Retours sur les élections régionales (2)...

Publié le par NPA 06 Ouest

Le Comité exécutif du NPA a décidé de rendre public les différents textes de bilan sur les élections régionales tels qu'ils ont été présentés à la réunion du Comité politique national du 27 mars....

  

Les voici donc :

 

Texte 2 présenté par Pierre Baton, Alain Castan, Sandra Demarcq, Alain Pojolat, Basile Pot, Christine Poupin, Béatrice Walylo (membres du CE).

Le NPA dans les élections régionales : un message brouillé, une campagne compliquée...

 

Les résultats du NPA lors de ces élections régionales sont décevants. Il est nécessaire de tirer réellement le bilan de la politique que nous avons menée, des choix tactiques que nous avons faits, de la façon dont nous avons réagi aux difficultés auxquelles nous avons été confrontés.

 

Le débat sur le bilan est indispensable, même si les questions que nous soulevons, les critiques ou désaccords que nous exprimons n'expliquent que très relativement les scores du NPA et son rapport avec celui des autres listes. Ils ne nous en posent pas moins des problèmes politiques sérieux pour la suite.

 

Si les résultats des européennes ont déçu nombre de camarades qui s'attendaient à retrouver sur le terrain électoral l'enthousiasme de la création du NPA, ils n'étaient pas si mauvais. A quelques milliers de voix près et 1 ou 2 députés, nous aurions tiré un tout autre bilan.

 

De ce point de vue, la déclaration commune avec le Parti de Gauche, dés le mois de juin, était ambiguë et précipitée. Elle reposait sur l'idée erronée que nous avions obtenu un mauvais score aux européennes et, qu'il nous fallait répondre aux accusations de faire "cavalier seul" et sur l'illusion qu'il était possible de fissurer le Front de Gauche en détachant le PG du PCF, puisque nous étions convaincu que le PCF s'allierait, dès le premier tour avec le PS.

 

Il n'y avait nul besoin de se précipiter. Nous devions simplement poursuivre notre orientation d'unité durable et indépendante et reprendre les discussions unitaires sur ces bases et nous concentrer sur la campagne politique de rentrée.

 

Le terrain des régionales, parce que le PCF et les Verts ont géré la majorité des régions depuis 2004 et partagent le bilan avec le PS, aurait pu être plus favorable à la démonstration qu'une unité durable, indépendante du Parti socialiste n'est pas possible avec le PCF et ceux qui se situent sur les mêmes objectifs stratégiques, contradictoires avec les nôtres. Nous l'avons vérifié au cours des discussions avec le refus obstiné en particulier du PCF de parler du programme.

 

Par la suite, la vérification de l'impossibilité d'un accord avec les forces du Front de Gauche a traîné en longueur, nourrissant bien des illusions, à la fois sur la possibilité d'un accord et sur la nature des partis du Front de Gauche.

 

L'offre publique nationale du PCF en octobre, annonçait pourtant publiquement et clairement l'orientation en préparation depuis les européennes: situer la «gauche de la gauche» dans un rassemblement majoritaire avec le PS et EE. Il était évident que le PCF voulait préserver son appareil et une bonne partie de ses élus en choisissant de constituer des majorités de gestion avec le PS, et que dans cette orientation il serait suivi par Melenchon et le Parti de Gauche, ainsi que par les autres mouvements «à la gauche du PS». Soit parce que, pour le PCF et le PG, ces forces se placent sur un même terrain considérant que l'action politique se résume à la présence et à la gestion des institutions, laissant aux directions syndicales la question sociale, soit parce qu'elles sur-valorisent cette unité qui plus est sur le seul terrain électoral, ce qui conduit à l'intégration dans les majorités de gestion.

 

En décembre, après l'échec des discussions nationales il aurait fallu être offensif, dénoncer clairement et publiquement les choix du PCF et de ses alliés, comme cela a été décidé mais jamais franchement mis en œuvre, nous nous sommes laissés enfermés dans le rôle de ceux qui refusaient l'unité. L' objectif des discussions dans les régions aurait du être, alors, clarifié : pousser la démonstration amorcée au niveau national et sur la base de la politique nationale du NPA, c'est-à-dire autour d'un programme anticapitaliste impliquant le refus de participer aux exécutifs et les majorités de régions. Dans les faits, certaines régions ont fait le contraire de ce que nous avions défendu au niveau national, nous avons eu des listes régionales au profil assez divers, aucune lisibilité nationale.

 

Le NPA porte depuis sa fondation un message politique clair: celui de la construction d'une force politique anticapitaliste pour la transformation révolutionnaire de la société. Cela inclut la nécessaire indépendance par rapport à l'État, aux institutions et aux partis comme le PS et ceux qui veulent s'allier avec lui. Cela exclut le sectarisme, implique une politique unitaire, mais sans brouillage de notre message, en privilégiant, toujours, l'unité d'action à la base.

 

Enfin, au moment même où le NPA commençait tardivement sa campagne, nous nous sommes retrouvés à gérer la présence de notre camarade Ilham sur la liste du Vaucluse, sa médiatisation orchestrée notamment par Le Figaro, médiatisation dans laquelle se sont engouffrés de façon hostile les forces politiques de gauche opposées au NPA.

 

Au-delà des positions des un-e-s et des autres sur le fond de cette question, cet épisode a surtout révélé un problème de fonctionnement et de faiblesses de direction collective du NPA.

 

La gestion du problème, l'absence d'informations et d'organisation de débats dans la direction (CPN comme CE), la possibilité pour un comité ou un département de prendre une décision qui rejaillit sur toutes et tous au niveau national, montrent qu'il faut revoir le fonctionnement du parti et de sa direction.

 

Cet épisode a eu pour conséquence de rajouter de la division à la division, après une séquence compliquée pour le parti liée à la discussion interne sur la consultation. En polarisant le parti sur lui même en début de campagne, en développant un sentiment de «déficit démocratique» chez certains camarades et de mécontentement devant notre incapacité à faire face de manière offensive chez d'autres, cette affaire a entretenu un climat de démobilisation chez les militant-e-s, dans notre sphère sympathisante et même si cela nous a amené des messages de sympathie face à une campagne évidemment islamophobe, a certainement aussi détourné de nous une partie de nos électeurs "traditionnels".

L'ensemble de ces problèmes ne constitue pas l'explication centrale de nos faibles résultats.

 

De façon plus fondamentale, nous avons subi, de manière accentuée par rapport aux européennes la prise de distance d'une grande partie des électeurs les plus proches de nos idées par rapport aux processus électoraux, un phénomène que nous subissons beaucoup plus que les autres partis. Cela renvoie forcément à un seuil intermédiaire où à la différence du PS, d'EE ou même du Front de gauche à l'échelle régionale, le vote pour nous n'apparaît pas crédible pour sanctionner la droite, et ce indépendamment de la sympathie pour nos idées.

 

Cela pose un problème difficile: celui de construire un parti politique qui ne veuille pas se donner comme socle la gestion des institutions et l'organisation autour de ses élus, mais l'action politique directe à partir des mobilisations sociales, de l'organisation des jeunes, des travailleurs et des milieux populaires dans les entreprises et les quartiers. Dès lors l'utilité de notre présence dans les institutions ne peut devenir crédible que comme le prolongement de cette action ce qui suppose à une échelle large une réelle implantation et reconnaissance, ce que le NPA a dans certains endroits, mais pas à l'échelle nationale. Cela suppose aussi une meilleure capacité à donner une cohérence d'alternative politique aux exigences sociales que nous mettons en avant: notamment au-delà des revendications sur l'emploi, les salaires et la protection sociale, être capable d'apparaître comme porteur d'une alternative pour l'organisation de la société au profit des travailleurs.

 

Aussi, nous pouvons capter un électorat à certaines élections, notamment autour de la figure d'Olivier ou lorsque notre vote apparaît crédible pour faire passer un message politique, mais nous n'avons pas encore l'assise permettant une fidélisation électorale large.

 

Pour autant, tirer un bilan sans fard des difficultés rencontrées ces derniers mois dans notre positionnement politique, ainsi dans notre fonctionnement, est une nécessité pour construire un parti solide dans ses fondamentaux, pour construire durablement une alternative anticapitaliste au capitalisme et au social libéralisme.

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Publié dans Vie du NPA...

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