fait un prétexte pour ne pas prendre les mesures radicales qui s’imposent pour changer de modèle énergétique. Nous sommes donc favorable à l’abandon pur et simple du projet et pas seulement à la suppression des subventions régionales. Si nous étions élus au Conseil régional, nous proposerions la suppression des subventions au projet ITER et de toutes les autres subventions liées à ce projet.


Ces premières mesures constituent seulement des mesures conservatoires pour éviter de s’enfoncer toujours plus dans l’impasse nucléaire. Mais si nous voulons vraiment « sortir du nucléaire » il faut revoir complètement notre mode de production et de consommation d’énergie. D’autant plus que le défi qui s’impose à nous, ce n’est pas seulement de sortir du nucléaire, mais aussi de la dépendance aux énergies fossiles. Il y a urgence et tout retard pris dans le domaine de la politique énergétique ne fait qu’aggraver la situation.


La première chose qu’il nous semble nécessaire de dire, c’est que l’on ne résoudra pas ce problème dans le cadre de la privatisation et de la concurrence organisée par l’Union Européenne. Au contraire nous sommes favorables à la constitution d’un grand service public de la production et de la distribution de l’énergie sous le contrôle de la population. Cela s’entend de l’électricité d’origine nucléaire, comme du pétrole et du gaz. L’alternative à ces formes d’énergie, il faut d’abord aller la chercher du côté des économies d’énergie, ensuite des énergies renouvelables enfin d’une relocalisation des unités de production au plus prés des besoins. Une telle politique implique que l’énergie ne soit plus considérée comme une marchandise produite et vendue dans le cadre d’un marché ouvert à la concurrence, mais comme un bien commun dont un accès équitable doit être assuré à tous dans le respect des grands équilibres écologiques. Nous luttons pour la mise en place de cette politique à tous les niveaux. Si nous sommes élus au Conseil Régional nous soutiendrons toutes les propositions allant dans le sens des économies d’énergies et du développement des énergies renouvelables, en particulier en matière de subventions aux entreprises, d’aménagements des bâtiments ou de transport.


Reste à gérer l’existant en assurant au mieux la sécurité de la population et de l’environnement. En ce qui concerne la gestion des déchets nous n’avons pas de bonne solution et c’est justement l’inconvénient majeur de la filière nucléaire. Nous sommes résolument opposés à l’enfouissement. Cette méthode a été pratiquée depuis 30 ans dans la mine d’Asse en Allemagne où l’expérience tourne au scénario catastrophe. Les déchets nucléaires doivent être recensés, rassemblés et entreposés sous surveillance constante.


Il est urgent de mettre en place un réseau de contrôle serré des installations nucléaires et de prendre les mesures élémentaires concernant la sécurité des populations et des travailleurs des sites. Pour être crédible ce réseau de surveillance doit être indépendant des entreprises exploitantes, sous contrôle du public et s’appuyer sur les travailleurs du nucléaire qui sont les premiers intéressés à la sécurité. Les Commissions Hygiènes et Sécurité comme les Commission de Liaison et d’Information doivent voir leur rôle renforcer. Il faut réduire au maximum le transport des matières radioactives et les tenir, autant que faire ce peut, à l’écart des grandes agglomérations.

Il faut enfin assurer l’information des populations, mettre en place des procédures d’alerte et des plans d’urgence en cas d’accident, toute chose qui actuellement sont largement négligées.


Nous nous engageons à défendre ces propositions sans transiger, ni capituler. Si nous étions amener à négocier un accord de fusion avec une liste de gauche en vue du second tour, ce serait dans la plus stricte indépendance programmatique et en conservant quoi qu’il arrive notre liberté de parole et de vote. Ne jamais faire le contraire de ce pourquoi nous avons été élus est une des bases de constitution de notre liste.


En vous souhaitant bonne réception et en espérant poursuivre avec vous le dialogue et peut-être l’action.

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Publié dans Ecologie...

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