Témoignage: Nice, intrusion policière ce matin au 1 G. Clémenceau...

Publié le par NPA 06 Ouest

Quel délit, quel crime justifie l’intrusion violente exercée par les fonctionnaires de police ce matin à six heures envers les paisibles occupants de l’immeuble vide réquisitionné au 1 avenue G. Clémenceau ?

 

Réquisitionné pour mettre à l’abri 115 personnes dont 50 enfants vivant dans la rue et le froid malgré les décisions récentes du tribunal administratif de Nice condamnant le Préfet sous astreinte à les loger car réfugiées régulièrement sur notre sol ?

 

Alertée par les militants humanitaires sur place, je suis arrivée sur les lieux à 6h15, et j’ai pu constater derrière un cordon de police digne de l’arrestation de dangereux terroristes que la porte d’entrée donnant sur la rue avait été attaquée à la disqueuse et était dès lors béante.

 

J’ai alors demandé à parler au commissaire en charge de cette « opération ». Les policiers m’ont empêchée d’entrer constater ce qu’il se passait et j’ai dû attendre dans la rue que le commissaire, ayant fini, me fasse ses déclarations.

 

Selon lui, c’était une « opération de police destinée à vérifier que tout était bien en sécurité dans cet immeuble ». A ma question : pourquoi alors avoir cassé la porte d’entrée, il a répondu que les occupants étaient illégitimes et que donc le CHU, propriétaire autorisait la police à procéder de la sorte.

 

Or, Il ne saurait en être ainsi car, j’ai assisté à l’audience en référé du TGI, le 22 novembre dernier, où le même CHU ayant porté plainte pour occupation illégitime s’est vu renvoyer à une audience ultérieure pour que les juges puissent statuer sur le fond, estimant qu’il n’y avait pas d’urgence.

 

Il a ensuite déclaré, que ces opérations se continueraient tant que des familles en situation irrégulières pourraient se trouver dans cet immeuble. Or, à 6h30 ce matin, les policiers sont repartis bredouilles, il n’y a donc aucune famille en situation irrégulière dans cet immeuble!!

  Montée dans les étages, j’ai pu constater les dégâts énormes faits par les policiers notamment sur les portes, alors que les occupants, aidés par des citoyens niçois avaient réparé ceux occasionnés par le passage de l’huissier le 10 novembre dernier.

Les policiers ont prétendu devant ces réfugiés qui ont déjà subi la barbarie dans leur pays d’origine, qu'ils n'avaient pas besoin de « commission rogatoire », agissant selon eux dans le cadre d'une opération de police administrative. Est-ce qu'une opération de « police administrative », permet d'entrer dans des domiciles contre la volonté de leurs habitants par effraction en cassant les portes ? Cela voudrait dire qu'une opération de police administrative permettrait ce qui n'est pas autorisé dans le cadre d'une « enquête préliminaire », menée en général à l'encontre de personnes soupçonnées d'avoir commis un crime ou un délit ! Ici, les familles avec enfants qui à chaque fois ont été visées par ces opérations ne sont même pas soupçonnées d'avoir commis une contravention !

 

Devant la gravité des faits commis ce matin par une vingtaine de policiers avec matraque, disqueuse, pieds de biche, je demande au Maire, Ch. Estrosi, en tant que Président du Conseil de Surveillance du CHU de diligenter un constat d’huissier afin que les dégâts importants occasionnés par cette descente de police inutile ne soient pas imputés par le propriétaire, le CHU, aux occupants qui entretiennent avec l’aide de citoyens niçois les locaux en bon état.

  Après l’autorisation scandaleuse par le Préfet de la manifestation du 12 Novembre dernier organisée par la « jeunesse identitaire » structurée sous la bannière de « Nissa Rebela », émanation politique locale de l’extrême droite nazie et destinée à « dégager » des personnes sans logis sous le seul motif qu’elles sont étrangères, nous assistons aujourd’hui à une étape de plus dans le viol des lois de notre pays par un état défaillant.

Emmanuelle Gaziello, conseillère municipale de Nice.

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Publié dans Dans le 06 à l'est...

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