Quatième Internationale : Egypte, Tunisie...

Publié le par NPA 06 Ouest

Tunisie, Egypte :

les révolutions en marche


quatre

déclaration de la 4eme internationale


« Le trait le plus incontestable de la Révolution, c’est l’intervention directe des masses dans les événements historiques. D’ordinaire, l’Etat, monarchique ou démocratique, domine la nation ; l’histoire est faite par des spécialistes du métier : monarques, ministres, bureaucrates, parlementaires, journalistes. Mais, aux tournants décisifs, quand un vieux régime devient intolérable pour les masses, celles-ci brisent les palissades qui les séparent de l’arène politique. (…) L’histoire de la révolution est pour nous, avant tout, le récit d’une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées. » (Léon Trotsky, préface à l’Histoire de la révolution russe)

 

La situation, comme dans toute révolution, évolue, d’heure en heure. Telle ou telle appréciation sera surement dépassée dans les heures ou les jours qui viennent, mais d’ors et déjà, les peuples tunisien et égyptien sont en train d’écrire les pages des premières révolutions de ce 21°siècle. Elles provoquent une onde de choc dans tout le monde arabe, d’Alger à Ramallah, d’Amman à Sanaa au Yémen.

 

Ces révolutions résultent, dans les conditions historiques particulières de ces pays, de la crise qui secoue le système capitaliste mondial. Des « révoltes de la misère » sont combinées à une immense mobilisation pour la démocratie.

 

Les effets de la crise économique mondiale conjugués à l’oppression des dictatures, font de ces pays, dans la conjoncture actuelle des maillons faibles de la domination impérialiste. Elles créent les conditions pour l’ouverture de processus de révolutions démocratiques et sociales.

 

Manifestations, grèves, assemblées, comités d’autodéfense, mobilisations des syndicats, des associations démocratiques, mobilisation de toutes les classes populaires, « ceux d’en bas » et « ceux du milieu » qui basculent dans l’insurrection, « ceux d’en haut qui ne peuvent plus gouverner comme avant », convergences des partis d’opposition radicale contre le système, ce sont tous les ingrédients de situation prérévolutionnaire ou révolutionnaire qui sont là, présents explosifs.

 

C’est aujourd’hui au tour de l’Egypte de voir des millions de travailleurs, de jeunes, de chômeurs se dresser contre la dictature de Moubarak.

 

En Tunisie, une dictature sanglante a été abattue. Elle a concentré la haine de toute une société, des classes populaires et surtout de la jeunesse.

 

Il fallait en finir avec l’ordre de Ben Ali, sa répression, sa corruption, son injustice sociale, système soutenu par toutes les puissances impérialistes, la France, les USA, l’Union Européenne. C’est ce même mouvement qui submerge aujourd’hui l’Egypte.

 

Il y a, bien sûr, des différences historiques entre les deux pays. L’Egypte est le pays le plus peuplé du monde arabe. Elle a une place géostratégique décisive au Moyen Orient. Les structures de l’Etat, les institutions, l’Armée y sont différentes. Mais c’est un même mouvement de fond qui touche les deux pays.

 

Les masses tunisiennes n’en pouvaient plus, aussi, d’un système économique - « bon élève de l’économie mondiale » selon Mr Strauss-Khan - qui les affamait. L’explosion du prix des produits alimentaires de base, un chômage de près de 30 %, des centaines de milliers de jeunes formés, qualifiés sans emploi ont constitué le terreau d’une révolte sociale qui en se combinant avec une crise politique, a débouché sur une révolution.

 

Il y a eu, de 2006 à 2008, une hausse dramatique des prix de tous les produits essentiels, dont le riz, le blé et le maïs. Le prix du riz a triplé en cinq ans, passant d’environ 600 $ la tonne en 2003 à plus de 1800 $ la tonne en mai 2008. L’augmentation récente du prix du grain est caractérisée par un bond de 32 % enregistré durant la deuxième moitié de 2010 dans l’indice composite des prix alimentaires. La forte hausse des prix du sucre, des céréales et des oléagineux a conduit les prix alimentaires mondiaux à un record en décembre, dépassant les coûts de 2008, lesquels avaient déclenché des émeutes à travers le monde. En même temps, le FMI comme l’OMC exigent la levée de toutes les barrières douanières et l’arrêt de toutes les subventions aux productions vivrières.

 

La récente hausse spéculative du prix des aliments a, donc, favorisé un processus mondial de création de la famine d’une ampleur sans précédent, qui frappe un ensemble de pays d’Afrique et du monde arabe.

 

L’Egypte a subi aussi les effets de cette explosion des prix alimentaires. L’économie ne parvient pas à créer assez d’emplois pour subvenir aux besoins des Egyptiens. Les politiques néolibérales mises en œuvre depuis les années 2000 ont provoqué l’explosion des inégalités et un appauvrissement de millions de familles. Malgré une croissance économique de 5%, 25% de la population vit au dessous du seuil de pauvreté. Près de 40% des 80 millions d’Egyptiens continuent de vivre avec moins de deux dollars par jour. Et 90% des chômeurs sont des jeunes de moins de 30 ans.

 

L’autre chose remarquable est que la fédération syndicale nationale égyptienne — dirigée par des personnes engagées par le gouvernement — a partiellement lâché le gouvernement pendant les 2 semaines suivant l’insurrection tunisienne. Ils voulaient un contrôle des prix, une augmentation des salaires et un système de distribution subsidié pour la nourriture, les gens n’arrivant pas à trouver des produits de base comme le thé ou l’huile. Que les dirigeants du syndicat demandent cela est sans précédent parce que ces gens ont soutenu le néolibéralisme. C’est cela l’impact de la Tunisie

 

Dans ce pays, cette révolution vient de loin :

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