L’expansion libérale en Europe de l’Est (par Catherine Samary)...

Publié le par NPA 06 Ouest

Jusqu’à l’été 2008, l’ancienne « Europe de l’est » |1| fut globalement épargnée par la tourmente financière. Les « Nouveaux Etats membres » (NEM) de l’Union européenne (UE) avaient même connu des taux de croissance moyen très élevés – de 4 à 9% - depuis le tournant du millénaire qui tranchaient avec ceux de la « vieille Europe ». Alors que celle-ci était affectée depuis 2007 par la crise des crédits et entrait en récession, un découplage semblait s’opérer plus à l’Est.


Quel type de « croissance » (mesurée par le PIB -Produit intérieur brut) avait donc émergé de la destruction de l’ancien système ? Il faut distinguer deux grandes phases... et souligner la variante slovène, avant le retournement de 2008-2009.

 

De 1989 à la fin des années 1990 : une « crise systémique » et des « privatisations sans capital ».

 

La décennie 1990 fut globalement celle de la destruction de l’ancien système (privatisations, changements des critères de gestion...) avec deux temps : la première moitié de la décennie fut marquée par des chutes de croissance de 20-30% dans toutes les branches d’activités. La reprise se produisit ensuite |2|, inégalement, mais avec pertes d’emplois et creusement des écarts de revenus : « l’inégalité s’est accrue dans toutes les économies en transition », qui ont « commencé la transition avec des niveaux d’inégalités parmi les plus faibles du monde » |3|.

 

On ne peut comprendre, sans ces données de base, pourquoi dans le cadre des élections pluralistes – principal acquis contre l’ancien régime - les votes populaires se sont tournés ... vers les anciens communistes dès les toutes premières années de la décennie 1990. Il ne s’agissait pas d’une nostalgie pour le parti unique – radicalement rejeté – mais pour un droit à l’emploi et à l’accès pour tous aux biens et services de base. Sauf que les « ex » ne défendaient plus ces droits là, exclus du type de croissance et de « convergence » prônées avec la vieille Europe. Désormais, l’annonce d’un « rattrapage » fut seulement basée sur la comparaison (Est/Ouest) des taux de croissance du PIB – qui n’est en rien un indicateur de « bien-être ».

 

La convergence de système eut les privatisations pour « marqueur ». Mais avec quel capital-argent ? L’ancien système n’en permettait pas l’accumulation et les anciens gestionnaires du parti-Etat préféraient être les bénéficiaires des privatisations... On a donc inventé des « privatisations de masse » réalisées (sous différentes formes) par transformation juridique des entreprises en sociétés anonymes. Leur « capital social » était divisé en parts et distribué quasi-gratuitement en partie aux travailleurs et citoyens et le reste à l’Etat. Seules la Hongrie et l’Estonie ont choisi au début de la « transition » de vendre contre un « vrai » capital-argent – c’est-à-dire au capital étranger |4|. - leurs meilleures entreprises.

 

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Publié dans International...

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