Régionales 2010 : une contribution d'un camarade NPA du Var...
contribution au bilan du processus unitaire
sur le site du NPA du Var : http://www.npa-var-est.com/
Les élections régionales passées, il est l’heure de tirer les bilans au sein de la gauche radicale.
On nous a dit, et on continue à nous le dire, que dans la majorité des régions, l’unité n’a pas pu se réaliser à cause de l’intransigeance du NPA, de son refus de « mettre les mains dans le cambouis », de sa volonté de faire cavalier seul pour plumer la volaille communiste ou mélenchoniste, ou pour se draper dans la posture stérile de la « pureté révolutionnaire».
Or, cette vision des choses relève d’une contre vérité qu’il convient de rectifier, afin de dissiper tous les malentendus.
Le NPA a bien été à l’initiative pour essayer de réunir la gauche radicale, et il a tenté jusqu’au bout de parvenir à un accord, aussi bien au niveau national qu’au niveau des régions.
Le NPA est d’accord pour défendre ses idées au sein même des conseils régionaux, il est d’accord pour avoir des élus et pour « mettre les mains dans le cambouis » selon l’expression consacrée, afin de faire aboutir les idées que nous défendons.
La seule divergence avec certains camarades du Front de Gauche réside dans la participation aux exécutifs sous domination PS et Europe Ecologie.
Le NPA est d’accord pour fusionner ses listes avec celles du PS et d’EE afin de ne pas risquer de faire passer la droite à cause d’une triangulaire au résultat incertain. Mais en gardant notre indépendance et notre liberté de vote au sein du conseil régional, cela va de soi.
Si dans certaines régions, comme le Limousin, il n’y a pas eu de désaccord avec nos partenaires du Front de Gauche sur cette question, dans d’autres régions et notamment en PACA, des divergences sont apparues avec le PC.
Celui a exigé du NPA qu’il participe à l’exécutif régional sous la domination du PS et de Vauzelle, sans quoi le NPA n’était pas qualifié pour rejoindre un front commun de la gauche radicale.
« La participation à l’exécutif est une question de premier tour » a affirmé le PC des Bouches du Rhône lors des négociations NPA-Front de Gauche, fermant ainsi la porte à l’unité.
En revanche, ce qui s’est passé dans la région Limousin est exemplaire à plus d’un titre.
L’unité a pu aboutir dès le premier tour avec toutes les forces de la vraie gauche, à la suite de longues discussions portant sur le programme et sur l’attitude de ses élus.
Liberté de participer à l’exécutif régional, indépendance et liberté de vote, tel était le contenu de l’accord entre nos différents partis.
En réalisant 13% des voix au premier tour, la liste d’unité FdG-NPA a donc tout naturellement proposé au PS une fusion technique de ses listes, afin de battre la droite et de garantir à notre liste une présence au conseil régional proportionnellement au nombre de voix obtenues.
Le PS a refusé la présence du NPA sur cette liste fusionnée. Le Front de Gauche n’a pas cédé devant le diktat du PS et a maintenu notre liste au second tour, permettant à celle-ci de passer de 13% à 19% des voix, et obtenir davantage d’élus que ce qui était escompté.
Nos camarades du PC et du PG ont indiqué, le soir du second tour, qu’ils ne demanderaient pas de postes de vice présidents, qu’ils ne participeraient pas à l’exécutif et qu’ils garderaient leur totale indépendance et leur liberté de vote.
C’est exactement la position du NPA.
Ce qui a pu se faire en région Limousin aurait pu et aurait dû se faire ailleurs, notamment en PACA.
L’extraordinaire dynamique de l’unité sur des bases programmatiques claires et sur l’indépendance vis-à-vis du PS et d’EE a été payante en Limousin, au-delà de nos espérances.
C’est cet exemple qu’il faut généraliser dans toute le pays, afin que la gauche radicale puisse franchir un cap, s’affirmer comme une alternative solide et durable face à la droite et au social libéralisme, et devenir une force crédible et attractive pour ces millions de gens qui ne veulent plus de la droite ou de la gauche libérale.
La balle est désormais dans le camp de nos camarades du Front de Gauche : ou bien ils continuent de vouloir unifier « toute la gauche », énième mouture d’une gauche plurielle qui a tant désespéré, ou bien ils s’affranchissent de la tutelle du social libéralisme.
Pour nous, le combat unitaire n’est pas terminé, et nous continuerons sans relâche à nous battre pour que l’unité de la vraie gauche se réalise enfin !
François Alcaraz, NPA Var.