Tribunes des 4 positions (19 janvier)...

Position 1

 

Rassembler le NPA pour rassembler les anticapitalistes

 


Ceux qui cherchent à enterrer le NPA en seront pour leurs frais. Rassembler les anticapitalistes relève de la lente impatience. Mais toutes les facettes profondes de la crise du système capitaliste qui produit rejets et luttes conséquentes, soulignent le caractère indispensable de la construction d’une force politique puissante, déterminée et utile pour organiser la rupture et la transition vers l’écosocialisme.


À l’occasion du mouvement de l’automne 2010, des dizaines de milliers de militantEs se sont mobiliséEs sur les mêmes bases de fond que les nôtres, ont développé la même volonté d’un mouvement d’ensemble, ont rencontré les mêmes obstacles, réfléchissent aux mêmes solutions pour les surmonter. Il n’y a pas de question plus fondamentale que de savoir comment cette lame de fond sociale peut se traduire sur un plan directement politique.


Dans le prolongement de l’appel adopté à une large majorité du CPN sortant, le congrès doit être une nouvelle occasion, au-delà des divergences qui s’expriment démocratiquement, de nous adresser ensemble « à celles et ceux qui ne lâchent rien ». Unir les forces, les énergies, la détermination qui se sont retrouvées dans le mouvement de l’automne, dans les luttes contre les licenciements, écologistes, féministes, antiracistes, internationalistes pour préparer l’affrontement avec le pouvoir, imposer nos propres réponses à la crise et non négocier celles des patrons, construire une unité radicalement anticapitaliste donc indépendante du PS, voilà quelle doit être la boussole constante du NPA.


Rien ne sera sérieusement possible si cette « gauche sociale » ne s’engage pas de son propre mouvement dans la traduction politique de ce qu’elle porte comme potentialité, permettant l’unité anticapitaliste dans et pour les luttes bien évidemment mais aussi sur le terrain électoral.


Cela suppose de déjouer les pièges. Celui de l’isolationnisme qui revient au fond à ignorer qu’il existe d’autres forces politiques qui apparaissent comme proches à nombre de celles et ceux qui luttent et que le rassemblement des anticapitalistes se résumerait à l’expression d’une « pureté » dans le dialogue direct et unique avec les masses. Celui de la satellisation consistant à se laisser aller à la tentation d’en rabattre avec l’exigence d’indépendance avec le PS, d’un contenu programmatique de rupture, l’illusion des scores à deux chiffres et de la voie institutionnelle.
Pour un parti comme le nôtre, l’heure est à la fois à la détermination pour ne rien lâcher et à l’audace pour rassembler. La position 1 entend continuer à tenir les deux bouts de ce pari, fondateur du NPA.

 

Position 2

 

Osons occuper notre espace politique

 

La révolution populaire qui commence et a fait tomber le dictateur tunisien – même si tout n’est pas gagné, loin de là – fait prendre la mesure des conséquences de cette crise du capitalisme la plus profonde depuis 1929. Son dernier avatar, la spéculation planétaire sur les ressources alimentaires n’est pas pour rien dans le soulèvement de la jeunesse maghrébine. L’insurrection tunisienne passée du social au politique en quelques jours prolonge les manifestations pour l’avenir de cette même jeunesse en Europe. Elle a levé une barrière et va trouver un écho dans le monde arabe et au-delà. Ce n’est pas seulement un Mai 68 à la puissance 10 qui se prépare au Maghreb ou en Europe mais c’est la question de l’avenir de l’humanité et de la planète que posent la crise et les peuples.


Cette crise et les chemins qu’elle emprunte créent d’évidence un espace pour un projet révolutionnaire.
Nous n’avons pas la politique indépendante à la hauteur de ces défis et capable de répondre aux espoirs des multitudes. Pourtant les promesses éveillées par la création du NPA nous en ont donné les moyens. Nous avons un moment incarné les aspirations et les révoltes populaires de la base tellement éloignées du jeu électoraliste et du syndicalisme de dialogue social. Mais nous avons rompu ce fil et nous trouvons isolés sur une orientation opportuniste. Le mouvement de l’automne a retardé les échéances sans faire disparaître ces problèmes.


Le débat n’est pas entre « unitaires » et « sectaires » comme le caricature la P1 pour se donner la posture d’un centre réaliste et l’apparence d’une politique. La racine de nos difficultés, c’est la complaisance politique de la direction vis-à-vis de la gauche « antilibérale », des directions syndicales, ainsi que sa crainte de toute confrontation sur le fond. D’où une absence de politique propre qui interdit à quiconque de comprendre ce qui nous sépare de ces courants, brouille notre message, ferme notre espace politique et engendre le désenchantement.


La guerre sociale qu’annoncent les politiques de rigueur en Europe nécessite plus que jamais de clarifier notre projet à l’égard de la gauche antilibérale et de nous adresser directement aux classes populaires. Elle nous en donne en même temps l’opportunité. La situation montre que le projet de renversement révolutionnaire du capitalisme peut être largement entendu. Prenons à bras-le-corps ce débat avant que les événements ne nous l’imposent de toutes façons.

 

Position 3

 

Le temps nous est compté


Nous avons vécu, sur la question des retraites, un mouvement social qui exprime un besoin ardent d’alternatives politiques, solidaires et égalitaires. Le sarkozysme a été profondément délégitimé par les urnes (régionales) et par la rue. Mais les suites positives à cette situation ne sont nullement automatiques. La simple alternance au pouvoir d’une gauche pro-FMI risque d’accroître encore le gouffre entre les politicienNEs de la mondialisation et les aspirations populaires. Si la perspective d’un projet capable de défier le néolibéralisme n’aboutit pas, si un rassemblement social et politique authentiquement à gauche ne prolonge pas la dynamique de l’automne 2010, alors la crise politique et l’exaspération sociale peuvent aussi se dénouer à la faveur des droites les plus extrêmes.


C’est pourquoi le NPA doit prendre conscience de ses responsabilités. Lors de sa fondation, en 2009, beaucoup ont cru à un NPA qui « renouvellerait » l’action politique, qui mettrait son potentiel de radicalité, de rajeunissement au service d’une nouvelle offre à gauche, où la fermeté programmatique n’est pas antagonique à la volonté de marcher ensemble avec celles et ceux qui aspirent fondamentalement aux mêmes buts. Toutes et tous ne l’ont certes pas rejoint, mais un bon nombre ont regardé avec sympathie et espoir sa création. Ces forces militantes, collectives ou individuelles, sont présentes dans les luttes mais aussi dans les partis et les courants qui existent aujourd’hui à gauche du PS. La demande d’unité y est aussi très forte, parce que la conviction est grande qu’il faut faire bloc pour empêcher les reculs et pour ébaucher un projet commun. Mais le NPA n’a pas été à la hauteur de la tâche, notamment en refusant cette démarche de rassemblement aux élections européennes et régionales. Puis, lors du mouvement de l’automne, malgré l’existence de collectifs unitaires réunissant un large arc de forces antilibérales et anticapitalistes, il n’a pas su (pas plus que les autres partis d’ailleurs), donner une puissance politique unitaire à la contestation sociale.
À l’occasion de son congrès de 2011, le NPA peut décider d’être véritablement comme « un poisson dans l’eau », au sein des mouvements sociaux comme sur le terrain politique, autour d’une stratégie de front social et politique avec toutes les forces de la gauche de transformation sociale et démocratique (Front de gauche, Fase, non-organiséEs, etc.).


Il est urgent de faire ce choix. Le temps nous est plus que jamais compté. Nous n’avons plus le droit à l’erreur.

Position 4

Pour un internationalisme révolutionnaire

 

En forçant Ben Ali à fuir, la mobilisation révolutionnaire des Tunisiens a porté un coup historique au régime et à « notre » impérialisme. Notre parti doit continuer de construire dans l’unité la solidarité politique avec nos frères et sœurs de classe. Mais au lieu de faire pression sur Sarkozy, comme nous y appelle le tract national du NPA, nous proposons une stratégie révolutionnaire : contre le remplacement de Ben Ali par d’autres hommes de son régime, mais aussi contre la prétendue « transition démocratique » visant à empêcher le développement d’un processus révolutionnaire où les travailleurs et les opprimés prendraient en main leurs revendications démocratiques et sociales.


Il n’y aura pas de vraie solution sans l’auto-organisation des travailleurs, leur armement contre les milices du régime, le combat pour en finir avec la tutelle de l’impérialisme français, l’expropriation des grands groupes capitalistes, la reconstruction d’une économie au service des besoins du peuple. Cela passe par la convocation immédiate d’une Assemblée constituante souveraine — à laquelle le gouvernement actuel n’appellera pas et qui dépendra des suites de la mobilisation — et par le combat pour un gouvernement ouvrier et paysan. La situation en Tunisie montre toute l’actualité de la perspective révolutionnaire et combien font défaut des délimitations stratégiques claires pour répondre à la nouvelle étape de la lutte de classe internationale.

En Côte d’Ivoire, nous nous opposons au xénophobe Gbagbo comme aux promesses de Ouattara, l’homme des impérialistes aujourd’hui. Nous exigeons le retrait des troupes françaises et de l’ONU, soutenons inconditionnellement la résistance des masses et nous prononçons pour la défaite des impérialistes. Orientation que nous défendons pour l’Irak, la Palestine et l’Afghanistan, contrairement aux P1, 2 et 3 dont l’orientation internationale est presque identique.

Ici, nous luttons pour en finir avec l’UE, pour les États-Unis socialistes d’Europe. L’Europe des travailleurs ne peut pas naître d’un vague « processus constituant » comme le disent ensemble les P1, 2 et 3, mais suppose la révolution prolétarienne s’étendant de pays en pays. Nous dénonçons la ligne du Bloc de gauche portugais, lié à la direction du NPA, dont les députés ont voté le plan de « sauvetage » de la Grèce, c’est-à-dire les attaques inouïes contre les travailleurs.

Nous luttons pour un parti mondial de la révolution revendiquant le programme historique de la ive Internationale qui, face à la barbarie du capitalisme et à l’horreur du stalinisme, a maintenu vivant le programme marxiste.

 

http://collectiftrnpa.wordpress.com